RAS-BATH : « Le choix portant sur Soumaïla l’a été de manière publique, en toute transparence et objectivité et sur la base de critères scientifiques.»

 

 
Le Sphinx : Le CDR vient de décider de soutenir la candidature de Soumaïla Cissé.  Quels sont les critères qui ont prévalu au regard de votre manifeste lancé au mois de mars dernier ?

Ras-Bath : Merci ! Comme vous le savez, cette procédure a commencé au mois de Décembre 2017 dans la mouvance de nos tournées aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du Mali. Après mures et réflexions et constats et au-delà du caractère euphorique, nous avions observé de nombreuses adhésions de conviction, de prises de conscience et appropriation des sujets à travers le monde. Toute chose qui nous amenés à passer à l’étape suivante après constat d’un progrès constant dans la prise de conscience, du mode de fonctionnement de notre régime (celui du CDR) par les citoyens et par eux, le contrôle citoyen, les voies par lesquelles les citoyens peuvent promouvoir, remplacer ou sanctionner une politique en cours à travers l’élection surtout en cette période cruciale… Après donc tous ces constats, nous avions conclu que la démocratie doit revenir au respect des principes qui sont les siens, de la base vers le haut, ce en rupture avec l’ancienne pratique qui était une démocratie de façade où tout se décidait au sommet entre quelques personnes en cravates, costumes et grands boubous qui s’étaient par surcroit érigés en omnipotents et s’étaient arrogés le monopole de réflexion et de décision en lieu et place de tout le monde.

Lorsqu’on prend ce genre de décisions, de changement et de rupture, on doit les traduire en actes. Les citoyens doivent pouvoir dire en toute liberté ce qu’ils pensent de leur mode et conditions de vie. On n’a pas besoin d’instruction ou d’un certain niveau social pour savoir si l’eau que l’on consomme est disponible et propre, que la nourriture que l’on mange est de qualité suffisante, que les routes que l’on emprunte sont praticables, que nos milieux son sécurisés, que nos droits et libertés sont respectées depuis les enquêtes préliminaires jusqu’au niveau des tribunaux… Bref, est-ce que nous sommes dans un environnement qui nous offre les avantages et protections et les chances de vivre décemment et dans la dignité ?

On a donc demandé à chaque citoyen, par courrier, à partir de Janvier, de faire l’état des lieux de ses conditions de vie, environnement et de milieux et qu’il nous le fasse parvenir comme une sorte de constat et d’expression de ce qu’il souhaite  avoir comme amélioration.

Ce processus a duré un (01) mois. Tous les comités, de l’extérieur (Europe, Amérique, Afrique, l’Asie) et de l’intérieur du Mali Bamako y compris, ont fait le retour de courrier à la mi-février. Nous avons alors mis à contribution des personnes ressources très critiques et attachées à nos valeurs de dignité et de respect qui ont constitué cette équipe scientifique d’un très haut niveau laquelle a travaillé sur les résultats et donné des avis. Les résultats qu’on a éclatés en sept (07 thèmes, à savoir, l’éducation, la sécurité, l’emploi, le foncier et l’agriculture, l’économie, la justice, la question de la Diaspora.

On les a tous conviés les 23 et 24 mars dernier à Bamako au «Carrefour des Jeunes» pour une sorte de concertation populaire en vue de défendre et argumenter leurs opinions au niveau des ateliers. Chaque comité était libre d’envoyer le nombre de participants qu’il souhaitait.

Les débats ont été enrichissants et sanctionnés par un rapport lu en plénière où les thèmes et sujets ont été une fois de plus débattus. Chaque thématique a fait l’objet de discussion et de procédure d’adoption par vote. On a regroupé les sept (07) thématiques qui ont fait l’objet de discussion et d’amendement et d’adoption par vote. On a ainsi adopté les 7 thématiques et regroupé dans un document qu’on a appelé «Manifeste du CDR».

Au cours de ces journées, il a été question de plusieurs constats de l’état des lieux. Par exemple, faut-il être à un poste de décision et de conduite des politiques générales pour traduire cette vision ? Ce qui s’entend par la présidentielle et autres. En somme, allons-nous présenter une candidature interne ?

Tel était le vœu de certains notamment nombreux parmi ceux de la diaspora qui ont souhaité que je sois personnellement candidat pour porter cette vision et d’être le gage de l’alternance souhaitée.

Nous les avons remerciés de cette marque de confiance et de considération, mais leur avions dit que la seule intention ne suffisait pas pour être président. Il y a des conditions d’ordre matériel, financier (dont la caution de 25 millions F CFA), le parrainage de 10 députés à défaut de 5 conseillers par région, des choix par ailleurs monnayés à hauteur de 1 million F CFA par conseiller (pour un total de 75 F CFA millions soit-dit en passant). Même si ce montant n’est pas hors de portée du CDR, une campagne nécessite en tout cas, des moyens logistiques, de restauration, de fonctionnement des comités… On s’est dit qu’il faut au moins 1 milliard à l’échelle d’une région soit 10 milliards pour 10 régions. Et nous n’avons pas ces moyens. Les uns et les autres se sont rendus à l’évidence, qu’objectivement nous ne pouvons pas aller à ces consultations.

