Grève de 3 jours des banques et assurances

Comment en est-on arrivé là : la version de NSIA 

 

Les établissements bancaires et les assurances ont observé une grève de trois jours à la suite du licenciement d’Issiaka Traoré, le chef du service informatique de NSIA et non moins responsable syndical de ladite compagnie d’assurance. Pour comprendre les tenants et aboutissants de cette grève, nous avons approché un responsable de NSIA qui a requis l’anonymat du fait que ledit dossier est désormais pendant devant la justice. Nous vous livrons sa version en attendant celle du syndicat.
Selon notre interlocuteur,  Le vendredi 10 février 2017,  Issiaka TRAORE a adressé un mail particulièrement virulent à la Direction Générale de NSIA Assurances. Laquelle, le même jour ;  lui a adressé une demande d’explications à laquelle il n’a  jamais répondu, contrairement à son obligation de d’obéir  aux ordres de sa hiérarchie.

Quatre jours plutôt, Traoré  a saisi le SYNABEF qui a été reçu dans les locaux de NSIA pour échanger sur cet incident. Au cours de cette rencontre,  Traoré a affirmé que ses propos n’étaient pas du tout outrageants donc qu’il n’avait pas d’excuses à présenter à sa hiérarchie. Il a été suivi par le syndicat qui a trouvé les propos incriminés pas du tout virulents et qu’un représentant syndical n’a pas de supérieur hiérarchique lorsqu’il fait des revendications. Au terme de la réunion, les parties ont décidé de clore l’incident  et de se rencontrer dans un mois pour discuter de la question des éventuelles erreurs relevées dans le calcul des ristournes d’ITS.

Selon notre interlocuteur, le 17-02-2017, contre toute attente, Issiaka Traoré, non satisfait des conclusions de la réunion entre la Direction Générale de NSIA et le SYNABEF qu’il a lui-même organisée, a saisi la Direction régionale du Travail d’une plainte demandant à l’inspection de donner l’ordre à son employeur de  retirer sa demande d’explications parce que selon lui un syndicaliste n’a pas de supérieur hiérarchique et ne peut pas recevoir de demande d’explications de son employeur.
Toujours selon notre interlocuteur, le 20 février 2017, l’inspection du travail a reçu la Direction générale de NSIA et Issiaka Traoré pour les écouter et recueillir les documents nécessaires.

Le 07 mars 2017 : après avoir analysé la situation, l’inspection du travail est arrivée aux conclusions suivantes :
que Monsieur Issiaka Traoré n’avait pas à écrire de manière discourtoise à ses supérieurs hiérarchiques même dans le cadre d’une revendication ; que tant qu’il est sous contrat de travail, il a l’obligation de répondre à une demande d’explications de son employeur ; 
que le mandat syndical n’a pas pour but de l’affranchir de l’autorité patronale ;
qu’il doit répondre à la demande d’explications de son employeur sinon il est passible des sanctions prévues dans le règlement intérieur.

Ces conclusions ont été remises par courrier à la Direction Générale de NSIA et à Issiaka Traoré

Pour les dirigeants de NSIA, l’affaire était close. Mais qu’au lieu de répondre à la demande d’explications comme le lui a conseillé l’inspection du travail, Issiaka Traoré a multiplié les actes de provocations et de défiances vis-à-vis de son employeur comme par exemple : organiser des réunions de l’intersyndical SYNABEF dans les locaux de NSIA, inviter des personnes étrangères à pénétrer dans la société sans autorisation de l’employeur et les laisser proférer des propos xénophobes et racistes dressant les salariés les uns contre les autres,
refuser d’effectuer les travaux qui lui sont demandés et s’absenter sans autorisation de son employeur,
etc…

Le 19 avril 2017, en l’absence de réponse à la demande d’explications et la multiplication des actes qu’elle qualifie d’insubordination et de défiance d’Issiaka TRAORE et se référant au courrier du 7 mars 2017 de l’inspection du travail et au règlement intérieur, NSIA a adressé une lettre de demande d’autorisation de licenciement à celle-ci qui a 15 jours pour se prononcer conformément à la loi.

Toujours selon notre interlocuteur, l’inspection du Travail n’a pas répondu pendant le délai légal, ce qui équivaut à une autorisation implicite de licenciement. Malgré cela, l’employeur n’a pas immédiatement licencié Traoré. Il a voulu lui donner une seconde chance de se ressaisir. Qu’au lieu de faire amende honorable, Traoré serait passé de la défiance à l’égard de ses supérieurs hiérarchiques à un autre stade: dénigrer la société NSIA au Mali qui l’emploie et le Groupe NSIA. Il aurait écrit au Conseil National du Patronat du Mali, aux concurrents de NSIA via le Comité des assureurs du Mali,  au Ministère de l’Economie et des Finances, au Ministère du Travail, au SYNABEF, à l’UNTM, etc… et au Conseil d’Administration de NSIA pour affirmer que les DG ivoiriens de NSIA vivent dans un luxe insolent, qu’il existe des pratiques dans cette entreprise et que d’ailleurs NSIA n’est pas une compagnie d’assurances digne car elle ne paye pas les sinistres .  Pour NSIA, ces propos tenus
par son chef du département informatique, membre du Comité de Direction,  un homme qui est au cœur du dispositif virtuel de la boite, donc un poste sensible et ayant accès à des informations de haute importance,  sont très graves. Elle a finalement décidé de  licencier Issiaka Traoré conformément aux règles édictées par le code du travail.

Le 18 juillet 2017, une lettre de licenciement pour insubordination a été adressée à Issiaka TRAORE.

