Fournitures et installation d’équipements médicaux au CMIE de l’INPS

Boubou Cissé autorise un marché de 4,2 milliards malgré l’opposition de la Direction des marchés publics. Un avenant de 2 autres milliards est à l’étude.

 

Les scandales se suivent et se ressemblent au Ministère de l’Economie et des Finances. Comme l’annonçait « Le Sphinx » il y a deux mois, le ministre de l’Economie et des Finances, Boubou Cissé,  a finalement autorisé l’Institut national de Prévoyance sociale du Mali (INPS) à passer un appel d’offre restreint relatif à la fourniture de matériels techniques médicaux de son centre médical interentreprises de Zone Industrielle (CMIE) sis  non loin de la Sonatam. Ledit marché vient d’être attribué à un certain….Adama Diakité à hauteur de 4,2 milliards avec,  à la clé,  un avenant de 2 milliards de FCFA qui, selon nos sources, est en cours d’étude.

Selon nos investigations, la Direction des marchés publics et des délégations de services publics avait souhaité un appel d’offres ouvert afin de  tirer les prix vers le bas et permettre ainsi à la partie contractante, en l’occurrence l’ l’INPS,  de faire de drastiques économies.

Certes les dispositions de l’article  3 du Décret n0 2014-0256/PM-RM du 10 avril 2014 donnent au ministre de l’Economie et des Finances la décision finale d’attribuer et de l’approuver les marchés de fourniture et services courants d’un montant supérieur à 250 millions de FCFA mais inférieur à 2 milliards de FCFA – c’est  nous qui soulignons- mais cependant les règles de bonne gestion des deniers publics veulent que ça soit la Direction des marchés publics qui attribue les marchés, le ministre de tutelle se contentant d’approuver lesdits marchés déjà passés au peigne fin justement par les techniciens de la DGMP.  Mais Boubou Cissé n’en a cure.

Après le refus de la DGMP, il a,  par lettre confidentielle N° 1029/MEF-SG,  en date du 13 octobre 2016,  adressée à son homologue en charge de la Solidarité et de l’Action humanitaire,  donné son autorisation pour le lancement d’ un appel d’offres restreint pour la fourniture et installation d’un IRM, d’un appareil de mammographie, d’un scanner de 64 barrettes, d’un appareil de radiographie numérique, d’un échographe, d’un appareil de reprographie Laser, des équipements radio de protection, des équipements de laboratoire, de bloc opératoire, d’ORL, de cardiologie, d’endoscopie et d’équipements destinés à l’unité de dialyse . Pour un total de plus de 4 milliards. Un seuil qui devrait être examiné par le Conseil des ministres. Pour éviter manifestement cela,  nos malins ont fractionné en quatre lots ce marché autour duquel flotte une forte odeur de délit d’initiés.

Bizarrement seules deux sociétés (Médical Général System SA et Doniya Sarl) et un individu du nom d’Adama Diakité ont postulé. Naturellement, ils ont été tous les trois retenus. Une autre bizarrerie, pour « des consultations adressées qu’aux seuls spécialistes en raison de sa structuration et du niveau de plateau technique recherché » (sic), on ne peut s’empêcher de se poser la question pourquoi tous les quatre lots ont été attribués à un individu et non aux deux autres sociétés qui, apparemment sont plus aptes pour ce genre de marché qu’une seule personne ? Delà à penser que ces trois soumissionnaires ne font qu’un, est un pas qu’on peut franchir allégrement. Une hypothèse qui a été balayée par Touré, le directeur commercial de Médical Général System SA que nous avons contacté par téléphone.

Une chose est cependant constante, ce marché a une forte odeur pestilentielle de corruption. Avec cet avenant de 2 milliards il devient de plus en plus malodorant.

Le simple fait de recouper nos informations sur ce scandaleux marché a valu au « Sphinx » menaces et intimidations. Il y une semaine des individus ont contacté notre distributeur jusqu’à l’imprimerie et lui ont proposé d’acheter toute l’édition en raison de 500 F CFA par exemplaire. Ce qu’il a naturellement refusé. Ces mêmes individus reviendront à la charge,  tôt le matin,  quand il partait distribuer le journal. Il ne dut son salut qu’en rentrant dans une mosquée pleine de fidèles venus faire leur prière de l’aurore. Qu’ils se le tiennent pour dire : « Au Sphinx,  on ne nous intimide pas »

Après le scandale de 5 milliards, voilà une autre affaire scabreuse qui pollue les couloirs de l’Hôtel des Finances. On se demande comment les bailleurs de fonds peuvent continuer de prendre l’argent de leurs contribuables pour aider un pays dont les dirigeants ne font aucun effort pour l’assainissement de la gestion de leurs deniers publics qui sont détournés à coups de milliards ?  .

Nos dirigeants peuvent continuer à surfer sur les fondements juridiques de la corruption qu’ils ont mis en place aux lendemains de la Révolution du 26 mars 1991. Ils peuvent continuer à jouer avec les oripeaux d’un Etat de droit mais qu’ils sachent que, comme le disait un célèbre philosophe : «  la Vertu n’est pas un artefact de la démocratie, elle en est le socle sans lequel il est impossible de bâtir une société juste et équitable pour tous. » 

Au « Sphinx » nous jouerons toujours notre rôle dans les réglés de l’art. Personne ne nous intimidera.

 

(Affaire suivre)

Adama Dramé