TENTATIVE D’ASSASSINAT DE MADOU KA JOURNAL 

La version de Papa Mambi Kéita et celles de Tidiane Maiga alias Tidio,  d’Alou Niangassouba dit Alouba et de Mo Bagayoko

 L’affaire dite de tentative d’assassinat du jeune chroniqueur Mamadou Kanté plus connu sous le nom « Madou Ka Journal »  a fait couler beaucoup de salive mais très peu d’encre, avec à la clé une sorte d’omerta de la presse privée de notre pays. Le vrai auteur a été  appréhendé puis libéré.  « Le Dénonciateur » et «  Le Sphinx » ont, au cours d’une enquête qui aura duré plus de deux mois et demi, recueilli les versions des protagonistes de cette sordide et lâche tentative d’assassinat : Papa Mambi Keita,  l’Epervier du Mandé en charge de l’enquête,  Mohamed  Bagayoko  dit « Mo » l’ami de Karim Keita, Tidiani Maiga dit Tidio, Alou Niangassouba,  tous deux présumés auteurs de cette tentative d’assassinat. Oumar Koureyssi et Békaye Diawara  dit « Salaud ». Tous ces quatre ont été appréhendés puis finalement libérés au grand étonnement de tous, par la police au lieu de la justice où le PV a été transmis et classé sans suite, sans aucune autre forme de procès.

La présomption a pris de l’échelle sur ces deux noms cités dans la tentative d’assassinat de Madou.  Mais aux dires de Tidiani Maiga dit Tidio, tout ce qu’on raconte ne semble pas vrai. Il revient sur le scénario qui l’a impliqué dans l’affaire jusqu’à l’amener devant les forces de sécurité à la BIJ : « Moi, je connais MO il y a longtemps,  à Quinzabougou.  J’ai été malheureusement mêlé à l’affaire par un concours de circonstance.  Mon ami  Alouba [NDLR lui aussi cité dans l’affaire] m’a appelé pour me dire de l’accompagner  faire ses achats d’or.  Arrivés  à l’Amandine, on a fait quelques  moments sans que le blanc -qui était de mèche avec Papa Mambi Kéita, (nous le saurons plus tard) ne vienne, après un long moment d’attente. Au moment où on discutait, des agents de  police sont venus nous interpeler. Alou voulait même réagir,  mais je lui ai demandé de se calmer. Ils nous ont ensuite amenés à la Brigade d’Investigation Judiciaire (BIJ). Dès que Papa Mambi m’a vu, il a dit  c’est lui TIDIO et il a commencé à me poser  la question suivante : tu ne connais pas Madou ka journal ? Moi j’ai dit non et Papa m’a dit ceci non Tidio ne dit pas cela. Il faut dire la vérité,   confie- toi à moi je ne te recherche pas mais ceux qui t’ont poussé à le faire. Si tu me dis leur non, tu vas en prison et je t’en sortirai….  il a juré sur sa mère. Et il a poursuivi en me disant qu’il sait que c’est  Haidara  et Joe Walaki qui m’ont chargé de tirer sur Madou. Je lui ai dit de bien se renseigner,  car je n’ai jamais vu Haidara de mes yeux et  j’ai des différends avec ce Joe Walaki  dont tu parles.  Comment peut-il me payer pour commettre  cet acte. Je n’ai jamais tué mais Papa Mambi ne m’a pas cru et  ils m’ont demandé à aller chez moi pour fouiller ma notre maison arguant que j’ai des armes cachées chez moi.  Ils ont appelé la brigade anti criminalité  (BAC). J’ai été accompagné d’une manière qui n’est pas même digne d’un  terroriste.  Ils ont tout fouillé en vain  même la chambre de ma mère, celle de mon père et celle de mon frère.  Ils ont déchiré tous mes fauteuils,  ils n’ont rien vu.  Ils m’ont humilié aux yeux du monde. Ensuite, Papa  Mambi m’a dit que le lundi 24 je suis  allé à Boulkassoumbougou ?  Oui, lui ai-je répondu.  Chaque lundi,  je vais là-bas au Tribunal et en plein jour pas la nuit. Il n’y a rien entre Madou et moi.  Rien ne me lie. Je ne sais même pas s’il est de peau  blanche ou noire, je n’ai pas son numéro. Si je l’avais, ils l’auraient su car ils ont pris tous mes téléphones,  ils pouvaient donc voir mes appels. Quant à Mo,  rien ne me lie à ce dernier  on a jamais parlé ne serait-ce qu’un seul mot dans cette affaire » nous a confié Tidio,  l’un des présumés auteurs de l’attaque de Madou.

