PRESIDENTIELLE 2018 LE DEAL AU SOMMET DE L’ETAT SE PRECISE

Dioncounda Traoré : le plan B d’IBK
Le retour inattendu du Pr Dioncounda au-devant de la scène politique, la campagne de signatures de pétitions savamment orchestrée pour faire de l’ex-président de la République par intérim le candidat  de l’Adema à la prochaine présidentielle de 2018, pendant que du côté de Koulouba on s’époumone à réaliser une fusion entre l’Adema et le Rpm, prouvent à suffisance qu’il y a bien un deal entre le Pr Dioncounda Traoré et son meilleur ami, le président IBK. Ceux qui doutaient encore de ce plan machiavélique mis en place pour ouvrir un boulevard à Dionkis lors de la prochaine présidentielle de 2018 en sont désormais convaincus avec la configuration du gouvernement piloté par Abdoulaye Idrissa Maïga.  



Dans une de nos précédentes éditions, nous faisions état dans notre rubrique «Confidences» de conseils que le locataire (en demi-pensionnat) du palais de Koulouba cherchait auprès d’une influente femme d’affaires, concernant une éventuelle candidature en 2018. Nous avons maintenant bien compris pourquoi la diffusion  de cette information a fait trop mal à l’intéressé.
En effet, on a remarqué que quelques mois auparavant, un deuxième mandat pour IBK était le sujet favori dans certains milieux opportunistes de Bamako et constituait le langage favori de thuriféraires du parti au pouvoir dont Dr Bocary Tréta, par ailleurs chef de la Convention des partis de la Majorité présidentielle (Cmp).
Mais subitement, ce sujet devient délicat et on en parle qu’avec circonspection, surtout depuis le dernier et énième séjour du président IBK en France pour des raisons médicales. L’on a donc pensé que la raison médicale, plus précisément l’état de santé du président de la République, a semé le doute dans la tête de ceux qui pensaient s’accrocher à une éventuelle prolongation de son bail avec Koulouba (on ne sait plus encore même si c’est avec Sébénicoro) pour continuer à vivre de situations de rente et piller sans coup férir l’économie du pays.
Toujours est-il que les lueurs annonciatrices d’un retrait des affaires en 2018 se précisent et deviennent des signes à décoder. En effet, la stratégie est déjà en marche et il convient d’être attentif pour s’en apercevoir.
Rappelons que lors du sommet Afrique-France tenu au début de cette année à Bamako, le président IBK, louant la décision prise par François Hollande de ne pas chercher un second mandat, avait lâché des propos assez suspects, mais que beaucoup n’avaient pas bien pris le temps d’étudier parce qu’emportés par l’écume qui moussait à la surface de cet événement présenté comme le grand retour du Mali sur la scène internationale.

Suivre l’exemple de François Hollande

En effet, IBK disait, s’adressant à Hollande pour magnifier la décision du président français de renoncer à briguer un second mandat : «Elle a été saluée en Afrique, pour avoir fait ce que nos peuples voudraient nous voir concéder plus souvent. Vous avez préféré le déchirement pour vous seul, aux déchirements pour votre famille politique. Ce n’est pas certes pas à vous, Monsieur le Président, mon cher Homologue et frère que je ferais la désobligeance de rappeler que le jugement de l’histoire prend parfois du temps à être rendu, mais une fois tombé, il est sans appel et dure à jamais. Vous l’avez compris, Monsieur le Président, Cher François Hollande, nous sommes nombreux à penser que votre courage (celui-là même qui a sauvé Konna avec Damien Boiteux, à la mémoire duquel il me plait de rendre un vibrant hommage), et votre désintéressement finiront par être reconnus. Et l’on saura admettre que vous avez, pour l’essentiel, agi au pouvoir avec honnêteté et droiture».
C’est dire que l’exemple donné par François Hollande a fait tilt dans la tête du président IBK qui ne saurait, lui aussi, jeter à la poubelle des hommages du genre, en tant que premier président de la République du Mali à avoir renoncé à briguer un second mandat. Et pour bien marquer l’histoire qu’il aime tant convoquer, IBK marquera ainsi, de façon singulière, l’histoire du Mali. Ce raisonnement que tenait en son temps un cadre très avisé du parti au pouvoir, le Rpm, trouve aujourd’hui tout son sens car les prémices se transforment de plus en plus en signaux.

