POURQUOI LES MALIENS DOIVENT VOTER NON AU REFERENDUM DU 09 JUILLET


Il y a une omission grave dans l’article 61 nouveau de la loi N° 2017-031/AN-RM du 02 juin 2017 portant révision de la Constitution du 25 février 1992, délibérée et votée par l’Assemblée nationale lors de sa séance plénière du vendredi 02 juin 2017 qui stipule : « les sénateurs sont élus pour deux tiers au suffrage universel indirect. Un tiers des sénateurs est désigné par le président de la République.

Les sénateurs sont élus pour un mandat de cinq ans renouvelable dans les conditions définies par une loi organique.

Le mandat de sénateur est incompatible avec celui de député.

Tout sénateur qui démissionne de son parti en cours de législature est automatiquement déchu de son mandat. Il est remplacé dans les conditions déterminées par une loi organique.

Le sénat ne peut être dissous.
»

S’il est vrai qu’il est dit clairement que : «  les sénateurs sont élus pour un mandat de cinq renouvelable dans les conditions définies par une loi organique », l’article 61 ne fait nulle part mention  à la durée de mandat du tiers des sénateurs qui sont DESIGNES par le président de la République.

Sont-ils désignés pour cinq ans comme les sénateurs élus au suffrage universel indirect ? L’article 61 ne le précise pas.  Aussi est-ce que le président de la République a-t-il la latitude de remplacer à sa guise en cours de mandat ?  Une Constitution ne doit pas prêter à interprétation. Elle doit être claire et limpide pour tous.

S’il est vrai qu’il est dit que le Sénat ne peut être dissous, est-ce que le président de la République peut renvoyer un ou plusieurs sénateurs désignés par lui au cours de leur mandat ? La nouvelle Constitution n’en pipe pas mot. Et quid de la future loi organique régissant le Sénat à qui on pourra faire dire tout et son contraire.

Le plus vaudevillesque dans cette nouvelle Constitution est que les députés de la Majorité présidentielle, sentant la dévolution monarchique qui anime IBK , ont maintenu le statu quo.  En cas de vacance de pouvoir,  les fonctions du président de la République sont exercées par le président de l’Assemblée nationale qui est le président de la 2ème Chambre ou la chambre basse au lieu du président du Sénat qui est celui de la Première chambre ou la haute chambre comme dans tous les pays où existe une assemblée bicamérale. Décidemment le ridicule ne tue plus au Mali.

 

Voilà trois arguments qui à eux seuls doivent pousser les Maliens à voter  non au referendum du  09 juillet prochain.