REPRÉSSION DE LA MARCHE DU 02 JUIN ET AGRESSION DES JOURNALISTES

Les raisons du zèle de la police et du DGA MAMADOU Z. SIDIBÉ en particulier


L’ordre de «mater» les manifestants vient directement de lui : MAMADOU Z. SIDIBÉ, DGA de la Police Nationale. Une attitude nullement surprenante pour qui connaît les affaires louches dans lesquelles il est cité : marchandage des «laissez-passer» et «Facilitation de circuler» ; disparition d’un groupe électrogène à la Direction Nationale de la police (DGPN) ; magouilles dans le processus de recrutement à la police ; création d’un syndicat parallèle en vue de briser le mouvement des autres syndicats… Totalement discrédité au sein de la corporation, il ne doit son maintien que grâce à la mansuétude de «Ma Famille d’abord» dont il se sent naturellement redevable. Un véritable danger public !

«Chers collègues

Vous voudrez bien prêter aide et assistance au porteur de cette carte. Basidi…  Véhicule CH 1212» Notez le chiffre «27» à l’angle. Probablement la 27ème carte délivrée. La carte ci-dessus porte le N° 47

 

 
De l’avis de Fadiala Maïga, ancien S.G du comité GMS M.O (Maintien d’ordre) «tout le problème de la police, s’appelle «le Contrôleur général Mamadou Z. Sidibé». Il ne croyait pas si bien dire. Il (Mamadou Z. Sidibé) a fait radier ce dernier de l’effectif.

Le syndicaliste lui reprochait la mise en place d’un syndicat fantôme qui lui obéit comme à un demi-dieu et avec mission de saboter les efforts des autres syndicats. Pour preuve.

 Au service de «Ma Famille d’abord»

 Le lundi 22 Janvier 2018, les différents syndicats ont organisé une rencontre avec trois points inscrits à l'ordre du jour : l'accélération du processus d’adoption ; la relecture du décret N° 08-351/PRM du 26 juillet 2008 et la réintégration sans délai des policiers radiés de 2012 à nos jours.

Le syndicat absent à cette rencontre était celui acquis à la cause du DGA lequel a refusé de participer à la dite rencontre qui réunissait le SYNIPOL­, SPN (CSTM) SYNAPOL. Et pourtant, il s’agissait de questions de survie de la police et de la défense des intérêts de tous les syndiqués. Et ironie du sort ! Il s’avère que celui-là même qui mène en ce moment la vie dure aux policiers est ancien membre de la coordination des sous-officiers et ancien syndicaliste. Selon toute évidence, «Ma Famille d’abord» est passée par là aussi. Mais de là à sacrifier les siens !

A l’heure actuelle, il n’est plus un secret pour personne que le sieur Sidibé convoite ardemment le poste de Directeur Général de la police. Et pour ce faire, il jette des peaux de bananes sous les pieds de ce dernier (l’actuel DG) avec la complicité des proches collaborateurs de celui-ci, en l’occurrence, des membres de son cabinet. Aussi, il bénéficie du soutien de «Ma Famille d’abord» qui serait à l’origine profonde de sa promotion. En décembre dernier en effet, il a été promu Contrôleur Général. Merci, «Ma Famille…».

 

Cité dans une affaire de disparition de groupe électrogène

 

En Juillet 2017, éclata à la Direction de la Police nationale, une affaire de disparition de groupe électrogène, un don des partenaires internationaux.  Ce sont six de ces appareils qui ont été généreusement offerts au Mali au moment des faits. Le Ministère de tutelle bénéficia alors d’un de ces groupes, deux furent attribués à la Gendarmerie et 03 à la Police soit respectivement 01 à la compagnie de la circulation routière (CCR), la Direction générale de la police nationale (DGPN), et à la Direction régionale de la police nationale du district de Bamako (DRPN). Ce groupe électrogène de 22 KVA a une valeur marchande de 16 millions FCFA. Il a mystérieusement disparu. Des témoignages et mêmes des enregistrements vidéos ont, par la suite, attesté que l’engin se trouvait au domicile du DGA. L’information a été rendue publique par la presse et jamais démentie.

Des «laissez-passer» et «autorisation de circuler» monnayés entre 50.000 F et 400.000 F CFA

Affaire du réseau mafieux à la CCR ! Vous-en souvenez-vous ? Elle consistait pour des responsables de la police de marchander les «laissez-passer» et «autorisation de circuler». Les deux documents étaient cédés entre 50.000 F et 400.000 F CFA. Las de se voir contraints de laisser circuler en toute illégalité, les syndicats de la police ont réagi et dénoncé le phénomène.

