PLAINTE DE L’AMARCR CONTRE ORANGE-MALI

La Cour d’appel lave aussi blanc que le tribunal de la commune IV

 

La plainte de l’Association Malienne de Revendeurs de Cartes de Recharge (Amarcr) contre Orange-Mali connaît un rebondissement. En effet, la société de téléphonie mobile a tenté de faire annuler la procédure devant la Cour d’appel qui a rejeté ses prétentions pour renvoyer les deux parties à la décision du tribunal de Grande instance de la commune IV de Bamako qui connaît cette affaire en première instance et a demandé une expertise financière pour vider le dossier. Rappelons que cette plainte de l’Amarcr est relative aux fraudes opérées sur des comptes de clients Orange-Mali

 Cette affaire qui a défrayé la chronique un moment avant de se dégonfler est en train de suivre son cours en justice. En effet, l’on se rappelle que la pomme de discorde c’est la plainte déposée par les responsables de l’Amarcr contre la Société Orange Mali accusée de prélèvements frauduleux d’argent dans leurs comptes Orange Money. Les plaignants réclament le remboursement de leur agent pompé « arbitrairement » de leurs avoirs. Dès le début de cette affaire, les masters d’Orange Mali avaient animé une conférence de presse, précisément le jeudi 30 mars à la Maison de la Presse, pour contre-attaquer et accuser à leur tour l’Amrcr en affirmant que leur employeur, Orange-Mali, a seulement agi pour mettre fin à une situation de vol orchestrée par l’Amrcr. 

Accusation et contre-accusation ! Le dossier a donc fini donc par se retrouver au tribunal de Grande instance de la commune IV, suite à une plainte déposée par l’Amrcr. Et comme toujours dans pareilles affaires contentieuses mettant en cause des mouvements financiers, le Tribunal fait appel aux services d’un expert et le Cabinet. C’est ainsi que le Cabinet-conseils, audit et organisation (CAO), représenté par Abdou Salam Guindo fut choisi pour une expertise de la situation et éventuellement chiffrer les montants pompés frauduleusement des comptes afin d’éclairer la justice sur l’ampleur des faits reprochés à la société de téléphonie mobile. C’est sur cette base seulement que la justice pourrait rendre une bonne décision.

Mais ce fut un véritable parcours du combattant pour l’expert-comptable. En effet, depuis le 25 septembre dernier, l’expert-comptable ne parvient pas obtenir les documents réclamés à Orange-Mali pour comprendre la haine de production et définir le rôle de chacun. Ce qui permettrait de mieux situer les responsabilités et aussi de se faire une idée sur les prélèvements frauduleux mis en cause et les comptes concernés. L’on se rappelle que lesdites opérations incriminées ont eu lieu entre le 27 janvier et le 19 février 2017.

Après plusieurs entraves et intrigues rencontrées dans sa mission, l’expert-comptable a purement et simplement jeté l’éponge, non sans saisir le tribunal de la situation.

C’est ce moment que choisit Orange-Mali, en mauvaise posture dans cette affaire, pour introduire auprès de la cour d’appel une requête en annulation contre la décision du juge commercial désignant un expert-comptable pour l’aider à évaluer le préjudice financier subi par les plaignants, notamment les membres de l’Association Malienne de Revendeurs de Cartes de Recharge (Amarcr)

Malheureusement pour la firme de télécommunications, la Cour d’appel qui entend laver aussi blanc que le tribunal de Grande instance de la commune IV, a débouté Orange-Mali en recommandant de s’en tenir à la décision de la première instance non sans demander à l’expert-comptable de reprendre sa mission pour faire avancer le dossier. En d’autres termes, la procédure continue, même s’il faut s’attendre à un long feuilleton judiciaire qui n’en est qu’aux premiers épisodes.

Espérons qu’avec cette posture de la Cour d’appel redorant l’image de la justice qui en a fort besoin ces temps-ci, le dossier pourra avancer afin que justice soit rendue.

 

N.S