DU RIFIFI AU SEIN DE L’EX-PARTI PRÉSIDENTIEL- PDES

Quand Diane Séméga et le ministre Goïta poussent le PDES dans les bras d’IBK…Nouhoun Togo s’insurge : «Jamais ! C’est faire insulte à ATT et à notre conviction ! »


04-05-2018 par Batomah Sissoko

Il fallait s’y attendre : récupérer l’ex-parti majoritaire (PDES) ou tout simplement l’affaiblir ! C’est bien cette opération désormais en cours et pilotée par le président d’honneur de ladite formation, Diane SEMEGA et le Ministre Goïta, en tout cas, de l’avis de Nouhoum Togo lequel met en garde !

Le Parti pour le Développement économique et la solidarité (PDES) connaîtra probablement sa première scission le 05 Mai prochain, date initiale de son congrès. Et pour cause.

A l’heure actuelle et selon Nouhoum Togo en charge de l’Organisation, de la Mobilisation et de la Communication du Comité directeur national du parti, des manœuvres sont en ce moment en cours en vue de pousser la formation vers la majorité présidentielle. Les deux principaux auteurs de cette manœuvre ne sont autres que l’ancien ministre d’ATT, Hamed Diane Séméga aujourd’hui nommé Haut-commissaire de l’OMVS sur proposition d’IBK (après l’expiration du mandat de Marimatia Diarra, 3e vice-président de l’Adéma/PASJ lui aussi ancien ministre) ; et Amadou Goïta, actuel Ministre de la Jeunesse et de la Construction citoyenne.

Nouhoum Togo et non moins membre du cabinet du chef de file de l’opposition, est formel : «ce sont bien ceux-là qui œuvrent en ce moment à faire sortir le PDES de l’opposition au profit de la majorité présidentielle. Mais pour lui, pas question ! «Ce, par respect à ATT et à notre profonde conviction», s’insurge-t-il.

A ses dires, le clan IBK s’est réjoui du coup d’Etat de 2012 à l’origine du départ d’ATT et a, par la suite engagé une chasse aux sorcières contre les responsables du PDES en commençant par ATT lui-même.

Et de rappeler que sous IBK, «le siège du parti a été vandalisé, ses équipements et archives détruits. Les responsables ont fait objet d’intimidations, de menaces et d’agressions physiques et souvent avec mort d’homme. Les cadres du parti ont été systématiquement relevés de leurs fonctions et humiliés… Une véritable chasse aux sorcières ! ».

«C’est donc trahir les nôtres, ces victimes expiatoires du régime politique d’IBK que de rejoindre aujourd’hui le camp présidentiel ! Nous n’accepterons pas » martèle le secrétaire en charge de l’Organisation, de la Mobilisation et de la Communication du Comité directeur national du parti. Et d’ajouter : «leur intention était de détruire le PDES. Ils n’ont pas encore abandonné leur dessein. Il s’agit maintenant de créer la scission». 

Et comment donc ?

Aux dires de Togo, «ils tenteront de profiter du congrès du 05 Mai prochain pour tenir des assises parallèles à l’issue desquelles le parti ralliera la majorité présidentielle. On connait le scenario : les activités et décisions de cette entité illégitime seront largement diffusées sur l’ORTM de manière à créer la confusion chez les militants. Et commencera une bataille juridique de légitimité. Et pendant tout le temps que durera l’imbroglio politico-judiciaire, le régime, à savoir, le CMP (le camp de la Majorité présidentielle) profitera de la confusion et fera croire aux militants, ainsi qu’à l’opinion publique nationale que le PDES est désormais membres de la majorité présidentielle. Une stratégie qui n’est pas sans rappeler l’affaire de l’US-RDA au début de l’années 2000».

En tout cas, poursuit Togo, «pas question pour nous de céder. Nous communiqueront à outrance sur les événements et en temps réel».

Toujours selon Nouhoun Togo, le parti, dans son écrasante majoritaire, opte pour l’opposition. «Ce n’est pas après que le pire soit passé, que le pouvoir actuel soit à bout de souffle et ayant perdu toute confiance, et que la victoire soit à portée de main que les militants et responsables du PDES changeront de camp et de cap. Non ! ».

Batoma Sissoko