Fallait-il pour autant renoncer à notre vision ? Il n’en était pas question ! La vision reste. Nous allons donc chercher un candidat qui va porter notre vision. Il fallait donc déterminer les critères de choix de ce candidat.

Le premier critère était l’adhésion à notre vision qui s’entend par trois points : d’abord, le candidat partage-t-il le même constat que nous ? On est tous d’accord que le pays val mal. Mais est-il malade de diabète, de tension ou autre maladie ?  En somme, si on ne s’entend pas sur la cause, l’on ne s’entendra pas sur la solution et sur le traitement.

Second critère : le candidat a-t-il l’aptitude intellectuelle et morale pour pouvoir conduire et traduire cette vision ? L’aptitude intellectuelle s’entend par son niveau d’instruction, la connaissance de la machine d’Etat. S’y ajoute sa moralité ! Un candidat qui n’a jamais fait objet de condamnation pour des délits et crimes.

Le 3ème critère est celui qui a fait défaut au CDR à savoir la représentativité sur le terrain, le moyen financier... Notre candidat disposait-il de ce réseau, structure et matériel permettant de couvrir toute l’étendue du territoire pour porter notre vision à chaque citoyen afin de le faire adhérer ? Voici nos critères d’adhésion.     

Il y avait une condition et non un critère : le manifeste devrait être remis à tous les candidats excepté le président sortant !

 
Et pourquoi donc ?
Parce que nous avons estimé que ses critères d’évaluation sont différents de ceux des autres candidats. Lui devrait être assujetti au double des critères évoqués.  Dans son cas, le premier critère ou condition consiste à évaluer son bilan et se pencher ensuite sur le deuxième bail à lui accorder ou non. Tout dépendait donc ce premier critère. Si son bilan n’est pas bon, alors il faut aller au changement. Après évaluation, nous sommes parvenus à la conclusion selon laquelle son bilan est catastrophique dans tous les secteurs. Un bilan désastreux, calamiteux, d’où le besoin de changement !
Quand on a remis le Manifeste à tous les candidats sauf au président sortant qu’on appelle affectueusement «BOUA», des responsables (des Députés et cadres) de son parti RPM et de la majorité sont venus nous voir pour nous dire que notre démarche n’a pas été démocratique.
Nous leur avons dit que nous demeurons des démocrates et logiques avec nous-mêmes. On ne négociera pas avec BOUA comme tenu de son bilan. On le respecte, c’est notre père et/ou grand-père, Malien, personne âgée…, nous avons du respect pour lui.  Mais en tant que dirigeant, on n’ira avec lui. Mais si la majorité présente un autre candidat qui n’est pas BOUA, alors ce candidat et sa majorité recevront comme les autres, notre Manifeste. Mais si vous reconduisez BOUA comme votre candidat, on ne pourrait aller avec vous. C’est comme-çà et c’est logique !
Nous avons donc transmis le manifeste à tous les candidats déclarés (plus d’une vingtaine), excepté BOUA, en fin Avril en leur donnant le temps. Et suite à leurs réponses, nous sommes passés à la 2ème étape qui consistait à prendre rendez-vous avec eux et les entendre de vive voix par rapport à leurs engagements et solutions, secteur par secteur et par rapport à l’atteinte des objectifs pour s’assurer que les solutions qu’ils évoqueront sont objectives, raisonnables, réalisables et non des solutions populistes et démagogiques, subjectives et irréalisables.

Tous vous ont-ils répondu ?

Non, seulement 11 parmi eux nous ont répondu dans un premier temps pour annoncer avoir reçu le document et adhérer à la vision. Et sur les onze (11), huit (08) nous ont exprimé le souhait de vouloir nous rencontrer pour échanges. Moussa Mara est le premier parmi les huit en question. Arrivent ensuite l’ADP-MALIBA ; Choguel Kokala Maïga du MPR ; Soumaïla Cissé de l’URD ; Cheick Modibo Diarra, Mohamed Ali Bathily et Modibo Sidibé des FARE.

Le premier qui nous a écrit (Moussa Mara) s’est auto-exclu en ralliant à quelqu’un d’autre. Je rappelle que c’est courant dernière semaine délai limite de dépôt des candidatures (28 juin) qu’ils se sont tous manifestés. Nous avons programmé la rencontre à partir du vendredi de la semaine écoulée. Nous les avons écrits pour leur proposer une rencontre dès le jeudi : FARE, ADP, MPR et l’URD   pour le jeudi et vendredi. ADP, MPR ont proposé vendredi et FARE n’a pas réagi pour le jeudi.

