PEREGRINATION  D’IBK A GAO

Voir Macron et mourir


Le président de la République malien s’est finalement rendu à Gao pour rencontrer Emmanuel Macron après avoir échoué de faire venir ce dernier à Bamako. Selon nos sources généralement bien informées, IBK aurait sollicité ses amis de l’Union européenne et même le chancelier allemand, Mme Angela Merkel, en vain. Finalement, comme l’exigent les règles diplomatiques, Emmanuel Macron l’a appelé trois jours avant son arrivée à Gao pour lui expliquer que son programme ne lui permettait de se rendre à Gao via Bamako. Une manière diplomatique de lui faire savoir que pour des raisons évidentes de sécurité et de calendrier, il souhaiterait faire l’économie d’une visite dans la capitale malienne qui n’était pas du tout à l’ordre du jour, contrairement à l’information que certains esprits tordus avaient véhiculée en jurant mordicus que le passage de Macron à Bamako était déjà plié. Ce dernier a dit au président malien qu’il est disposé à le rencontrer à Gao. Une proposition à laquelle IBK s’est accroché comme le radeau de la Méduse.

C’est donc après ce cuisant échec, qu’IBK accompagné de la moitié de son gouvernement,  est allé à Canossa, pardon à Gao,  pour rencontrer le tout jeune et tout nouveau président français.  Pour lui, c’est une question de vie ou de mort, il n’était pas question que Macron vienne au Mali sans qu’ils ne se rencontrent. Surtout que l’entourage de ce dernier  soupçonnait le président malien d’avoir roulé pour François Fillon malgré le bruit assourdissant des casseroles que le candidat LR trainait après les révélations fracassantes de nos confrères du « Canard » et de « Médiapart ».

Mal lui en prit, puisque lors de cette visite à Gao, il va avaler d’autres couleuvres. D’abord on lui a fait comprendre que Macron ne voulait pas de tapis rouge. Il était venu visiter ses troupes en tant que chef des Armées et vu les conditions très difficiles dans lesquelles travaillent les troupes Barkhane, il n’était pas question d’étaler les oripeaux du protocole  liés de la fonction présidentielle. C’est le soldat Macron qui faisait la revue de ses troupes. Sa visite relevait de la politique intérieure française et notre IBK national était obligé de se plier aux exigences sécuritaires, même étant sur le territoire malien. Ainsi interdiction a été faite aux éléments du Moc de pénétrer dans l’aéroport de Gao. Les véhicules des officiels maliens furent passés au peigne fin et surveillés par les Forces Barkhane. La liste du piquet des Famas passée au crible, leurs chargeurs vidés  par les soldats français. L’entrée de la ville des Askia fut bloquée. Seule la garde rapprochée sera tolérée. Et comme c’était un vendredi, la mosquée Gao était surveillée comme du lait sur le feu. D’ailleurs, quatre hélicos tournaient autour du camp durant toute la durée de la visite du président français. La rencontre entre les deux présidents eut lieu dans la salle aménagée par Barkhane et sous la surveillance exclusive de la garde rapprochée de Macron.  IBK ne sera invité, comme il le pensait au déjeuner de Macron avec les troupes françaises. Pour sauver la face,  il tenta d’improviser un déjeuner avec les Famas, la Minusma fut sollicitée pour aider le Gouverneur pour ce faire. Mais finalement l’idée sera abandonnée  à cause du manque de confiance aux éléments du Moc et surtout pour éviter au président de la République d’être interpellé par les soldats lors du déjeuner, surtout que parmi eux figuraient ceux qui ont refusé d’effectuer la relève. Mais aussi surtout à cause de la présence des Bérets rouges chassés du dispositif sécuritaire d’IBK et qui sont offusqués contre l’attitude des gardes de la sécurité présidentielle.  Bref, lors de cette escapade à Gao qui ressemblait plutôt à une pérégrination, Ladji Bourama n’a pas déjeuné ni avec Barkhane, ni avec les Famas. Et comme un malheur ne vient jamais seul, Macron n’a pas voulu du cheval blanc qu’IBK lui a offert et le lui a retourné. Et last but not least,  comme pour enfoncer le clou, il s’est permis de dire publiquement que notre cher président lui a offert des mangues qu’il ne pourrait pas amener avec lui dans son pays. Ce fut un véritable vendredi noir pour le président malien.

Pour moins que ça Alpha Oumar Konaré, le digne fils du RDA,  a refusé d’aller rencontrer Jacques Chirac à Dakar. Il venait d’être élu il y a quatre mois. Autre temps, autres...hommes.

Adama Dramé