​​Papa Mambi Keita : «  A l’heure je vous parle, tous indices prouvent que votre confrère et collègue, Birama Touré,  ne vit plus. »
 


Dans son exil plein d’incertitude, l’inspecteur Papa Mambi  Keita plus connu son le nom de L’Epervier du Mandé, a accordé au « Sphinx » une interview téléphonique. Exclusivement à votre journal préféré, parce qu’il estime que ses propos ne seront jamais déformés

 
Le Sphinx : Inspecteur Papa Mambi Kéita, l’Affaire Mamadou Kanté dit Madou ka journal commence à faire des vaques. On prétend même ce que ce que vous aviez arrêtés n’ont rien à voir dans cette affaire. Qu’avez-vous à dire ?


 Personnellement,  je ne voulais plus,  pour le moment,  interférer et rentrer dans les détails de cette enquête,  pour ne pas violer le secret professionnels auquel je suis assujetti, en ma qualité d’OPJ. Mais lorsque je vois qu'on essaye de « ternir » mon image par voie de presse interposée, en dévoilant des éléments du dossier d’enquête et en les travestissant à leur avantage dans le seul but de nuire. Je dis Stop. Je rappelle d’emblée que je n’étais qu’un membre de l’équipe pluri personnelle d’enquêteurs choisis en raison de leur compétence dans des domaines diverses pouvant intéresser le dossier. J’ai été choisi par mérite et la suite des événements a confirmé les raisons de mon choix parmi le lot des enquêteurs puisque j’ai pu remonter à mon seul niveau jusqu’au cercle d’exécution dans cette affaire. J’avais décidé de garder le silence mais ma patience a des limites. Je déteste les attaques lâches et malhonnêtes et en raison de mon serment, celui de défendre le drapeau, ma Patrie et mes concitoyens, je réagirais à chaque coup qui me sera porté. 
Je confirme effectivement que tous ceux qui avaient été arrêté au tout début de cette affaire, n'étaient pas tous impliqués car dans une enquête de police de cette envergure impliquant plusieurs unités on ne néglige aucune piste. Il faut commencer par tous les nids criminogènes pour remonter à la source.
Pour ce qui est « de » mon domaine dans l'enquête, la cybercriminalité via les moyens de téléphonie mobile, les preuves sont tangibles et directs puisque liées à la personne qui utilise ces objets. La marge d’erreur est réduite de 99,99 pour cent.
Pour ce qui est Tidiane Maiga, nous savions tous que c’est un délinquant multi récidiviste, connu de la justice et de la police. Qu'est qui nous a amené à nous intéresser à lui? D'abord l'enquête de voisinage menée par d’autres membres de la commission. Ceux nous ont mis au courant que certains membres de la famille de Madou auraient plusieurs fois aperçu Tidiane Maiga alias Tidio devant et aux alentours de leur domicile, cet indice nous a aiguillés sur sa piste. Et ça été payant. Très vite j’ai cherché et trouvé son numéro d'appel et j’ai travaillé dessus. Tous nos soupçons tirés de la géo localisation des appels et recoupement de conversation ont été confirmé. 
La technologie a confirmé cette thèse. Nous avons ainsi mis nos stratégies et l'avons arrêté alors qu'il était en compagnie d’Alou Niagasso alias Alouba qui en réalité ne faisait que l'accompagner. Un adage très connu dans Le milieu policier dit que « lorsqu'on voit la hyène dans l'obscurité avec des petits c'est que ce sont ses enfants et si ça en était pas la hyène est tellement vorace qu'il les dévore » 
Cela justifie l'arrestation d’Alouba.
Nous avons interrogé Tidio qui a continué à mentir malgré sa présence justifiée par des témoignages des voisins et la technologie.
Pour d'autres détails l'impliquant d'avantage je préfère me taire là-dessus pour le moment.
Pour ce qui concerne Oumar Koureichi c'est également sur la base de renseignements que nous avons effectué une descente avec une 20taine d'éléments la perquisition effectuée en sa présence et en la présence des agents a permis de découvrir une arme identique à celle ayant tiré sur Madou. Mais ce dernier a continué à clamer son innocence aussi au motif que ce sont  nous les policiers qui avaient mis cette arme chez lui.
Pourtant il y avait aussi une balle avec cette arme qui correspond à celle retirée sur la victime qui a survécu en réalité par miracle.
Au moment de son arrestation, il s'est permis devant plusieurs agents de police de me lancer des menaces de mort. J'ai avisé téléphoniquement ma hiérarchie
. Ne serait-ce qu’une menace est-elle prévue et punie par nos textes?
Avec mes corrections et corrige ton adage en bambara
" NI YÉ FIN O FIN YÉ SOUROUKOU NO FÈ DIBI LA O YA DEN YÉ NI MOUN TA DEN YÉ À BO DOUN": Nos Malitel: J’ai été choqué par cette indifférence des autorités et surtout que le délinquant en question, par son assurance, m’a fait part de ses soutiens insoupçonnés et dit ne rien craindre pour lui-même. Moi, j’ai pris ces menaces au sérieux surtout qu’elles proviennent de quelqu'un qui bénéficie d'une forte protection malgré que je sois moi aussi armé