Nous avons entamé le processus vendredi matin par l’ADP-Maliba puis, à partir de 14h avec Choguel et à 17 heures avec l’URD. Tard le même vendredi, avec Cheick Modibo. Son parti ne nous jamais répondu formellement. Après il nous a expliqué les raisons ! Lui-même a quand même tenu à nous rencontrer. Puisqu’il est pour moi un aîné, un père…, je suis donc allé le trouver chez lui à domicile le samedi à 15 heures. On a échangé chez lui à titre privé pendant presque deux heures de temps.

Le lundi, on a rencontré Ousmane Amion Guindo de CODEM qui nous a fait appel dimanche soir et Modibo Sidibé, le mardi matin et vers midi, Mohamed Aly Bathily de l’APM. Nous avons donc échangé avec les 7 candidats.

Et le soir du mercredi, de 17 à 20 heures, nous avons délibéré sur les critères, sous le contrôle du président d’honneur du CDR, Monsieur Boubou Lah.

C’est le bureau du CDR qui a délibéré ?
Pour être précis, le comité de négociation composé de 7 personnes. Lors des journées, les délégations de la diaspora ont porté leur confiance aux Comités de Bamako compte tenu de notre présence et de notre connaissance des réalités du terrain. Ils nous ont donc mandatés de négocier. Il ne s’agissait donc pas d’un vote populaire. Nous (le bureau de Bamako) avons été mandatés par les autres comités, en l’occurrence, ceux de la diaspora. Et la décision a été adoptée en plénière : «on mandate le bureau de Bamako, de constituer un comité, de choisir les membres, de négocier et de proclamer et nous allons suivre».  Le choix a donc été des plus démocratiques. Ce n’est pas Ras-Bath !

Nous avions un document de notation contenant les 146 mesures contenus dans le Manifeste mis à la disposition des candidats. Et il y avait trois (03) canevas de notation : une colonne pour «Accord », «convergence)» et pour «désaccord».
«Accord» veut dire : j’ai trouvé dans votre Manifeste, un bon diagnostic que je trouve pertinent. Je suis d’accord et je l’inclus dans mon programme». «Convergence» : veut dire : j’ai trouvé quelque chose dans votre Manifeste que moi-même j’ai déjà dans mon programme. Donc une convergence de vue». « Désaccord » veut dire : j’ai trouvé dans votre Manifeste quelque chose que je ne partage pas et pour lequel je ne m’engage pas». 
C’est sur ces bases qu’on a procédé aux évaluations. Au décompte final, on est sorti avec le parti URD avec lequel on a eu 123 points de convergence sur les 146 ; 23 points jugés pertinents à intégrer dans le programme d’activité du parti ; et seulement quatre (04) points de désaccord.  Au total, nous avons eu plus de points de convergence avec l’URD qu’avec les autres.
On a été très regardant sur la question de l’Accueil : celui qui veut être président doit avoir un bon accueil. L’accueil est en fait un indicateur de capacité et de structuration. A ce niveau aussi, l’URD a obtenu des points.
Aussi, deux candidats ont fait une étude croisée de leur programme et de notre Manifeste : Moussa MARA et Soumaïla CISSÉ.   Ils ont chacun produit un document présentant leur programme secteur par secteur, sur une page et le Manifeste sur l’autre. Toute chose qui nous a donné une idée de leur méthodologie et sérieux dans le travail. Un indicateur très important !
En termes de critères d’adhésion, nous avions relevé le plus grand nombre de «convergence» avec Soumaïla Cissé.
A titre illustratif, nous avons souhaité le recrutement de 200 médecins par an. Nous avons relevé dans le programme de Soumaïla, la décision d’intégration automatique de tous les sortants de la faculté de médecine comme c’est le cas dans toute la sous-région. 
Nous avons exprimé le souhait d’avoir des points d’eau dans les villages et hameaux. Dans leur programme, ils prévoient 3.500 points d’eau.
En termes de réformes institutionnelles, nous avions exprimé des inquiétudes par rapport à la CENI devant être une organisation pérenne comme dans de nombreux pays (Ghana, Botswana) : même vision à l’URD… Il y a aussi la possibilité de faire les débats à l’Assemblée Nationale dans les langues nationales : l’URD est dans la même logique depuis très longtemps…
En clair, il existe beaucoup de points de convergence ! On a dépouillé sur la base des notations.
Le deuxième critère à savoir la capacité du candidat. Nous avons eu toutes les difficultés à ce niveau. Et pour cause, sur les 7 candidats, trois (03) sortaient du lot et il s’avérait difficile de les départager au regard de leur connaissance de l’Etat, leur niveau d’instruction, expérience… A ce niveau, on a intégré la dimension internationale compte tenue de la crise multidimensionnelle que notre pays traverse. Il ressort du constat que Soumaïla Cissé a travaillé beaucoup plus longtemps au niveau des organismes internationaux et a reçu des félicitations de ceux-ci. Il a une connaissance parfaite du fonctionnement des institutions internationales.
Le 3ème point était l’appareil, la structure, la représentativité du candidat sur le terrain, une représentativité qui fait défaut au CDR. Le meilleur instrument du degré d’évaluation à ce niveau et du poids politique de candidat ou d’un parti est le résultat des récentes élections. Nous avons obtenu les fiches indicatives de Novembre 2016 auprès de l’administration territoriale. Et Soumaïla arrive 3ème derrière le RPM et l’ADEMA et avec plus d’un millier de conseillers soit en moyenne, 100 conseillers par région.  Il est donc partout ! Il a un maillage territorial. C’est un critère de taille qui a également prévalu dans la mesure où il est de nature à combler l’absence du CDR sur le terrain dans certaines régions.
C’est dire que le choix portant sur Soumaïla l’a été de manière publique et en toute transparence et objectivité et sur la base de critères scientifiques.
Nous avons ensuite adressé un courrier au candidat pour lui notifier notre choix et l’inviter à une rencontre avec le CDR pour, dans un premier temps, s’approprier chacun, le programme commun (il n’est plus celui de l’URD seule et du seul CDR), mais des deux entités. Il s’agit d’harmoniser et d’unifier le programme désormais commun. D’autre part, dès l’ouverture de la campagne que les structures des deux entités (toutes celles qui soutiennent Soumaïla Cissé) se mettent ensemble au profit du candidat. Que l’équipe soit la plus inclusive possible ; que les stratégies soient définies en fonction des réalités sur le terrain.  Pour l’instant, c’est un accord de principe. Plus tard, on entrera dans une autre phase de négociation dans les détails…

