REPLIQUE DE SOUMAÏLA CISSE APRES L’INVESTITURE D’IBK : 




« C’est de l’imposture. Nous ne lâcherons rien, nous ne céderons pas ! »       

 

Alors que la Cour Suprême venait de finir d’installer IBK dans les fonctions de président de la République pour un second mandat, le mardi 04 septembre dernier, Soumaïla Cissé a tenu quelques heures après un meeting sur l’Esplanade de la Bourse du travail, pour fustiger cette investiture qui est « une imposture », selon lui.  Rappelant que la lutte pour la justice, la vérité et la liberté de l’opposition ne fait que commencer, Soumaïla Cissé a appelé les Maliens à intensifier la résistance afin de restaurer l’expression de la volonté du peuple, non sans déclarer qu’à partir du lundi 03 septembre dernier, IBK n’est plus le président de la République du Mali.

 

Face à des milliers de personnes qui ont envahi la mythique place qu’est la Bourse du Travail, en ce jour du mardi 04 septembre 2018, pour l’écouter et connaître avec précision sa position suite à l’investiture du président IBK par la Cour Suprême dans la matinée,  Soumaïla  a d’abord remercié ses militants et sympathisants pour leur mobilisation, trois jours auparavant, notamment pour la marche du samedi 1er septembre dernier : « Vous êtes de plus en plus nombreux à marcher, à manifester et à protester pour dire non à la fraude et pour dénoncer les agissements et les pratiques d’un régime discrédité, pour ramener le Mali sur le chemin de la fierté, pour défendre notre démocratie si chèrement acquise. En un mot, vous êtes les dignes héritiers des fondateurs de la Nation malienne et des martyrs de mars 1991. Vous étiez des centaines de milliers samedi, à Bamako, à l’intérieur du pays et à l’étranger, pour envoyer un message sans appel à ceux qui pouvaient encore en douter. Le suffrage universel ne se négocie pas. Vous ne transigerez pas avec vos principes et vos valeurs. On ne vous volera pas votre vote, le vote du peuple souverain du Mali », a-t-il lancé à l’assistance.

Avant d’aller loin dans ses propos, il a tenu à magnifier l’action des Maliens de la Diaspora, pour rappeler qu’au moment où il parlait, les militants et les sympathisants de l’alternance occupaient, depuis la veille, précisément le lundi soir, les locaux du Consulat du Mali à Paris. C’est pour protester contre l’investiture d’IBK qu’ils considèrent ne plus être président du Mali, à partir de cette soirée du lundi, marquant la fin officielle de son mandat. « Ils sont sur le chemin de l’honneur et de la vérité. Nous sommes fiers de vous. Rentrez maintenant à la maison. Je salue votre combat, la lutte continue », leur a dit Soumaïla Cissé.

Revenant sur les faits qui ont conduit à la contestation populaire des résultats proclamés, Soumi précise que « ce ne sont pas seulement des anomalies de procédure qui ont émaillé cette élection présidentielle, encore moins l’abstention ou le déficit de mobilisation de nos électeurs qui expliquent des résultats fabriqués par un gouvernement fraudeur et validés par une Cour constitutionnelle inféodée. Ces résultats sont le fruit de bourrages d’urnes massifs, de mise en circulation sous le manteau de cartes d’électeurs, de trafic de procurations et de votes doubles à grande échelle, du refus d'accepter nos assesseurs dans plus du tiers des bureaux de vote et d’une compilation qui a échappé à tout contrôle sur la base d’un fichier électoral avarié. Voilà les faits et la vérité. Toute autre explication n’est que mensonge et trahison », a-t-il déclaré.

Dans cette lancée, il a souligné que le gouvernement « a signé son crime contre la démocratie malienne ». En effet, selon lui, le gouvernement a osé, « avec toute l’arrogance qui le caractérise », publier et valider des participations de 100 % et des scores de 100 % en faveur d’Ibrahim Boubacar Keita dans une multitude de bureaux de vote. « Nous, le camp du changement, unis et solidaires, rassemblés et déterminés, nous ne lâcherons rien, nous ne céderons pas. Nous finirons par gagner et triompher car nous sommes majoritaires dans le pays », a-t-il ajouté.

