Carte d’identité biométrique Cedeao

Les dessous d’un torpillage programmé

 Depuis le début, nous nous sommes intéressés au marché de la Carte d’identité biométrique Cédéao que l’actuel Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maiga a fini par annuler en évoquant de prétextes fallacieux sortis de la manche d’un de ses conseillers occultes, expert-comptable en ses heures perdues. Plus nous avançons, plus nous découvrons les manœuvres faites pour que Cissé Technologies n’ait jamais le marché.

« Le Sphinx» a pu mettre la patte sur un mail d’un  cadre de Zetes,  J.C  à un responsable de Graphique industrie, C.M  auquel il devait s’associer pour l’appel d’offres ouvert pour la fourniture de la carte d’identité biométrique.

Le principal fournisseur en carte d’identité nationale depuis plus d’une trentaine d’années, avait sans doute des informations sur ledit DAO puisqu’après une conversation  téléphonique, J.C écrit, le 15/07/ 2016 : « Suite à notre conversation téléphonique d’hier soir et mes échanges avec J.C ce matin, permettez-moi de bien vous re-clarifier ce qui suit. Etant donné tous les éléments déjà avancés, il n’est pas possible pour Graphique et son sous-traitant technique, Zetes, de faire une offre sur le DAO en question. Par contre, nous pouvons remettre une manifestation d’intérêt avec une lettre d’introduction expliquant qu’on ne répond pas au DAO mais qu’on veut leur expliquer pourquoi Graphique/Zetes serait un bon prestataire pour faire le travail. A travers cette manifestation d’intérêt, on essaie juste de se mettre dans la boucle pour que Graphique puisse tenter de faire annuler la procédure tout de suite après  (Ndlr : C’est nous qui soulignons). Il s’agira bien d’un document 100% non conforme avec le DAO, pas d’échantillons, pas de proposition de solution, pas d’offre financière, pas d’accord signé entre Graphique et Zetes, etc. Il s’agira uniquement de pouvoir  dire que Graphique s’est mis  dans la procédure et a donc le « droit » de la faire annuler immédiatement après. Puisqu’il ne s’agit pas d’un  « vrai » dossier que nous mettons, je ne suis pas convaincu que Graphique doive demander cette caution. Néanmoins, il faut aussi tenir compte du fait qu’il y aura une séance d’ouverture après la remise des dossiers ? Durant cette séance, en présence des représentants de tous les candidats, la présence des pièces exigées sera vérifiée, en public, et tout le monde pourra voir que Graphique/Zetes n’a pas remis une offre mais juste une manifestation d’intérêt. Qu’il n’y a pas d’offre financière, pas de solution technique, pas d’échantillon, pas d’accord signé entre Graphique et Zetes, pas de caution de Graphique, etc. ». Voilà in extenso, le contenu du fameux mail.

Et pourtant le 16 février 2017, c’est  Graphique  Industrie qui adresse la lettre N/Réf : 008/GI-sa/AT/01-16  au ministre de l’Economie et des Finances pour demander : « La prise en compte de sa soumission à l’Appel d’offre N° 18/MSPC-DFM-2016 relatif à la fourniture de cartes nationales d’identité biométrique sécurisée Cedeao couplée à l’assurance maladie personnalisée et l’exploitation de services associés pour le compte du Ministère de la Sécurité et de la protection civile » et rappeler que le 21 juillet 2016 soit 4 jours seulement après ledit mail, elle a soumissionné au DAO et  fait, au titre des prix, une offre qui défie toute concurrence à savoir 9 438 573 300 FCFA  pour 2 millions de cartes ;  soit 4 719 286 690 FCFA l’an; ce qui fait un prix unitaire de 4 500FCFA hors taxe  par carte biométrique. Tout en rappelant que dans la sous-région, le prix le moins disant est celui pratiqué au Sénégal : il est de 5 000 FCFA. Que son offre de 4 500 FCFA l’unité pour le même service  pourvu des mêmes normes de sécurité et de qualité est nettement plus économique pour le budget de la République du Mali ».

Mais seulement, toute cette belle littérature a été écrite après l’élimination  de Graphique qui, en réalité,  n’a même pas  les capacités techniques d’exécuter le marché. Voilà la vérité. Or, après son élimination d’un marché, le soumissionnaire ne peut qu’attaquer ledit marché que devant l’Autorité de régulation des Marchés publics ou devant la Section administrative de la Cour Suprême.

Somme toute, Graphique est dans son rôle mais ce qui est inquiétant, c’est qu’elle ait pu obtenir gain de cause au terme d’un banditisme juridique de l’Etat lui-même qui a, non seulement, en violation du Code des marchés publics,  demandé la révision du prix de la carte après adjudication à Cissé Technologie-qui a finalement accepté le prix de 6 000 FCFA proposé par lui, - mais a finalement annulé ledit marché par le biais du Premier ministre. Une annulation dont seule la Cour Suprême a la prérogative.

Cissé Technologie va bientôt déposer une plainte devant les juridictions françaises contre l’Etat malien mais surtout va ester, au pénal, cette fois-ci,  l’auteur de cette forfaiture : le Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maiga, soi-même.

Comme quoi le feuilleton des cartes d’identité biométriques Cedeao, version malienne,  est loin d’être terminé.

N.S