Des signaux forts

Le premier, c’est que tous les partis politiques membres de la Convention des partis de la Majorité présidentielle qui ont choisi de présenter un candidat à l’élection présidentielle de 2018 ont été écartés du gouvernement. La Même raison avait été agitée pour sortir, en son temps, Dramane Dembélé du gouvernement, tout en laissant le président et le secrétaire général du même parti siéger à la table du banquet gouvernemental. Il s’agit du Pr Thiémoko Sangaré ministre des Mines et Abdoul Karim Konaté alias Empé, ministre du Commerce et porte-parole du gouvernement Abdoulaye Idrissa Maïga.
Là gît un autre signal : pourquoi nommer des ministres Adema alors que ce parti politique a crié sur tous les toits qu’il aura son candidat et ne le choisira pas en dehors du parti ? Pourtant, Me Mountaga Tall a fait les frais de cette disposition car son parti, le Cnid,  a décidé de présenter un candidat à la présidentielle de 2018.
Dès lors, l’on comprend qu’un deal existe bel et bien entre IBK et l’Adema et le candidat que l’Adema compte présenter ne gêne aucunement Koulouba. Mieux, l’Adema hérite de la lourde responsabilité de porte-parole du gouvernement, en la personne du ministre Empé. Pour un gouvernement formé en période de précampagne électorale, le candidat à soutenir par le gouvernement devrait être vraiment proche du parti Adema-Pasj ainsi lancé sur orbite.
Il est bon de rappeler que le Pr Dioncounda est subitement sorti de sa réserve d’ancien chef d’Etat pour commencer à briller de mille feux, par une présence régulière dans toutes les cérémonies publiques. Qu’elles soient culturelles ou sportives. Et en plus, faisant preuve d’une disponibilité jamais vue chez lui. Pendant ce temps, Koulouba agite l’idée d’une fusion Rpm-Adema et une réunion, tenue à cet effet,  proposait même le nom Rpm-Pasj pour la nouvelle entité qui serait née de la fusion.

 
Mathématicien jusque dans l’âme, Dioncounda ne fait rien au hasard

 Ce n’est pas une simple coïncidence car si le Pr Dioncounda, mathématicien jusque dans l’âme, ose descendre de son piédestal d’ancien chef d’Etat pour se fondre dans la masse des acteurs politiques encore à la conquête du pouvoir, c’est parce qu’à son niveau l’équation est résolue. En d’autres termes,  il n’y a plus d’inconnue pour qu’il se décide à se lancer ainsi dans cette course vers Koulouba en 2018. 
A 76 ans en 2018, pour un mandat de cinq ans qui le conduira donc en 2023, à 81 ans, Dioncounda Traoré sera le plus vieux président du Mali. Et au vu de la situation que vit le pays, il y a lieu de se demander s’il n’y avait pas mieux que lui pour succéder à IBK. On a l’impression que le Mali est en manque de jeunes cadres valides car même actuellement, dans les « grins », les jeunes appellent parfois le régime IBK «Régime du troisième âge». Ils fondent leur jugement sur le fait qu’hormis le Vérificateur général qui en est même à la soixantaine, tous les chefs des institutions de la République étaient du troisième âge. Heureusement qu’il y en a un en moins avec le départ de Modibo Keïta de la Primature.
Pr Dioncounda Traoré qui n’a pas soutenu les candidats de son parti aux élections communales sous le prétexte qu’il n’avait pas d’argent. Il se trouve brusquement prêt à battre campagne pour aller à Koulouba et ses souteneurs chargés  de porter sa candidature ne se plaignent pas de moyens pour parcourir le Mali et faire signer des pétitions. Sans compter l’appui financier que Dioncounda apporte aux organisateurs de certaines manifestations. Qu’est-ce qui a donc changé en si peu de temps pour que le fauché devienne subitement si aisé !