On dit aussi que c’est à cause de votre échec au concours de commissaire que vous avez décidé de démissionner ?

Franchement je ne dis pas que cela ne fait partie des raisons de ma démission. C’est entre autre l’une des multiples gouttes d’eau qui ont fait déborder le vase. Mais la principale raison qui m’a révolté, c’est la volonté de faire barrage à l’éclatement de la vérité dans l’enquête de la tentative d’assassinat de Madou. Ce n’est ni plus ni moins qu’une exécution de sang froid qui a manqué son résultat par la volonté de dieu et le crime est constitué en droit. 
. Oui mais bien avant les résultats du concours j'ai été tellement stressé par rapport à cette enquête que j'avais plusieurs semaines auparavant émis cette idée mais beaucoup de gens m'en ont dissuadé en me disant que ça va aller. A ceux-ci je dirai pourquoi pas? Mon équipe et moi qu'avons-nous pas fait pour cette population pour notre lutte quotidienne contre la grande, la très grande criminalité à Bamako et partout au Mali. Allez-y à la DGPN et fouillé dans les archives des ordres de mission et vous verrez quelle unité bat le record annuel en termes de résultat. Hé bien c’est mon unité sans vanité et flagornerie. Et demandez-vous pourquoi, étant loin de mon pays, certaines populations ont décidé de créer un club de soutien à mon honneur? C'est parce que mon équipe et moi nous nous sommes donnés corps et âmes à notre boulot.
Un travail bien fait ne doit-il être récompensé afin de galvaniser les jeunes à faire pareil à prendre l'exemple sur nous et pour le futur.
En plus de cela certains étaient dans les mêmes conditions que moi à savoir ont obtenu des diplômes en maîtrise professionnelle. D'autres ont été sélectionnés admis d'office à certains postes beaucoup d'ailleurs se sont vu contraint à faire le concours. Pensez-vous que c'est juste ça ?


Cette démission est-elle irrémédiable ?

Non elle n'est pas irrévocable. Si c’était le cas, ce serait un échec puisque toute ma vie a été dédiée à ce travail. Je suis un enquêteur et rien d’autre, un policier de mon État et j'aime bien mon travail. 
J’aime mon pays et je sais aussi qu'en disant que ma décision est irrévocable je découragerais tout ce beau monde qui espère sur moi d'où pour eux la création d'un club et beaucoup de démarches auprès des autorités de leurs propres chef.
26/10/2017 08:41:41: Nos Malitel: Mot de la fin:
Je suis policier dans mon corps et dans mon âme, j’aime mon pays le Mali, j'ai prêté serment de le servir en garantissant la quiétude la sécurité et la paix des populations et le quotidien avec mon équipe très soudée qui a presque été démolie après mon départ me rendent très triste car certains peuvent penser à une trahison alors je demande aux manipulateurs de cesser de détourner la question en se focalisant sur des sujets qui n’ont aucune espèce de rapport avec ce qui m’oppose à ma hiérarchie et aux autorités de mon pays. Je suis un combattant de la vérité au service de la Loi.

L’Epervier du Mandé, nous au « Sphinx »,  avions, un moment,  demandé votre concours pour élucider la disparition de notre collègue et confrère Birama Touré. De notre  côté, nous n’avons pas beaucoup d’espoir et de votre côté ?

Je ne veux pas m’engager plus loin moi aussi. Mais à l’heure je vous parle, tous indices prouvent que votre confrère et collègue, Birama Touré,  ne vit plus. 
Vous-même vous êtes menacé de mort. Vous avez échappé à une tentative d’assassinat. Est-ce que vous alerté les organisations des droits de l’Homme ?
Oui, je suis en contact direct avec Amnesty International, Human Rights watch et la FDIH ? Chacun essaie, de son côté, à m’aider. Je crois même que le Secrétariat international a été saisi. Je suis là, j’attends.  

Propos recueillis par Adama Dramé