 
Quels détails ?

Au niveau des législatives, nous souhaiterons par exemple avoir 15 députés et cela dans le but de se donner des garanties de l’exécution du contrat social… Notre objectif n’est pas d’entrer dans l’administration !   
Nous allons proposer un cadre de concertation et de contrôle de l’exécution du contrat entre les structures. Et si nous sentons qu’il y a une mauvaise volonté de continuer d’appliquer la Vision,  ou si nous sentons l’inexécution de telle ou telle mesure, par suite de mauvaise volonté et non d’un cas de force majeure, alors on quittera la majorité pour un groupe d’opposition assurera la continuité de notre mission de contrôle citoyen…

 
Y a-t-il un deal financier entre Soumaïla Cissé et le CDR ?
S’il y avait un deal financier, il n’y aurait pas ces critères. Et puis on aurait pu tomber dans ce cas sur un candidat qui n’a pas de programme, tout comme sur un candidat n’ayant aucune connaissance de l’Etat, d’expérience, de capacités morales et intellectuelles. Si deal il y avait, le candidat n’aurait de projet à nous présenter. Il serait juste venu par pur formalisme !
Il semblerait que la décision (le choix portant sur Soumaïla Cissé) ait été diversement appréciée même parmi des militants et sympathisants du CDR. Pouvez-vous leur donner l’assurance ici que c’est en toute transparence et dans le respect de l’éthique et de la morale ?
Une réaction tout à fait normale ! Mais comme on le dit très souvent, la question est plus importante que la réponse. Les critiques renforcent celui qui veut aller de l’avant ! Nous sommes tous des créatures imparfaites. Le CDR que je représente ici, est conscient des enjeux politiques du moment… C’est un peu comme dans le cadre politico-religieux. Le jour, par exemple, où Haïdara dira qu’il est candidat, certainement qu’il ne remplira pas le Stade, Idem pour Bouyé ! Normal ! Avec notre discours, tout le monde était membre du CDR, tous les candidats avaient leurs militants dans le CDR. Alors forcément au moment de choisir, chacun voudra que ce soit son candidat. Une chose est sûre : les critères de transparence d’éthique et de la morale ont été respectés.

Pensez-vous qu’avec tous ces attentats en cours, que les élections auront effectivement lieu ?
Jusqu’à la preuve du contraire, ces élections auront lieu nonobstant la détérioration des conditions sécuritaires, pas parce que les autorités actuelles le veuillent bien mais à cause de la communauté internationale pour laquelle la non-tenue des élections à la période échue nous conduira à une phase de transition qui ne manquent pas d’inconvénients.

 
Est-il possible d’envisager une transition avec BOUA ?
Constitutionnellement, BOUA ne peut être Président. La Constitution actuelle prévoit qu’en cas de vacance du pouvoir, c’est le président de l’Assemblée Nationale. Pas le président sortant ! En tout cas, le CDR ne rentrera pas dans ce jeu. 

Propos recueilli par A. Dramé