 Une candidature conditionnée au renoncement d’IBK

Le Pr Dioncounda Traoré ne cesse de répéter que, ne voulant jamais se présenter contre son ami IBK, sa candidature reste valable dans le seul cas où l’actuel président de la République désisterait. La tradition étant pour le président de la République, dans nos pays, de faire deux mandats successifs sans entrave, pourquoi cette éventualité subite de désistement au nom de laquelle Dioncounda et ses ouailles sont en train de bouger ? Anguille sous roche !
Un cadre de l’Adema de nous édifier en ces termes : «Il n’y a pas plus calculateur que le Professeur Dioncounda Traoré qui est docteur en mathématiques. De sorte que s’il n’était pas rassuré, quelque part, il ne se serait jamais lancé dans cette aventure de 2018 et ne dépenserait pas le plus petit sou». C’est noté !
Et d’ailleurs, pourquoi Dioncounda Traoré, qui bénéficie déjà d’un statut d’ancien chef d’Etat, prendrait-il le risque de tenter de barrer la route à son ami IBK que lui-même a aidé à arpenter les collines abruptes de Koulouba pour s’emparer du fauteuil présidentiel ? C’est insensé ! Comme pour dire que si le Pr Dioncounda insiste, c’est parce que son ami IBK devra désister et l’annoncera certainement le moment venu. Parce qu’un «face à face électoral IBK-Dioncounda est impensable » rappelle un de nos interlocuteurs, cadre du Rpm. 
La nomination d’Abdoulaye Idrissa Maïga au poste de Premier ministre et le remodelage de l’équipe gouvernementale n’y changent rien. Bien au contraire, cela rentre dans le cadre de la stratégie que d’écarter tous les cadres du Rpm proches de Dr Tréta et qui sont donc susceptibles de jeter des grains de sable dans l’engrenage du système de plus en plus mis en place, en vue d’assurer les arrières du président IBK en installant au pouvoir le Pr Dioncounda Traoré. C’est là où la présence renforcée de l’Adema dans le gouvernement, au point de confier à son secrétaire général le rôle de porte-parole du gouvernement, est davantage sujet à controverse, jusque dans le camp politique du président de la République.
En effet, la nomination d’Abdoulaye Idrissa Maïga, ennemi juré du président actuel du parti, Dr Tréta, a eu comme corollaire la mise au frais de tous ceux qui sont proches de Tréta ou soupçonnés d’en être un. En plus de tous ceux qui, par leur stature au sein du parti, pourraient porter ombrage au Premier ministre. C’est pourquoi, l’une des grosses pointures du parti citées en son temps comme opposé à Abdoulaye Idrissa Maïga lors du congrès du Rpm, Mahamane Baby, a été sorti du gouvernement.

 Confessions d’un cadre du Rpm

D’ailleurs, un cadre Rpm que l’on disait ministrable mais finalement laissé en rade comme un pigeon sur le quai d’une gare, ne décolère pas après la mise en place du gouvernement : «C’est la preuve que le président de la République n’a aucun souci pour l’avenir du parti en accentuant les clivages. Pour quelqu’un qui pense à sa réélection en 2018, c’est étonnant comme comportement. Il est en train de quasiment casser les reins du parti pour mettre en selle l’Adema qui a déclaré solennellement ne pas soutenir de candidat en 2018 en dehors de ses rangs. Nous comprenons mieux maintenant l’idée de cette fusion qui est agitée entre le Rpm et l’Adema. C’est certainement pour ouvrir un boulevard à Dioncounda afin de lui rendre la politesse comme lui aussi l’avait fait pour IBK en 2013. Connaissant les principes et valeurs défendus par ceux qu’on stigmatise aujourd’hui comme l’aile dure du parti autour du Dr Tréta, on essaie de nous briser. C’est une stratégie qui est en train d’être mise en place et cette même stratégie faisait que le président de la République s’accommodait de la présence de Modibo Keïta comme Premier ministre pendant que le pays était traversé par un profond malaise. Le président ne pense maintenant qu’à assurer ses arrières et se joue de nous car j’ai du mal à comprendre son indifférence par rapport à la grève illimitée à la Santé et à l’Education nationale… ».
En langage plus clair, ce cadre du Rpm veut faire comprendre que des signes décryptés annoncent que le président de la République se contente de gérer le reste de son temps à passer au pouvoir, sans se soucier du bilan, parce que n’ayant plus à se présenter devant les électeurs pour un second mandat.

