CES TROUBLANTES ACCOINTANCES ENTRE TOGUNA S.A ET LE REGIME IBK


Plus de 04 milliards F CFA pour un marché presque  fictif



Il s’agit d’un vrai faux marché portant adjudication de phosphate granulé à deux sociétés de la place.
Ledit marché a été attribué par la CMDT à la date du 03 Novembre dernier et est relatif à la fourniture de phosphate granulé pour la campagne agricole 2018-2019.
Seulement deux (02) sociétés ont été retenues. Il s’agit de «ALFAROUK SERVICE » pour 6.000 Tonnes pour un montant 897 millions F CFA et «TOGUNA-AGRO » à hauteur de 19 tonnes pour un montant de 2.840.500.000 F CFA.
Mais tenez-vous bien : nul n’a encore connaissance d’un support juridico-administratif accompagnant le contrat. Tout se passe comme si quelque part dans un bureau feutré de la CMDT, a décidé de son propre chef d’attribuer lesdits marchés. Ce n’est pas tout.
A l’heure actuelle, il est quasi impossible non seulement d’acquérir cet engrais naturel au Mali, mais aussi de le transporter. Et pour cause. Les deux usines de productions sont presque arrêtées pour cause d’insécurité. Ce ne sont pas les témoignages et preuves qui manquent. 
Aussi, à l’origine, c’est une société d'exploration minière canadienne, Great Quest, qui est chargé de la relance de l’usine de phosphate au Mali. Et selon les projections, l'usine sera implantée à Ségou, 4ème région du Mali, et l'unité d'extraction à Bourem, région de Gao.
Mais l’exécution du projet était et est encore liée à l’amélioration de la situation sécuritaire dans la partie septentrionale. C’est, en tout cas, ce qui est ressorti de la dernière visite sur les lieux du ministre malien des Mines, Cheickna Seydi Ahamadi Diawara, le 7 mai dernier.

Mais cette situation (sécuritaire) s’est-elle améliorée ? Le dernier rapport d’OCHA-Mali fait état (entre décembre 2016 et janvier 2017), d’environ 2000 personnes déplacées internes en lien avec l’insécurité dans le nord du pays. Elles se répartissent comme suit : près de mille personnes ont quitté Anefis (région de Kidal), pour aller à Bourem (région de Gao). Et, dans la région de Tombouctou, un conflit entre communautés Touareg a poussé plus de mille autres personnes à se déplacer à l’intérieur du cercle de Gourma Rharous.
Et plus près encore, le 2 août 2017, trois cars des compagnies de transport Bani, Tilemsi et Sonef ont été successivement attaqués lundi (à 5 km de Gossi dans la région de Tombouctou par des hommes armés non identifiés. Les passagers de ces trois cars ont été dépouillés de tous leurs biens. On signale beaucoup d’autres faits liés à l’insécurité au point que la quasi-totalité des activités économiques (extraction, transport, etc.) sont aujourd’hui suspendues.
Au regard de la dégradation sécuritaire, il est donc impossible pour les sociétés concernées («ALFAROUK SERVICE» et «TOGUNA-AGRO») de satisfaire la demande.

Pour cela, il faudrait 625 camions de 40 pour transporter les 25 000 Tonnes de phosphate  sur un tronçon où, chaque jour que Dieu fait, même des véhicules militaires sautent sur des mines.

 Au su donc de de l’absence de support juridico-administratif devant accompagné les contrats d’exécution, de l’impossibilité d’exécuter le marché dans les conditions idoines et de la période de livraison (campagne agricole 2018-2019), l’on est en droit de demander à quoi serviront alors les montants (plus de 4 milliards F CFA) abusivement alloués à ces deux sociétés «ALFAROUK SERVICE» et «TOGUNA-AGRO »  que l’on sait très proche du régime politique en place ? Ah oui, vous avez bien compris !

Batomah Sissoko