Même son de cloche chez son ami et compagnon Alou Niangassouba dit (Alouba) lui aussi cité dans l’affaire. Alouba se dit gardien et atteste connaitre bien Papa Mambi ; qu’il est même le gardien de son chantier à Moussablen tou.  Lui aussi témoigne dans cette affaire : «  Mo est une connaissance, il est très gentil avec les « djassa » [NDLR : Gros bras] ;  il leur donne de bon conseils et les aide à toucher leurs  salaires dans le cas où leur patron refuse de les payer. J’ai jamais vu Madou de mes yeux,  j’ai entendu son nom quand il a eu ce problème.  Nous nous avons été mêlés à cette affaire.  Je peux même dire que mon ami  Tidiani a été impliqué  à cause de moi.  comme il vous l’a dit tout de suite,  c’est moi qui lui ai demandé de m’accompagner à Amaldine car un blanc m’a appelé en me faisant  croire qu’il a besoin de sécurité pour aller payer de l’or à Sadiola ou je ne sais où.  Et c’est là à l’Amaldine où  les policiers nous ont interpelés. Arrivés à la BIJ, ils nous ont montré une  liste de supposés auteurs et ils nous ont dit que tous ceux-ci qui  vont être arrêtés. Moi,  je n’ai jamais vu Karim Kéita en face. On n’a eu à traiter aucune affaire ensemble »

Quant à Mohamed Bagayogo alias Mo,  directeur d’une société  de sécurité et de gardiennage, Karim Kéita est pour lui un ami d’enfance avec lequel il a grandi. Ses liens avec Papa Mambi et Madou Ka Journal ?  Mo ne nie pas les connaitre.  « Je connais Papa Mambi,  il n’y a aucun problème entre lui et moi. Oui effectivement, je connais aussi Madou ka journal,  on a eu à échanger deux ou trois fois de ses chroniques sur internet mais c’est seulement des rapports petit frère-grand frère.  Je lui donne des conseils. Mais  il n’y a eu de trahison entre nous. D’abord pour qu’il y ait trahison,  il faut qu’il y ait une entente,  il n’y a jamais eu d’entente entre Madou et moi donc, il ne peut pas y avoir de trahison. Moi,  je n’ai jamais demandé  à Madou de dire quoique ce soit sur qui que ce soit. La seule chose que je lui ai dite,  c’est de travailler avec la vérité. Mais,  mon nom est arrivé dans l’histoire des gros bras parce que, moi je suis vice-président de la fédération de l’association des bras de fer sportif,  ce qui fait que je suis en relation à Bamako avec les gros bras par rapport aux bras de fer. Pour la preuve, le jour de mon départ le 20 Juillet,  il y avait un tournoi au Stade Omnisports et juste après mon discours,  j’ai pris mon vol pour la France qui était programmé depuis le mois de juin avec ma famille. Et c’est pendant  mes vacances à Paris qu’un ami m’a informé de l’attaque de Madou et le lendemain j’ai échangé avec lui. Il m’a dit qu’il y a du mieux et après je suis allé à Montréal. Dans cette affaire,  je n’ai jamais été convoqué ou interpellé par qui que ce soit. Ni par les forces de sécurité ni par la justice. Madou ne connait pas Karim .Ils n’ont aucun lien du tout ;  il ne le connaît même pas. Karim ne s’est pas prononcé parce qu’il se dit peut être que tout ce qui se dit est faux. »

 

 Papa Mambi livre sa version

« On a eu a tiré sur Madou Kanté dans la nuit du 24 au 25 juillet 2017 .Suite à l’attaque de Madou Kanté dit Madou Ka journal dont l’affaire était dans la main du 12eme arrondissement, territorialement compètent a été saisi. Mais vu l’ampleur de la situation à son temps, une commission d’enquête a été mise en place. Elle était chargée d’envoyer toutes les procédures à la commune I où le forfait a été commis. C’était une commission composée de 11 unités de police dont la BJI.  C’est là que les enquêtes ont commencé et plusieurs éléments ont été cités dans l’affaire dont Mo Bagayoko, Tidiani Maiga alias Tidio, Alou Ba et autres.