 Une attitude qui annonce un renoncement

 Vrai ou faux, l’attitude du président IBK par rapport à la grève de la Santé et de l’Education en particulier, l’ébullition du front social en général, fait couler beaucoup d’encre et de salive. Ce n’est pas une affaire de ministre, encore moins de Premier ministre tous placés sous ses ordres. S’il avait donné les instructions nécessaires pour prendre langue avec les grévistes, on n’aurait pas fait autant souffrir les populations. On ne va pas aller jusqu’à faire comprendre que le Premier sortant tout comme les ministres de la Santé et de l’Education limogés faisaient exprès de laisser pourrir la situation. Si leur attitude n’était pas en phase avec la ligne du gouvernement, cela signifierait que le mali est en train de tanguer dangereusement entre les flots de l’incertitude. Cela renvoie à la crise du football où il est clair, à présent, que le président IBK soutient bien Poulo dans son bras de fer avec la Fifa avec toutes les conséquences néfastes que cela engendre pour notre pays. Est-ce l’occasion de croire, une fois de plus, que cela relève de l’insouciance du bilan à cause du renoncement à un second mandat !
Cerise sur le gâteau, le retour de Tiéman Hubert Coulibaly, un des bras droits du Pr Dioncounda Traoré. Les deux hommes ont cheminé ensemble lors de la Transition et monté ensemble bien des dossiers, des plus clairs comme des moins clairs. Non seulement Tiéman Hubert Coulibaly revient, mais il hérite du poste combien stratégique d’organisateur des élections.
Ce n’est pas sans rappeler un général putschiste, un certain Moussa Sinko Coulibaly qui a voulu, contre vents et marées, faire passer un certain Ibrahim Boubacar Keïta au premier tour de l’élection présidentielle de 2013. C’était en réalité dans la logique des autorités de la Transition avec à leur tête le même Dioncounda Traoré.
En effet, il nous revient que le Premier ministre de l’époque, Django Cissoko, avait attiré l’attention de Dioncounda sur le fait de vouloir déclarer son ami IBK vainqueur dès le premier tour car les circonstances ne s’y prêtaient pas et surtout qu’il fallait éviter d’embraser le pays. Il fallait renoncer à ce prétendu takokélen qu’appelait de toutes ses forces la junte du capitaine-général Sanogo, alliée du pouvoir de la Transition pour soutenir le candidat IBK.

L’on comprend donc pourquoi les cris de sirènes appelant le président IBK à se présenter pour un second mandat deviennent de moins en moins audibles, pendant que monte, progressivement, le vacarme sur la candidature du Professeur Dioncounda Traoré à la présidentielle 2018 au nom de l’Adema.

 La santé du président, un motif suffisant

De toute façon, faire de la santé du président de la République un sujet de polémique n’est pas de nos traditions. D’ailleurs, lorsqu’IBK était parti en France pour y subir une opération de l’adénome de parathyroïde, comme déclaré officiellement par Koulouba, tout le peuple malien compatissait, y compris l’opposition qui lui souhaitait un prompt rétablissement.
A cela, il faut ajouter les nombreux cas de malaise et les détours répétés chez le médecin traitant, même si c’est pour un simple contrôle médical, dit-on souvent. En d’autres termes, la santé du président joue beaucoup sur son activité de sorte que lui qui adore les bains de foule, se voit obligé de renoncer à plusieurs occasions de es bains populaires, pour y envoyer le Premier ministre ou un autre membre du gouvernement ou son épouse, tant que c’est possible.
Sous d’autres cieux, on aurait déjà posé publiquement la question de l’inaptitude du président de la République pour raison médicale et certainement saisir les services compétents en la matière. Mais comme ces pays sont sérieux et fonctionnent avec de bonnes institutions. Tout le contraire du Gondwana ou une de ses colonies…
 Toujours est-il que, dans les «grins» de jeunes, sous l’arbre à palabre des anciens comme dans les salons feutrés de Bamako, on ne cesse de jaser sur la santé du chef de l’Etat car jamais un président de la République en activité n’a autant été aussi malmené par des soucis de santé qu’Ibrahim Boubacar Kéita, actuellement âgé de 72 ans. De sorte que, finalement, on reste convaincu que sa seule volonté ne suffit pas pour lui permettre de réaliser les ambitions qu’il a pour le Mali. Il lui faut aussi une bonne santé, ce qui semble lui manquer le plus ces derniers temps. Alors que le pays, avec ses multiples problèmes cruciaux, exige de sa part un esprit sain dans un corps sain (men sana in corpore sano) comme disent les Latins qu’IBK aime tant citer.

