Partenariat Mali-Allemagne

Un bel exemple de coopération à suivre

 L’ambassadeur d’Allemagne au Mali, Dietrich Becker  était face à la presse mardi dernier pour faire le point de la coopération entre le Mali et la République Fédérale d’Allemagne. Placée entre la fête de l’indépendance du Mali célébrée le 22 septembre et la journée de l’unité allemande prévue pour le 3 octobre, ce point presse animé par le diplomate allemand était l’occasion de faire le constat sur le partenariat entre le Mali et l’Allemagne.

Selon le conférencier, le partenariat entre nos deux pays est un partenariat renforcé et multiforme, tant dans la coopération au développement qu’en matière de sécurité. Le principe du partenariat est toujours essentiel : les besoins des soutiens sont identifiés conjointement avec le gouvernement malien et les interventions sont basées sur des stratégies nationales maliennes. Une vraie coopération entre partenaires, à laquelle doivent contribuer réellement les deux parties. » a expliqué Dietrich Becker.

Les visites de notre ministre des Affaires étrangères en avril et de notre ministre de la Défense en aout 2017 sont un témoignage de l’importance que l’Allemagne accorde au Mali a martelé l’ambassadeur.

La coopération est au cœur de ce partenariat

Plus de 100 projets et initiatives de la coopération allemande sont mis en œuvre avec un total de 430 millions d’euros de fonds. Il y a tout juste trois semaines, deux nouvelles conventions bilatérales ont été signées. L’Allemagne a bien élargi son engagement au Mali, mais trois axes principaux sont maintenus : la décentralisation, l’agriculture et l’eau. Les projets de la coopération allemande sont mis en œuvre par de nombreux acteurs, comme par exemple la Welthungerhille, la Confédération allemande pour l’éducation des adultes, la GIZ, la KFW, BORDE et Arche Nova ou encore les organisations Care International, Plan International et Caritas international.

Selon l’ambassadeur, l’engagement de son pays aux côtés du Mali est orienté également vers le secteur de la sécurité, l’Allemagne continue à participer depuis le début 2013 à la Minusma avec jusqu’à un millier de soldats allemands actuellement déployés à Gao et Bamako, et des dizaines de policiers dans le cadre d’UNPOL. Quatre hélicoptères de combat « Tigre » et quatre hélicoptères de transport « NH-90 » sont affectés à cette mission.

2017 marque malheureusement l’année au cours de laquelle les deux premiers soldats allemands sont morts pour le Mali et pour l’Allemagne pendant une opération dans le Nord du Mali.

Au niveau de l’économie, sans croissance économique et création d’emplois, le Mali risque d’être confronté à des défis politiques et sociaux de plus en plus préoccupants a indiqué le conférencier. Dans les seules cinq prochaines années, environ 1,6 million de jeunes maliens entreront sur le marché de travail. Parmi eux, nombreux sont ceux qui n’ont jamais pu fréquenter l’école ou seulement pour une courte période. Il est donc essentiel d’offrir des perspectives à cette jeunesse. Selon l’ambassadeur d’Allemagne, les investissements privés peuvent jouer un rôle important à cet égard. Cela nécessite un cadre adéquat et un environnement commercial équitable, notamment une meilleure formation professionnelle, axée davantage sur le marché du travail, et l’aménagement des infrastructures. La bonne gouvernance est la condition de base de tout développement économique. 

L’engagement allemand au Mali est orienté, selon le diplomate allemand, également vers le secteur de la sécurité. « L’Allemagne continue à participer depuis le début 2013 à la MINUSMA avec jusqu'à un millier de soldats allemands actuellement déployés à Gao et Bamako, et des dizaines de policiers dans le cadre d'UNPOL. Quatre hélicoptères de combat « Tigre » et quatre hélicoptères de transport « NH-90 » sont affectés à cette mission. 2017 marque malheureusement l'année au cours de laquelle les deux premiers soldats allemands sont morts pour le Mali et pour l'Allemagne pendant une opération dans le nord du Mali. »
Une gestion efficace des ressources humaines pour relever les défis sécuritaires
Selon Dietrich Becker, avec ses partenaires européens, l'Allemagne continuera à former des soldats maliens à Koulikoro et au nord du pays avec un dispositif de 150 soldats dans le cadre d'EUTM Mali. Un accent particulier a été mis, ajoute-t-il, sur l'opérationnalisation prochaine de la force conjointe du G5 Sahel et l'appui que l'Allemagne compte y apporter dans le cadre de l'initiative Sahel : « Ici, nous attendons toujours des projets crédibles et concrets. La réussite de la Force conjointe exige également des progrès dans la réforme du secteur de la sécurité, surtout en ce qui concerne la gestion des ressources humaines. Sans une gestion efficace des ressources humaines, les forces de sécurité ne peuvent pas répondre aux divers défis », a-t-il expliqué. C’est dans ce sens, note-t-il, que les partenaires européens (à savoir les missions EUCAP et EUTM) travaillent en étroite coordination avec leurs homologues au niveau ministériel et avec des forces de défense et de sécurité afin d'atteindre ces objectifs.
Processus de paix au Mali : « il n’y a plus aucun prétexte pour trainer ».

Dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, l'ambassadeur de l’Allemagne au Mali a félicité les parties prenantes à l'accord de paix. « Je me réjouis de la signature d'un accord de cessez-le-feu. Cet accord témoigne de la volonté des deux parties à faire taire les armes et à travailler ensemble pour une paix durable. Il est l'heure de sortir enfin d'une logique de violence et de guerre, une logique destructive », a-t-il dit. Il indiquera que l'Allemagne attend le lancement du processus de Désarmement, Démobilisation et Réintégration qui a bénéficié aussi de l’aide allemande : « L'Allemagne a aidé la MINUSMA à préparer les infrastructures de ce processus de DDR. « Il n'y a plus aucun prétexte pour traîner », selon l'ambassadeur. Dietrich Becker reste convaincu que « la décentralisation est la clé d'une paix durable au Mali. » « Ensemble, nous œuvrons pour un Mali où chaque citoyen pourra exercer la responsabilité pour sa commune, son cercle, sa région. Cela exige que le gouvernement malien transfère réellement les compétences et des ressources financières du budget de l'État aux collectivités territoriales », a-t-il expliqué.

 

A.M.NIANG