Quand les enquêtes ont commencé,  il y avait beaucoup des témoignages qui ont déclaré qu’ils ont vu un délinquant notoire en train de roder sur le lieu au moment de l’attaque de Madou et après, un délinquant du nom Tidiani Maiga dit Tidio a été  aperçu sur le lieu. Effectivement après les enquêtes et nos recherches que nous avons pu mener,  j’ai  trouvé le numéro de Mo,  Tidio est quelqu’un  que je  connaissais depuis longtemps, il était impliqué dans beaucoup l’affaire de  Bassidiki où il a écopé dix ans de prison. Puis après il a écopé de cinq autres années de prison. C’est un multi-réserviste. Quand j’ai eu le numéro pour faire une réquisition  suite à des recherches, nous avons mis la main sur  Tidio  qui était en compagnie d’un  autre délinquant du nom Alou Ba, quelqu’un que je  connais  très bien parce que son papa a fréquenté la même classe  avec son grand frère.  C’est cet Alou Ba qui m’a dit : « Grand frère je n’ai rien à te cacher,  je vais te  dire la vérité. Il parait que c’est  Mo Bagayoko qui a donné l’argent aux bandits pour tirer sur  Madou Ka journal au  motif qu’il  lui a donné une voiture et l’argent à  afin qu’il arrête de critiquer le pouvoir. Alors que Madou ne travaille pas seul et il est a Ouverture Media de Youssouf Mangara et Cheick Tidiani Traoré dit Bouba. Madou a dit à ces deux-là que c’est Roi douze-douze  qui lui a donné cette voituré. Quand ils ont demandé à Roi  douze-douze,   ce dernier a démenti » Sur place,  en présence de la commission d’enquête  j’ai  appelé  Madou en lui demandant s’il connait Mo Bagayoko qui a été cité dans l’affaire ? Madou m’a affirmé qu’il ne connait pas Mo. Cinq minutes plus tard,  Mo m’a appelé pour me demander dans  quelle affaire son nom est cité ?  Je lui ai dit dans la tentative d’assassinat de Madou. Il m’a répondu : «  Je n’ai rien à reprocher à Madou car je lui ai donné huit (8) millions et une Toyota Avensis.  je pourrais être encore contre lui » 

Um peu  plus tard, j’ai redemandé à Madou qui a finalement avoué qu’il connait bien Mo et avoir pris de l’argent et la voiture avec lui. En tant que fonctionnaire de l’Etat,  nous sommes au service de tous les régimes. J’ai donc dit à ma hiérarchie d’essayer de gérer cette affaire autrement. Malgré tout, ils m’ont demandé de garder Youssouf Mangara et Bouba. De vérifier  si ces derniers n’ont pas commandité l’assassinat pour montrer leur mécontentement du fait que Madou ait bénéficié d’une voiture. Les pressions se sont multipliées. Ma hiérarchie m’a donné instruction d’enfermer ces deux jeunes ? Ce n’était pas mon avis. J’ai demandé une rencontre avec mon chef dans le bureau. Entretemps,  Youssouf Mangara a téléphoné à certains membres de la plateforme  en leur donnant le nom de l’auteur de tentative d’assassinat. Une fois libérés, ils ont fait une vidéo dans laquelle ils ont dit : « Même Papa Mambi est de notre côté  » ?   C’est de là que tout mon malheur a commencé. Les services de renseignement m’ont appelé pour me dire que le  président de la République a dit : « Comment  Papa Mambi  peut me faire une chose pareille. Suite de toutes ces interactions Mangara et ses collaborateurs ont fait une émission pour rectifier le tir. Vu tout ça,  j’ai dit à Youssouf qu’ils m’ont mis dans un problème et c’est à partir de ce moment que  j’ai décidé de démissionner. D’aucuns lient ma décision de démissionner au concours, alors j’avais la confirmation de la commission de correction et autre  de mon passage au concours.  Mais à la proclamation des résultats,  mon nom ne figurait pas. Ma démission n’a pas été acceptée,  mais ils sont en train de dire que si je ne rentre pas avant l’expiration de la date de ma permission, ils vont considérer çà comme un abandon de poste et vont ensuite me traduire devant le  conseil de discipline. C’est ce que

J’attends. J’en ai marre. Depuis le temps d’Ami Kane, de Kanssaye et jusqu’ à présent, c’est  le même scénario. »

A suivre !

Tidiane Tangara  (LE DENONCIATEUR) et Adama Dramé