MAHAMOUD DICKO ET… LA CHARTE DES MUSULMANS EN FAVEUR D’IBK

«Je n’ai nullement confiance en toi vaut mieux que perdre ta confiance»



Plus que jamais, IBK se doit de donner un véritable contenu à son slogan «le Mali d’abord» ce, à quelques encablures de la fin de la l’engagement qui le lie aux Maliens en général et aux musulmans en particulier. L’heure est grave ! Ce sont les déclarations de Mahamoud Dicko, Président du Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM).

Chers Musulmans, l’époque que nous vivons actuellement est totalement différente de toutes les autres que nous avions jadis connues. Tous les Musulmans sont unit par une charte qui nous enseigne qu’il est primordial de porter notre choix sur celui bénéficiant de notre confiance. Cela revient à dire que nous confions temporellement les responsabilités du pays à quelqu’un et l’invitons à choisir son équipe en vue de travailler. Vu sous ce prisme, les Musulmans (Maliens) ont respecté leurs engagements. 

A quelques encablures de la fin de cet accord (charte), il importe de se demander ce qu’il y a désormais lieu de faire. Après tout, l’engagement en question est celui des Musulmans. «C’est pour le Peuple» [en français]. Il s’agit de l’engagement du peuple. C’est leur capital à eux et non à quelqu’un d’autre. 

A ce titre, il lui revient (au Peuple, aux Musulmans) de s’interroger s’il y a lieu de reconduire notre confiance à celui auquel nous l’avions auparavant confiée, ou de la remettre à quelqu’un d’autre. «Le Peuple est souverain» [en français]. Nul autre ne bénéficie de cette prérogative.

Je répèterais ici quelque chose que j’ai l’habitude de dire : «je n’ai nullement confiance en toi vaut mieux que d’avoir perdu ta confiance après te l’avoir accordée». Cette dernière assertion est gravissime !  Moi Dicko, je prie Dieu afin de ne perdre la confiance des Musulmans. Toute chose qui m’oblige à vous rendre compte fidèlement des informations recueillies et de mon analyse personnelle des faits.

La situation que nous vivons aujourd’hui, dépasse de loin la question de personne. Il est primordial de comprendre cela : ce n’est plus une question de personne !

En 2012, nous avions rassemblé toutes les forces vives du pays. Je me suis personnellement impliqué pour ce faire. Nombre de ces personnes sont encore en vie. Il y a par exemple Chaka Diakité, ex-Secrétaire Général de l’UNTM avec lequel je me suis entretenu au siège de ladite organisation. Je me suis également rendu à l’archevêché…

Je leur ai fait part de mes inquiétudes par rapport à la situation qui prévalait dans le pays et les a invités à s’impliquer en vue d’une union sacrée et parvenir ainsi à une solution. Bref, nous avions crié sur tous les toits et appelé à la cohésion. Mais hélas, ce qui devrait arriver, arriva ! Le pays tomba dans le gouffre où il demeure à présent. Il n’en est pas encore sorti !

Aujourd’hui encore, une autre menace plane. Devrions-nous croiser les bras et attendre qu’elle nous parvienne ? Que le pays s’enfonce davantage dans les abysses ? Non ! Nous ne saurions restés passifs face à cette autre menace. Nous sommes censés être avertis, intelligents, sages et surtout, nous aimons tous ce pays qui est nôtre !  Nous devrons réagir ensemble !  Autrement, nous risquons de connaître des évènements plus désagréables que les précédents. Que Dieu nous en préserve !

C’est dire qu’il ne s’agit plus d’une question de personne, d’Ibrahim Boubacar Keïta, de pouvoir ou de régime, mais plutôt de la Nation malienne ! Il s’agit de sauver la patrie !

La question n’est plus de savoir, pour les uns et les autres, de chercher les voies et moyens en vue de conserver le pouvoir ou d’y accéder. Non ! Mais plutôt de savoir, que faire en vue de sauvegarder le pays. Quoiqu’on dise, celui au pouvoir n’a de souci que la préservation de son régime et celui-là qui le convoite, point de priorité que de parvenir aux affaires. Mais encore faudra-t-il auparavant avoir un pays pour prétendre gouverner ?  Si l’on ne prend garde, nous risquons de tomber encore plus bas.

Il est impératif pour nous tous et chacun de nous, d’éviter la passion, de réfléchir sur les voies et moyens en vue de sortir le pays de cette situation.