IBK n’est plus notre président !

Autant de raisons qui fondent sa déclaration, précise-t-il, que le régime en place n’a aucune légitimité pour diriger le Mali à compter de lundi dernier où, à 00H 00, le mandat du président IBK est terminé. « Oui, à compter de ce jour, je le dis haut et fort, Ibrahim Boubacar Keita n’est plus notre président. Il n’est plus que le chef d’un clan qui s’accroche au pouvoir par la corruption, la fraude et la violence. Cette investiture qui nous est imposée aujourd’hui n’est qu’une imposture. »

Pour Soumaïla Cissé : « Notre Cour Suprême après la dernière requête de nos avocats démontrant la forfaiture de la Cour Constitutionnelle, a raté l’occasion de rentrer dans l’histoire démocratique du Mali par la grande porte. Hélas !», se désole-t-il.

Actualité oblige ! Soumaïla Cissé s’est amplement prononcé sur l’enlèvement de Paul Ismaël Boro et Moussa Kimbiri, auquel s’ajoute l’interpellation de Birama Diarra, conseiller municipal Urd, embastillé le matin même par la police politique du pouvoir. Occasion pour le porte-flambeau de la coalition restaurons l’espoir, de mettre en garde le régime qui use et abuse de sa police politique en violation flagrante des droits de l’Homme : « Paul Ismaël Boro et Moussa Kimbiri sont dans leurs geôles. Les bureaux de l'Urd ont été violés ce matin. Birama Diarra, conseiller communal de Sangarébougou y a été interpellé. Il est depuis lors détenu au Commissariat de police du 4ème Arrondissement. Ce sont des détenus politiques. C’est un grave recul démocratique », a-t-il souligné.

Trouvant inacceptable des prisonniers politiques au Mali où des Maliens sont morts pour les libertés démocratiques, Soumaïla a tenu à faire la mise au point suivante : « Notre Mali, notre Mali à nous, votre Mali, ce n'est pas le Mali d'une famille, ce n'est pas le Mali d'un clan. Notre Mali, ce n'est pas le Mali de la corruption, des surfacturations, ce n'est pas le Mali de la fraude, du bourrage des urnes, des élections truquées. Notre Mali, ce n'est pas le Mali des violations permanentes de la constitution et de la loi. Nous, nous ne ramenons pas le Mali à nous, à notre personne. Notre Mali, n'est pas un Mali qui se couche et qui est la risée de l'Afrique et du monde. Notre Mali, votre Mali, notre idée du Mali, c'est une vieille Nation digne et respectée, qui appartient à tous ses enfants qui sont égaux en droits et en devoirs et qui ont l'ambition, dans la droiture, de construire un pays en paix, un pays stable dans le respect de sa diversité ».

Dans cette allure, il s’est adressé aux milliers de Maliens présents en ces termes : « Devons-nous garder une Cour Constitutionnelle aux ordres du pouvoir ? Devons-nous subir encore plus longtemps un service public de l’information partisan et caporalisé comme l’Ortm ? ».

A la suite du public qui scandait à chacune de ses questions un « non » retentissant, le porte-étendard de la coalition « Restaurons l’espoir » d’affirmer : « Assurément et vous l’avez dit, non et plus jamais ça ! J’en appelle donc à un large mouvement national de résistance pacifique et démocratique pour défendre le droit, la démocratie et le vote du peuple malien. Notre lutte collective pour défendre la vérité des urnes et le respect de la souveraineté de notre peuple ne fait que commencer. Je serai toujours à vos côtés. Nous serons toujours ensemble ».

Il convient de signaler que lors de ce rassemblement, outre les membres du directoire de campagne de Soumaïla Cissé et Ras Bath qui a d’ailleurs, comme d’habitude galvanisé les militants et sympathisants de Soumaïla Cissé, il y avait de hauts responsables politiques du pays dont en première ligne Choguel Kokalla Maïga, Konimba Sidibé…

N.S.