Toujours selon notre interlocuteur, depuis ce jour, il a organisé des sit-in, des conférences de presse pour amener NSIA à le réintégrer en proférant toujours les propos xénophobes et racistes à l’endroit des dirigeants de NSIA.

Face à  la pression syndicale du SYNABEF, matérialisée par la menace d’une grève illimitée avec comme exigences la révocation du directeur régional du travail, la révocation des Directeurs Généraux de NSIA comme si c’était une entreprise publique et la réintégration sans condition d’Issiaka TRAORE ainsi que l’annulation de la demande d’explications du 10 février 2017, l’Administration du travail a été obligée, sous la pression des syndicalistes,  de demander à NSIA,  le 04 aout 2017 de la ressaisir avec une nouvelle demande d’autorisation de licenciement dans le seul but de refuser ladite demande parce que le licenciement était déjà fait.

C’est ainsi que la Direction nationale du Travail a organisé une tentative de conciliation qui a échoué malgré le fait que NSIA ait proposé dans le cadre de l’accalmie d’octroyer des indemnités de licenciement à Issiaka TRAORE même si celui-ci n’y a pas droit, compte tenu du motif du licenciement (faute lourde).

 Le SYNABEF a refusé l’offre de NSIA en plaçant la question sous l’angle de l’orgueil en menaçant d’aller en grève de trois jours suivi d’une grève illimitée si NSIA ne réintégrait pas Issiaka Traoré. Ce que cette dernière refuse parce que ne pouvant plus confier son département informatique à un salarié qui pense qu’il n‘a pas de supérieur hiérarchique, qui refuse de répondre à une demande d’explications, qui manque de respect à ses patrons et raconte des contrevérités sur son entreprise. Les deux parties n’ayant pas pu s’entendre, un PV de non-conciliation a été dressé par la Direction nationale du Travail.

Toujours selon notre interlocuteur, c’est ainsi que le SYNABEF,  au lieu de saisir la justice pour contester le licenciement,  a décidé de punir de nombreux citoyens, des entreprises et les clients des banques et assurances pour l’orgueil d’un salarié qui refuse d’admettre qu’il est soumis à l’autorité d’un patron et que l’exercice syndical n’affranchit pas du respect dû à un supérieur hiérarchique.

Après avoir perturbé le secteur bancaire pendant trois jours, le SYNABEF a saisi la justice d’une requête aux fins d’annulation du licenciement et réintégration d’Issiaka Traoré.

A l’audience publique de référé du lundi 28 aout 2017 du tribunal de travail, le SYNABEF n’a pas pu prouver qu’il a une existence juridique. Ce qui a fait dire aux conseils de NSIA que c’est un syndicat qui ne dispose d’aucun récépissé et est irrégulièrement constitué en violation des articles 234 et 250 du code du travail.  Le représentant du syndicat n’a pas non plus prouvé qu’il a un mandat pour agir au nom et pour le compte du salarié licencié,  Issiaka Traoré (Article 204 du code du travail). Et le 04 septembre 2017, le Tribunal en vidant son délibéré a simplement débouté le syndicat de sa demande comme étant mal fondée. Pour un  avocat de NSIA que nous avons interrogé, « C’est donc un syndicat de fait qui a perturbé tout le secteur bancaire et financier du Mali en privant les usagers de leur argent déposé dans les banques et de leur droit à un service continu et en faisant perdre aux entreprises et à l’économie nationale énormément d’argent.

On ne peut pas prétendre défendre les droits des salariés, évoquer la constitution alors qu’on est illégalement constitué. Les responsables de ce syndicat peuvent être poursuivis devant les juridictions pour troubles manifestement illicites »

Pour cet autre responsable de NSIA, ce conflit qui n’est pas encore terminé, mais d’ores et déjà, il se pose les questions suivantes :

Quelle est l’opportunité pour le SYNABEF de transformer un conflit individuel de travail en conflit collectif en orchestrant des grèves temporaires de 3 jours voir illimitée qui privent les usagers de leur argent déposé dans les banques alors que la question peut être tranchée par la justice ?

Est-ce qu’on doit  laisser les droits d’honnêtes citoyens bafoués par un syndicalisme de fait, pour une simple question d’égo ?
Est-ce qu’on doit laisser une action syndicale non fondée, mettre à mal notre économie en créant un environnement où les entreprises ne peuvent pas travailler sereinement ?
Est-ce qu’on doit laisser une action syndicale injustifiée faire fuir les investisseurs ?
La liberté syndicale veut-elle dire pousser les entreprises à fermer avec pour conséquence l’accroissement du chômage pour d’honnêtes employés qui ne demandent qu’à travailler et s’occuper de leurs familles ?
La liberté syndicale autorise-t-elle à avoir des propos xénophobes et racistes à l’endroit des investisseurs étrangers au mépris de l’hospitalité légendaire du Mali 

 
Pour lui : la liberté syndicale ne signifie pas licence à tout faire, un syndicaliste a le devoir d’être courtois envers ses supérieurs hiérarchiques  et de répondre à leur demande d’explications.
NSIA Mali, dont les actions sont aussi détenues par des Maliens est une société de droit malien qui respecte la législation locale.

NSIA Mali est dans un processus de recapitalisation à coup de milliards de francs CFA, pour donner la possibilité à l’ensemble de son personnel de conserver ses emplois.

Toujours selon lui, au vu du délibéré du 04 septembre 2017 du Tribunal de Bamako qui a débouté les responsables du SYNABEF purement et simplement, on comprend mieux la détermination ceux-ci à régler le problème en punissant la population plutôt que de saisir la justice.

N.S