FOOTBALL NATIONAL

Une grande marche pour exiger la démission du ministre Poulo qui nargue la Fifa en enfonçant le Mali



La suspension de la Fémafoot par la Fifa devait pousser le ministre des Sports à revenir à la lucidité pour trouver la meilleure formule en mesure de sortir le pays de cette impasse qui condamne l’avenir de plusieurs milliers de jeunes. Mais le ministre des Sports va d’erreur en erreur, posant des actes qui, manifestement sont improductives et ne contribuent qu’à narguer la Fifa. Que cherche-t-il au juste ? Si c’est pour révolter la jeunesse, c’est déjà bien parti avec cette série de manifestations prévues dont la marche des supportes pour ce vendredi. En plus, il faudra prendre en compte, dans les statistiques du gouvernement, les milliers de jeunes gens contraints au chômage suite à la suspension prononcée par la Fifa.

S’il y a une situation qui va à contrecourant de la Conférence d’entente nationale, c’est bien celle dans laquelle se trouve plongé le football national, suite à la décision de dissolution du Comité exécutif de la Fémafoot prise par le ministre des sports, Housseini Amion Guindo. En effet, les jeunes sont sevrés de l’une de leur passion, tandis que plusieurs milliers d’entre eux voient leur source de revenus disparaître. Si l’on prend en compte les pratiquants, leurs encadreurs, le monde qui gravite autour des clubs avec des boulots divers, sans compter les activités au niveau des terrains de football, ce sont des milliers d’emplois qui se trouvent ainsi compromis. Pour un régime qui a construit l’un des grands axes de son bilan d’activités autour de la création d’emplois, ce n’est pas fameux.

C’est dire qu’on n’a pas bien réfléchi sur les conséquences de la décision prise par le ministre Poulo qui continue pourtant à en rajouter, s’enfonçant d’avantage dans un bras de fer avec la Fifa dont il ne sortira pas gagnant. C’est facile de faire croire que la Fifa va revenir sur sa décision et que c’est une question de temps. Mauvais calcul ! C’est comme si l’on ignorait que du côté de l’instance mondiale du football, l’on se garde d’ouvrir la boîte de Pandore en assouplissant l’application du règlement dans pareils, évitant ainsi de faire mauvaise jurisprudence. En effet, combien de pays ont-ils des difficultés au niveau de leur football national, notamment en ce qui concerne leur fédération nationale de football ? Tous ces pays observent l’attitude de la Fifa vis-à-vis du cas malien pour s’en inspirer à leur tour.

Voilà que, maintenant, on brandit le spectre de poursuites judiciaires contre le président de la Fédération malienne de football, comme si tout juste à côté de nous, le cas du Bénin ne servait pas de leçon. En effet, l’intrusion du politique dans les affaires des membres de la Fifa, que sont les fédérations nationales affiliées, est aussi interdite que l’intrusion du pouvoir judiciaire, la Fifa ayant ses propres mécanismes pour régler les questions qui se posent au sein des fédérations. C’est une disposition des statuts de la Fifa.  Mais Poulo s’en fiche, c’est comme s’il cherchait à faire un pied de nez à la Fifa

Par ailleurs, que faire d’un Comité provisoire snobé par la majorité des clubs de ligue1, les six ligues fonctionnelles (hormis celles des trois régions du Nord du pays), les clubs du football féminin, les arbitres, le personnel et les collaborateurs administratifs de la Fémafoot ! Comme si le tableau n’était pas déjà suffisamment sombre, les supporters s’en mêlent et décident de mener une marche de protestation, ce vendredi, pour leur désamour envers le ministre des Sports.

IBK doit prendre cette affaire très au sérieux car rien ne peut, plus que le sport à l’heure actuelle, faire basculer un pouvoir. Le sport est très mobilisateur. En effet, imaginez le regroupement massif formé par les supporters des clubs et voir s’y adjoindre les joueurs, les arbitres, les entraîneurs et tous les sympathisants de la Fémafoot décidés à se faire entendre et surtout demander, à l’unisson, la démission du ministre Housseini Amion Guindo.

La longue procession devra donc partir du Monument des soldats de Samory Touré -plus connu sous le nom de  Place de la Liberté- pour s’étirer jusqu’au ministère des Sports afin de remettre une déclaration au ministre Poulo. Une déclaration signée par toutes les parties soutenant la Fémafoot et par conséquent ayant désavoué son Comité provisoire. Une déclaration qui exige sa démission.

En réalité, Poulo sait qu’il a déjà perdu la partie et joue au jusqu’au-boutiste, entrainant ainsi dans sa chute l’image et la notoriété du Mali. Il est donc temps de l’arrêter avant qu’il ne fasse d’autres dégâts car c’est là où sa défénestration au département des Sports ne serait que salutaire.

IBK est libre de le garder à ses côtés et ne manque pas de poste où le mettre pour le remercier d’avoir tenté car c’est aussi de cela qu’il s’agit. En effet, il est inadmissible de voir Poulo prendre une décision si grave sans jamais détenir l’aval de Koulouba. Et le fait d’avoir les mains libres, tout à fait libres pour poser encore des actes allant dans le sens de l’entêtement ne saurait être l’affaire d’un ministre si isolé qu’on veuille le faire croire. On allait en savoir davantage si la décision de dissolution de la Fémafoot passait comme lettre à la poste.

Cela rappelle le cas Moussa Mara à Kidal lorsqu’il était Premier ministre. Si sa visite passait, c’est Ladji Bourama qui allait jubiler et crier à tue-tête : «Je viens de prendre Kidal». Mais puisque cela s’est terminé en un déshonneur pour le Mali, Mara a assumé seul. On imagine donc IBK en train de jubiler si jamais le coup de poker du football avait réussi, pour lancer des propos du genre : «J’ai résolu une crise du football qui a duré trois ans, en se tapant la poitrine».

K.D.