C’est principalement la carte de visite du DGA de la police avec une note au verso invitant les «collègues à porter aide et assistance» au détenteur de la carte en question qui se trouvait aux mains des usagers.

Pour sa défense, l’accusé, à la faveur d’une conférence de presse affirma n’avoir «remis qu’une seule carte» à un usager représentant un «cas social ». Et d’accuser à son tour : «on publie ma carte en imitant ma signature dans un journal !». Soit dit en passant : c’est peut-être la raison pour laquelle il déteste la presse et a par conséquent ordonné de mater les journalistes le 02 Juin dernier. 

Son démenti ne fut, en tout cas nullement suivi d’enquête en vue d’établir la vérité. Et l’affaire fut classée.

Des listes additives frauduleuses dans le cadre du recrutement à la police

C’est sur un chantier à Kalabancoro-Koulouba non loin du commissariat de police de la place que s’est effectuée la plupart des recrutements frauduleux de la police au titre de 2017. Le concours prévoyait le recrutement direct de 750 éléments soit 710 pour le maintien d’ordre ; 30 Chauffeurs ; 03 Plombiers, 02 Mécaniciens-motos et 02 Mécaniciens Généralistes (02).

Aux 750 éléments, fut ajoutée une liste additive d’environs 100. Cette liste n’a pas suivi le circuit normal et n’a été soumise à aucune vérification pour conformité des diplômes, âges et autres profils.

Par ailleurs, l’organisation dudit concours a été curieusement confiée à la Direction de la police proprement dite. En la matière, elle est l’apanage de la Direction des Ressources Humaines (DRH). Et saviez-vous à qui appartenait ce chantier de Kalabancoro-Koulouba où se sont déroulées les opérations de marchandages ? Suivez plutôt mon regard !

Un DGA ayant désormais pieds et mains liés et assujetti

Au regard de tout ce qui précède, le DGA de la police malienne aurait connu un autre sort, du moins, dans un Etat sérieux ! Mais puisqu’il bénéficie de protection… Alors, il se sent redevable de ses protecteurs auxquels il obéît au doigt et à l’œil. Mais de là à violer les lois de son pays ?

La loi n° 05-047/ du 18 aout 2005 portant charte des partis politiques est limpide sur la question. Son Article 17 stipule : «Les marches ou meetings de protestation ou de soutien des partis politiques, ne sont pas soumis à une autorisation préalable. Cependant, les organisateurs sont tenus d'informer les autorités compétentes au moins 48 heures avant la date de la manifestation».

Au mépris de cette disposition légale, l’on a entendu des cadres de la police tenir des inepties du genre : «Dès lors que l’administration interdit une marche, il est du devoir de la police de veiller au maintien de l’ordre public». Et tenez-vous bien : les propos sont du Directeur régional de la police du District. Voilà un cadre du pays qui ignore que l’Administration (surtout elle) est assujettie à la loi. Pauvre Mali !  

Et c’est sur la base de cette disposition légale du pays (loi n° 05-047/ du 18 Août 2005) ainsi que des traités et conventions internationaux ratifiés par notre pays que la communauté internationale a justement condamné l’Etat du Mali. Et il aurait fallu cette condamnation unanime des puissances occidentales (France, Etats-Unis d’Amérique, Union Européenne) pour faire fléchir nos drôles de responsables. Et fort heureusement, ces gardiens de la démocratie veillent désormais sur le Mali. Et c’est tant mieux !

Batomah Sissoko 



La bonne leçon des manifestants à la police malienne et à ses dirigeants

Samedi 02 Juin 2018 ! «Cette image est exclusive. Ce policier est tombé du pick-up de la police. Il a essayé de se sauver. Des jeunes l'ont appréhendé, sans le violenter, ils sont partis le remettre à son unité devant la porte de l'ancien Ministère des finances».(Voir photo ci-contre)

Observez bien le jeune policier, son visage désespéré et s’accrochant au membre du CDR cherchant à le sauver ! Ce jeune est susceptible d’être notre frère et fils à tous. Il est innocent. Ce sont plutôt des responsables dont les enfants sont tranquillement installés à l’étranger ou dans des salons feutrés qui sont les coupables ! Des assassins ! Ils rendront compte ! Inch’Allah !