DEUX ANS APRES LA SIGNATURE DE L’ACCORD POUR LA PAIX

Une série de revers pour IBK

Deux ans après la signature de l’Accord pour la paix et la stabilité issu du processus d’Alger, IBK ne subit qu’une série de revers, mais s’entête à croire qu’il y a des avancées significatives que lui seul et ses thuriféraires constatent.  Le dernier revers en date est le rejet par la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma) de la Charte pour la paix qui a été remise officiellement au président IBK par le président de la Commission nationale chargée de l’élaborer, au moment où le peuple exprimait son rejet du projet de réferendum.

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a reçu officiellement, le mardi 20 juin 2017, des mains de Monsieur Baba Akhib HAÏDARA, président de la Conférence d’entente nationale, la Charte pour la paix l’unité et la réconciliation nationale. Cette Charte est une recommandation de la Conférence d’entente nationale tenue à Bamako du 27 mars au 2 avril dernier. Mais aussitôt après, la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma) a rejeté ce document, sous le prétexte qu’il ne prenait pas en compte ses recommandations.

Pourtant IBK semblait se glorifier de ce document, en précisant que rien n’arrêtera le train de la paix qui est en marche. Mais ce jour-là, IBK était très agité. Ce qui contrastait avec la nature de l’événement. En réalité, cela devait être une véritable fête, mais la Cma, un des signataires de l’Accord pour la paix et la stabilité issu du processus d’Alger venait de l’agacer en boycottant la cérémonie pour protester contre la teneur du document dans laquelle elle ne se reconnaît pas.

Quelle fête gâchée pour IBK qui venait de faire un one-man-show sans précédent pour se vanter de cette «avancée significative sur la voie de la paix » en recevant le document relatif à cette charte.  

C’est donc un revers pour le président IBK qui voit ainsi tant de mois d’agitation et des milliards de nos francs tomber à l’eau. Cette charte est une recommandation de l’Accord issu du processus d’Alger qui voit ainsi un autre de ses points d’application constituer une source de blocage.

Par ailleurs, à travers un de ses communiqués laconiques habituels pour informer des décisions prises en Conseil des ministres, le Gouvernement a fait part du report du référendum : «Le ministre des Droits de l’Homme et de la Réforme de l’Etat a informé le Conseil des Ministres de la saisine de la Cour constitutionnelle d’une requête en date du 16 juin 2017 aux fins de contrôle de constitutionnalité de la Loi n°2017-31/AN-RM du 02 juin 2017 portant révision de la Constitution du 25 février 1992.

Le Conseil des Ministres a décidé du report à une date ultérieure du référendum, initialement prévu pour le 09 juillet 2017. »

Sans préciser ni les raisons de ce report ni s’il y aura une seconde lecture à l’Assemblée nationale, encore moins la nouvelle date retenue.

Ce report, de toute façon, divorce d’avec le semblant de fermeté que le président de la République affichait la veille, d’ailleurs maladroitement, devant diverses personnalités dont les membres du corps diplomatique accrédité au Mali. C’était à l’occasion de la remise officielle de la Charte pour la paix.

En effet, IBK a profité de cette tribune, la première du genre après la grande marche populaire, disons la marée humaine qui a déferlé sur Bamako le samedi 17 juin 2017 pour dire : «Ne touche pas à ma constitution». Dans un discours dérivant, IBK faisait comprendre qu’il ne céderait rien car convaincu qu’il est sur la bonne voie. Dans un one-man-show comme il les adore, il a fit son monologue ennuyant sans tenir compte de la qualité de l’assistance pour moduler son discours en conséquence.

De toute façon, le rejet du référendum par la population et aussi par la Plateforme, cet autre signataire de l’Accord issu du processus d’Alger, est la preuve, après le rejet de la Charte par la Cma que le président se trouve balloté entre les différentes parties prenantes à cet Accord et tourne en rond incessamment.

Ce qui en rajoute un blocage déjà effectif de la mise en œuvre dudit accord dont on n’a même pas pu dépasser le cap des préalables dans la durée de la période transitoire qui était prévue.  Ce qui reste le premier revers qu’il a enregistré au niveau de la mise en œuvre de cet Accord pour lequel nous avons toujours attiré l’attention, qu’il portait en lui-même les germes de son inapplicabilité. 

Si on y ajoute le sang qui continue de couler au nord et au centre du pays avec nos soldats, disons nos enfants qui tombent tous jours sous les lâches coups de feu des groupes armés, en plus de l’administration absente à Kidal où flotte toujours le drapeau de l’Azawad dont  l’anniversaire de sa création a été fêtée par des groupes armés pourtant signataires e l’Accord pour la paix et la réconciliation, ce sont encore-là de véritables revers pour IBK.

Que lui reste-t-il alors à faire ? Se vanter de la force du G-5 Sahel qui se heurte pour le moment à l’hésitation des Yankees et à la prudence de la France d’Emmanuel Macron qui ne s’engage systématiquement dans des opérations qui grèvent le budget français sans assurance de résultats concrets. Autre temps, autre méthode ! Emmanuel Macron n’est pas François Hollande et Donald Trump n’est pas Barack Obama.

K.D.