L’Opposition répond à Manassa, la Présidente de la Cour constitutionnelle

 

« La Cour constitutionnelle doit rester à sa place, une place qu’elle a du mal à combler au regard des décisions de ces dernières années. »

Mieux vaut tard que jamais, les observateurs de la politique malienne étaient très étonnés du manque de réaction des partis de l’opposition malienne à la lettre circulaire N° 001/ P-CCM de Madame Manassa Danioko, Présidente de la Cour constitutionnelle. Elle vient de tomber, cinglante comme la mise au point faite le Pr Fomba quelque jours plus tôt. Lisez plutôt.

 
Madame la Président,

Les partis politiques de l’Opposition républicaine et démocratique ont reçu votre lettre n° 001/ P-CCM du 20 février 2018.
Nous sommes quelque peu surpris par cette lettre. Nous avons toujours considéré que cette haute institution de la République est dotée de pouvoirs constitutionnels précis dans lesquels doivent s’inscrire l’ensemble de ses interventions.
Les compétences assignées à la Cour constitutionnelle, y compris lorsqu’elle se prévaut de sa mission d’organe régulateur du fonctionnement des institutions et des pouvoirs publics, s’exercent dans les conditions et procédures fixées par les dispositions constitutionnelles légales, organiques, voire réglementaires, relatives à l’institution.
Aussi, sommes-nous inquiets de voir la Cour constitutionnelle prendre de la distance par rapport à ses prérogatives constitutionnelles de descendre ainsi à travers sa lettre circulaire à un tel niveau qui nous parait de nature à entacher sa crédibilité voire son autorité.
Les rappels sélectifs de la part de la cour constitutionnelle dans sa lettre circulaire, de dispositions constitutionnelles et légales dont certaines manquent du reste de lien direct avec la question électorale, peut paraitre suspect au regard de certains débats purement politiques actuellement en cours qui ne concernent nullement la Cour constitutionnelle en tant qu’institution indépendante devant prendre de la distance par rapport à l’arène politique.
Aussi, la Cour constitutionnelle doit rester à sa place, une place qu’elle a du mal à combler au regard des décisions de ces dernières années.
Nous vous prions d’agréer Madame la Présidente l’expression de notre considération distinguée.
Pour les Partis politiques de l’Opposition

Le Chef de File P/ O

Le Directeur de Cabinet

Ibrahima N’Diaye