J’ai l’habitude de dire que la colère est juste au contraire de la rage. Cette dernière est mauvaise conseillère et fait perdre la raison. Il faut surtout éviter de commettre l’irréparable… La Somalie doit constituer pour nous un avertissement. Un pays divisé et aujourd’hui impossible à reconstituer malgré l’implication du monde entier. Les exemples ne manquent pas.

Nous devrons éviter par tous les moyens et en appelant à notre sagesse, notre expérience et bon sens, d’aller le mur vers lequel nous nous dirigeons tout droit. Faut-il attendre le point de non-retour pour agir ?  Non, c’est maintenant ! « Il faut qu’on fasse beaucoup attention [en français].

Aujourd’hui, tous malien, qu’il soit de l’Opposition ou de la majorité, citoyen lahnda, tout malien doit se sentir interpellé…

Ce qui a été dit auparavant, doit, plus que jamais être de mise aujourd’hui, à savoir, «Le Mali d’abord». C’est IBK qui l’a dit. L’occasion se prête aujourd’hui pour lui de mettre son slogan en pratique. «Le Mali d’abord» ! Ce qui signifie que le MALI est censé venir avant tout ! Ceci est autant valable pour lui que pour tous les tous les fils du pays.

Il s’agit donc de veiller à ce que ce patrimoine commun ne tombe une fois de plus, dans les abymes… Il y a tant de scenarii catastrophes nous menant droit au mur ! Et point besoin d’être devin ou politologue pour s’en rendre compte ! Nul n’ignore les risques du moment et la probable suite des évènements et ce qui risque d’advenir. Que Dieu nous préserve !  Qu’Allah sauve le Mali et y apporte la sérénité ! Qu’Il nous épargne l’anarchie source de chaos ! Salam !  

Traduit et transcrit par Batomah Sissoko

 

Encadré

IBK ET LES MUSULMANS

La fin d’une idylle

«Quoiqu’on dise, celui au pouvoir n’a de souci que la préservation de son régime et celui-là qui le convoite, point de priorité que de parvenir aux affaires… ». En tout état de cause, l’engagement pris en faveur du candidat IBK en 2012 prendra bientôt fin… Alors ?

Sans le dire expressément, le leader religieux annonce la fin du bail d’avec le président en exercice élu en 2013 suite à une vague de soutiens dont celui des religieux et plus précisément du Mouvement SABATI 2012 comprenant plusieurs associations d’obédience musulmane. Ces organisations musulmanes ont en effet fortement contribué au sacre du candidat. Et Mahamoud Dicko n’était nullement étranger à cette campagne d’envergure.

Et il l’avoue aujourd’hui : il s’agit d’un accord (Charte) entre le candidat IBK et les Musulmans du Malien. Accord, aux dires de l’Imam, qui arrive à échéance dans les mois à venir, autrement dit, à la fin du quinquennat.

Mais les engagements pris de l’autre côté ont-ils été respecté ? Pas si sûr, en tout cas, à en croire le Président du Haut Conseil Islamique que l’on connait désormais pour sa maîtrise de la langue bambara. « Mieux vaut n’avoir confiance en quelqu’un que de perdre sa confiance», dit-il. Perdre la confiance, revient tout simplement à dire, «être trahi». Et point de trahison sans accord préalable. L’accord, c’est la fameuse charte dont fait allusion le Guide spirituel.

Difficile donc d’accorder une fois de plus la même confiance surtout en ces heures d’incertitude et à quelqu’un n’ayant visiblement honoré ses premiers engagements. A croire, l’orateur, il s’agit bien de la fin d’une Idylle.

Et il nous revient, de sources bien introduites, que le Président du Haut Conseil Islamique est fortement soutenu dans sa nouvelle ligne de conduite par le Chérif de Nioro du Sahel lequel, on le sait, n’est plus en odeur de sainteté avec le châtelain de Sébénicoro.

L’Imam Dicko met également en garde contre un péril : le scénario somalien ! Et IBK aux yeux de l’orateur, n’est visiblement plus l’homme de la situation dans ce registre.

Il s’avère pour autant dans sa stratégique de conquête du pouvoir, que le président sortant a décidé d’obtenir à tout prix le suffrage des religieux. Ce qui expliquerait l’octroi de 150 hectares de terres au Guide d’Ançardine, Ousmane Chérif Haïdara. A se demander alors si la communauté musulmane malienne, ou du moins les leaders religieux parleront d’une même voix en 2018. Faut-il alors craindre le risque d’un conflit interne ?

En tout état de cause, la désormais forte contestation de sa candidature dans le cercle des religieux ne milite guère en sa faveur. Elle (la candidature) est susceptible de diviser davantage que de réunir ses compatriotes.

Batomah Sissoko