ENQUETE EXCLUSIVE SUR LA CRISE DU FOOTBALL
Les preuves des craques du ministre Poulo sur la Fédération malienne de football


 
















Comme à son habitude, Le Sphinx a pris le soin de mener des enquêtes approfondies sur la crise du football pour mieux situer la vérité. En définitive, les faits sur lesquels nous sommes tombés sont suffisamment graves pour le ministre des Sports, Housseini Amion Guindo alias Poulo. Lequel a manipulé les autorités publiques du pays, y compris le président de la République, par des mensonges qui cachent mal son désir de mettre la main sur l’argent de la Fédération malienne de football. Au point où en sont les choses, Poulo ne mérite plus de figurer au sein d’un gouvernement au Mali et sous d’autres cieux où on est moins complaisant, il se serait retrouvé au box des accusés d’un tribunal. Pourquoi pas lui comme premier client de la haute cour de justice ! Les preuves de ses salades qui ne sont pas de la saison !

 Si le ministre des Sports, Housseini Amion Guindo alias Poulo, avait fait preuve de lucidité dès le départ, on n’en serait pas arrivé à ce stade de la suspension de la Fédération malienne de football par la Fifa, avec comme conséquences : l’isolement total du football malien. Un embargo total et honteux qui engage la responsabilité pleine et entière des membres du gouvernement qui assument les bêtises d’un des leurs tout en le laissant persister dans son erreur. 

Les réactions de salons feutrés et les déclarations faites aux militants en dehors du gouvernement n’y feront rien : l’histoire retiendra que c’est sous IBK que le football malien, respectable et respecté dans le monde entier, a été détruit par «une décision gouvernementale» comme l’a déclaré le ministre Poulo. Il n’a jamais été démenti. Au contraire, on semble confirmer cette position car c’est le chef de Cabinet de la Première dame, un certain Sidi Diallo, reconnu il y a peu au Parena,  qui se voit projeté au-devant de l’actualité pour présider un fantomatique comité provisoire, sans issue, en référence aux statuts de la Fifa qui ne le reconnaît pas.

Des cas de jurisprudence, il en existe tout un fatras et la Fifa n’a jamais reculé. Si Poulo tente de faire croire le contraire à IBK, c’est pour le bluffer et enfoncer le football malien dans un gouffre car des pays plus puissants que le Mali, comme la France, n’ont jamais pu influencer la décision de la Fifa où on rumine encore les déclarations provocatrices de Poulo, du genre : «Le Mali est un pays souverain». Comme si tous les autres pays  qui ont les fédérations affiliées à la Fifa et se plient donc aux dispositions statutaires de la Fifa ne possèdent un brin de souveraineté.  

C’est pourquoi, depuis ce bras de fer engagé avec la Fifa, de partout dans le monde, l’on se demande s’il y a encore au Mali une autorité en mesure d’arrêter les folies du ministre Poulo car c’est de cela qu’il s’agit. Jugez-en.

Depuis un certain temps, on est en train de diaboliser le président de la Fémafoot, en le présentant au niveau des chefs religieux et autres responsables de la société civile comme celui qui brave l’Etat. C’est pour s’attirer les soutiens de ces personnes certes influentes, mais sans jamais cautionner l’injustice, la calomnie et le mensonge. Et ce sont les arguments-phares des adversaires de Boubacar Baba Diarra.

En effet, dans le cadre de nos enquêtes, il nous revient que le président de la Fédération malienne de football, par lettre n°507/2015-2016/FEMAFOOT du 11 mars 2016, avait saisi le Premier ministre pour demander une confrontation avec le ministre des Sports suite à de graves accusations de ce dernier. On nous signale que dans cette correspondance, le président e la Fédération malienne de football précisait que «les 38 années passées au service de la puissance publique nous ont enseigné que les affaires publiques ne doivent pas être réglées par voie de presse et surtout lorsqu’il existe des rapports de subordination ou à tout le moins de collaboration entre les protagonistes. Une autre leçon apprise est que le serviteur de l’Etat dans la sphère la plus élevée de l’administration a une obligation de vérité en toute circonstance pour éviter à l’Etat de prendre des décisions erronées aux conséquences regrettables».

Peut-on, au vu de ces propos, affubler l’Inspecteur général de Police Boubacar Baba Diarra de qualificatifs du genre : «Ne veut pas se plier aux injonctions de l’Etat» ; «Déclare une guerre à l’Etat», etc. En tout cas, ces propos-là, sont très loin de ceux que tient le ministre Poulo au point que partout dans le monde, les gens se demandent s’il jouissait de toutes ses facultés mentales au moment de certaines déclarations. En d’autres termes, n’avait-il pas perdu sa lucidité au moment de faire ses sorties ravageuses et qui engagent tout le gouvernement du Mali ?

Retenons que, selon nos investigations, cette lettre adressée au Premier ministre par le Comité exécutif de la Fémafoot, agissant à travers son président, c’était pour mettre fin aux déclarations mensongères répétitives que débitait Poulo à plusieurs occasions. Déclarations mensongères reprises par une certaine presse.

