MME DIARRA RACKY TALLA BLOQUE LE PROJET DE STATUT DU CORPS PREFECTORAL

Menace sur l’élection présidentielle de juillet 2018 

 
Le syndicat autonome des administrateurs civils du Mali (Synac) a soumis au Gouvernement un projet de loi portant sur le statut du corps préfectoral pour adoption. Ces textes datent des années 2007, mais aujourd’hui ils sont beaucoup avancés, parce que la table du Gouvernement pour adoption en conseil des ministres après avoir acquis le quitus de tous les départements impliqués (Ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation, Ministère de l’Economie et des Finances…). Seul le Ministère du Travail et de la Fonction publique dirigé par Mme Diarra Racky Talla s’oppose à l’adoption de ce texte.

 A titre de rappel, le corps préfectoral est composé des Représentants de l’Etat dans les Collectivités territoriales, des chefs des Circonscriptions administratives du pays (gouverneurs, préfets et sous-préfets).
Il faut reconnaître aujourd’hui que ce corps d’élite représentant et garantissant la mise en œuvre des politiques publiques de l’Etat dans leurs circonscriptions respectives, connait les pires difficultés de son existence. Le personnel de « commandement » civil, jadis reconnu d’une notoriété incontestée a subitement basculé au second plan pour plusieurs raisons, dont entre autres : manque de moyens matériels et financiers ; manque de personnel d’appui ; manque de personnel de sécurité et surtout mauvais traitement en termes de salaire, primes et indemnités.

C’est pour pallier ces difficultés que le Synac a élaboré, à l’instar des autres pays de la sous-région (Côte d’Ivoire, Burkina et du Sénégal…), mais surtout face au coût de plus en plus élevé de la vie, un projet de statut préfectoral.

La pertinence de ce texte n’est plus à démontrer. C’est pourquoi, il a vite franchi toutes les étapes d’examen et de réflexion des départements ministériels, des réunions interministérielles et une réunion des secrétaires généraux de tous les départements ont approuvé le projet. Ces instances constituent le bras technique du Gouvernement, ils sont conscients de la pertinence et de l’urgence de l’adoption de ce projet. Ils reconnaissent tous la place qu’occupent les administrateurs civils dans l’édification de notre pays, ainsi que leur performance et leur technicité.

L’amélioration des conditions de vie et de travail des Administrateurs civils et le personnel du commandement est une condition sine qua none de la restauration de l’autorité de l’Etat, tant prônée par le président de la République depuis son investiture, les Administrateurs civils étant les premiers responsables dans leurs ressorts respectifs car ils y représentent le président de la République, les membres du Gouvernement et toutes les institutions de l’Etat. Mais ils sont les plus misérables.

Le projet de statut du corps préfectoral bloqué sur la table du Gouvernement risque de constituer en même temps un blocage du processus électoral en vue car ce sont les administrateurs civils qui conduisent tout le processus, du Ministère de l’Administration territoriale jusqu’aux communes. En termes plus précis, c’est le personnel du commandement qui organise et met en œuvre ces échéances.

L’on se demande donc à quel jeu est en train de jouer Mme Diarra Racky Talla en se hâtant très lentement pour faire adopter le projet de décret devant permettre l’application de la loi déjà votée par l’Assemblée nationale et consacrant ainsi un statut digne de leur rang aux administrateurs civils qui constituent un corps indivisible, malgré des manœuvres identifiées et tendant à y semer la zizanie en voulant faire preuve d’exclusion d’une frange importante dans l’application des dispositions légales.

En d’autres termes, « Le Sphinx », fouineur devant l’éternel, a pu se rendre compte que le décret déjà préparé pour être soumis à l’adoption du conseil des ministres ne résiste pas à un recours légal. Ce qui veut dire que validé comme tel, il est source de frustrations, voire de manifestation de mécontentement de la part de ces cadres du Commandement territorial qui n’hésiteront pas à user de leur droit de recours devant les tribunaux, entre autres moyens de revendications. Ce qui pourrait être évité si la ministre du Travail et de la Fonction publique, Mme Diarra Racky Talla arrêtait son prêchi-prêcha pour faire son boulot correctement.

N.S.