CES TROUBLANTES ACCOINTANCES ENTRE TOGUNA S.A ET LE REGIME IBK (suite et pas fin)

Un marché de plus de 04 milliards F CFA attribué mais jamais exécuté



Quatre mois après l’annonce de ce juteux marché aux relents plutôt douteux et généreusement octroyé à Toguna S.A et Alfarouk Services aucune livraison n’a encore été effectuée. Une opération qui semble avoir été planifié depuis le commencement.

Le marché en question porte sur la fourniture phosphate granulés pour la campagne agricole 2018-2019. Il a été attribué par la CMDT à la date du 03 Novembre. Il s’avère que le processus d’attribution n’était soutenu par le moindre support juridique. Nul, n’a en tout cas, connaissance d’un document juridico-administratif accompagnant le contrat.

Qu’à cela ne tienne ! Deux (02) sociétés ont été retenues. Il s’agit de «ALFAROUK SERVICE » pour 6.000 Tonnes pour un montant 897 millions F CFA et «TOGUNA-AGRO » à hauteur de 19 tonnes pour un montant de 2.840.500.000 F CFA.

Et en cette mi-mars 2018, aucune des deux entreprises n’a effectué la moindre livraison. Pas étonnant et ce, pour des raisons évidentes.

Nous indiquions au moment des faits, qu’il est quasi impossible non seulement d’acquérir cet engrais naturel au Mali, mais aussi de le transporter. Et pour cause. Les deux usines de productions sont presque arrêtées pour cause d’insécurité. Ce ne sont pas les témoignages et preuves qui manquent. 

Aussi, à l’origine, c’est une société d'exploration minière canadienne, Great Quest, qui est chargée de la relance de l’usine de phosphate au Mali. Et selon les projections, l'usine sera implantée à Ségou, 4ème région du Mali, et l'unité d'extraction à Bourem, région de Gao.

Mais l’exécution du projet était et est encore liée à l’amélioration de la situation sécuritaire dans la partie septentrionale. C’est, en tout cas, ce qui est ressorti de la dernière visite sur les lieux du ministre malien des Mines, Cheickna Seydi Ahamadi Diawara, le 7 mai 2016.

Cette situation (sécuritaire) s’est-elle améliorée ? Le dernier rapport d’OCHA-Mali fait état (entre décembre 2016 et janvier 2017), d’environ 2000 personnes déplacées internes en lien avec l’insécurité dans le nord du pays. Elles se répartissent comme suit : près de mille personnes ont quitté Anefis (région de Kidal), pour Bourem (région de Gao). Et, dans la région de Tombouctou, un conflit entre communautés Touareg a poussé plus de mille autres personnes à se déplacer à l’intérieur du cercle de Gourma Rharous.

Et plus près encore, le 2 août 2017, trois cars des compagnies de transport Bani, Tilemsi et Sonef ont été successivement attaqués lundi (à 5 km de Gossi dans la région de Tombouctou par des hommes armés non identifiés. Les passagers de ces trois cars ont été dépouillés de tous leurs biens. On signale beaucoup d’autres faits liés à l’insécurité au point que la quasi-totalité des activités économiques (extraction, transport, etc.) sont aujourd’hui suspendues.

Au regard de la dégradation sécuritaire, il était donc impossible pour les sociétés concernées («ALFAROUK SERVICE» et «TOGUNA-AGRO») de satisfaire la demande. Pourquoi donc attribué un marché impossible à exécuter ?

Aussi, avec l’absence de support juridico-administratif devant accompagner les contrats et l’impossibilité d’exécuter ledit marché dans les conditions idoines, l’on est en droit de s’interroger sur les véritables raisons de ce marché  de plus de 4 milliards F CFA attribué à «ALFAROUK SERVICE» et à «TOGUNA-AGRO» deux sociétés que l’on sait très proches du régime en place. Et si la campagne électorale pour la présidentielle de juillet 2018 expliquait tout ?

Batomah Sissoko.