Evidemment, ce motif sanitaire ne sera jamais mis en avant. On trouvera d’autres raisons pour justifier son renoncement à la conquête du second mandat. On essaiera d’édulcorer, en allant puiser dans de très profondes valeurs humaines et démocratiques qui fondent sa décision.
Pourquoi pas, au moment où l’Afrique est minée par des élections contestées, des tripatouillages constitutionnels et des tentatives de s’accrocher au pouvoir de la part de monarques constitutionnels, il est bon de prouver que quelque part sur ce continent, plus précisément au Mali, existe un homme en mesure de transcender tout cela, pour renoncer, volontairement, à briguer un second mandat de cinq ans. Inscrivant ainsi son nom au Panthéon de la démocratie, à l’image de son ami François Hollande qui a surpris plus d’un dans le monde, en décidant de ne pas se présenter pour un second mandat de président de la République française.  

 Dioncounda face aux jeunes loups aux dents longues

 Mais si du côté du président IBK le choix de Dioncounda comme successeur semble être la meilleure solution possible pour continuer son œuvre, terme poli pour dire couvrir ses arrières, ce que cherche tout chef d’Etat en partance, il n’est pas évident que l’ex-président de la Transition puisse battre de jeunes loups aux dents longues qui ne se laisseraient pas faire. Surtout que le Mali donnerait une piètre image dans le monde : ATT passe le témoin à Alpha Oumar Konaré après une transition. Ce dernier finit ses deux mandats pour faire revenir ensuite ATT. Après la transition consécutive au coup d’Etat débile de 2012, le président de la Transition, Dioncounda Traoré, passe le témoin à son ami IBK. L’histoire se répétera-t-elle en permettant aussi à IBK de retourner le témoin à Dioncounda, comme Alpha Oumar Konaré le fit pour ATT ? Rien n’est moins sûr ! Autre temps, autres réalités et autre méthode.
De toute façon, lorsque nous annoncions dans les colonnes de ce journal, au tout début de la Transition de 2012 que le Pr Dioncounda Traoré voulait ouvrir un boulevard à son ami IBK pour l’installer à Koulouba. Beaucoup ne nous croyaient pas et nous avions même reçu une volée de bois vert. Mais puisque notre carapace de journaliste d’investigations a été endurcie par les campagnes habituelles de dénégations alors que le temps finit toujours par nous donner raison, nous avions laissé passer la tempête pour revenir amplement sur notre information, lorsque la poussière se fût dissipée.

 
Comme  en 2013

 Nous rappelons à nos lecteurs que nous avions suivi pas à pas les différentes péripéties de l’ouverture de ce boulevard qui a mené IBK à Koulouba et à l’occasion nous avions publié un dossier explosif sur des fraudes électorales en perspective, avec un dispositif fondé sur de fausses cartes Nina appelées Nina A.
C’est sûr qu’il en sera de même pour cette fois car ceux qui sont payés pour nous démentir sans investiguer et  ceux qui se nourrissent de plaidoyers bas de gamme du régime actuellement en disgrâce entreront en action. Mais qu’ils aient au moins l’honnêteté de reconnaître qu’ils ont du boulot grâce à nous parce que nous leur donnons de la matière et l’occasion de faire un tour chez le bailleur pour encaisser la contrepartie de leur sortie dithyrambique.
Tout comme IBK devait, une fois arrivé au pouvoir, nous rendre hommage car nous avions été les premiers à le voir venir, même si nous dénoncions le parti-pris de son ami Dioncounda Traoré et parfois l’intrusion choquante de la junte de Amadou Haya Sanogo dans le processus électoral d’alors, piégé au profit d’un seul homme. 
Les télévisions françaises se faisaient du plaisir à diffuser l’interview d’un militaire de Kati qui confirmait que le candidat IBK était parrainé par les putschistes de Kati et rappelait que même le slogan «Le Mali d’abord», c’est chez eux, au Camp de Kati, que c’était parti. 
Comment ce deal IBK-Dioncounda finira-t-il ? L’avenir est le meilleur juge. Affaire à suivre !

K.D.