Par exemple, lorsque le ministre des Sports rencontrait les délégués des 12 clubs de première division de football du Mali, il affirmait, péremptoire, avoir donné à la Fémafoot 17 millions de francs CFA pour l’achat d’équipements sportifs et qu’en retour il n’a vu aucun équipement et encore moins l’argent lui être reversé.

A ce niveau, la confrontation entre le président de la Fémafoot et le Ministre devant le chef du gouvernement aurait réglé le problème et c’était même l’occasion pour le Ministre, s’il disait vrai, d’obtenir devant le Premier ministre l’engagement de la démission de Boubacar Baba Diarra. Mais curieusement, cette confrontation n’a jamais eu lieu parce que non voulue par le Ministre.

Par ailleurs, au cours de la même rencontre avec les clubs de première division, Poulo affirmait détenir l’enregistrement d’un débat à la télévision du Sénégal sur la répartition de trois milliards de FCFA perçus par ce pays auprès de la Fifa pour la participation de son équipe au mondial U-20 joué en Nouvelle Zélande. Plus grave, Poulo affirmait disposer de numéros de chèques et les montants des sommes versées sur un compte spécial de la Fédération malienne de football.

Cette même thèse, Poulo la défendra devant les députés lors d’une interpellation à l’Assemblée nationale par le député Yaya Sangaré, en enfonçant le clou pour accuser le président de la Fémafoot de détourner les retombées financières de la CAN U-17 Niger 2015.

A la suite de cette sortie publique, le directeur national des Sports de faire le point sur tous les avoirs reçus de la Fifa et de la CAF. La Fédération malienne de football a répondu promptement à cette requête, mais avant cela même, la lettre du directeur national des Sports a été intégralement publiée dans la presse, comme pour prouver tout ceci concourt à soutenir une cabale montée contre le président de la Fédération malienne de football et qui a besoin, pour réussir, d’une campagne d’intoxication de l’opinion nationale.

Il faut retenir que c’est après cette déclaration mensongère sur la Fédération sénégalaise de football pour accuser la Fémafoot de détournement, qu’une mission a été envoyée par le ministère des Sports  à Dakar, auprès de la Fédération sénégalaise de football (Fsf), pour s’enquérir des fonds reçus auprès de la Fifa pour la participation de l’équipe nationale du Sénégal à la phase finale du mondial U-20 en Nouvelle Zélande.

Nos lecteurs retiendront que c’est bien cela la méthode Poulo : on accuse si gravement et sans preuve le responsable du football national, jusque devant les députés, pour aller ensuite chercher des preuves de ses déclarations. Les élus de la Nation apprécieront à sa juste valeur, le grand respect que le Ministre Poulo manifeste à leur égard.

En outre, le chef de Cabinet du ministre des Sports, au retour de Kigali, a animé une conférence de presse, au cours de laquelle, il a affirmé que l’argent en provenance de la Fifa et de la CAF était mal géré par le Comité exécutif de la Fémafoot. Pour lui, cet argent devrait être réparti entre les joueurs et le reliquat versé au Trésor public à l’instar de ce qui pratique dans les fédérations voisines. Qui parle se découvre dit-on souvent. En effet, la préoccupation essentielle du Ministère est enfin lâchée : il lui faut sa part de ce pactole du football !

Le plus grave mensonge qu’un ministre puisse débiter sans aucune preuve, c’est lorsqu’il raconte que la Fifa aurait versé de l’argent à la Fémafoot représentant les retombées de la participation du Mali aux compétitions U20 et U17. En effet, la Fifa a voulu mettre fin à ce débat en précisant, dans une correspondance adressée à la Fémafoot en date du 07 mars 2016, que «contrairement à la Coupe du Monde des séniors, les fédérations participant aux coupes du Monde des U20 et U17 ne reçoivent pas de retombées financières pour ces compétitions. Néanmoins, la Fifa prend en charge les frais de transports et hébergement des équipes qualifiées. Par conséquent, le Mali comme toutes les autres fédérations, n’a pas reçu de retombées financières pour ces compétitions». Venant de la Fifa, démenti ne peut être plus cinglant et le Premier ministre, selon nos investigations, est bien au courant de ce démenti de la Fifa qui prouve bien que Poulo délire.

Une vérification au niveau des fédérations voisines a prouvé que toutes ces déclarations qui les engagent à leur insu ne sont que des mensonges de la part de Poulo. En effet, il nous revient que les fédérations de la Mauritanie, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de la Gambie et celle du Burkina Faso ont démenti toutes les déclarations du ministre Poulo, et par écrit. Estimons-nous d’ailleurs heureux que lesdites fédérations n’aient pas porté plainte contre le ministre Poulo pour avoir menti sur elles. Mais l’image du Mali est malgré tout malmenée.

En effet, pour mettre à nu les affabulations du ministre Housseini Amion Guindo, le président de la Fédération sénégalaise de football, dans une correspondance adressée à la Fémafoot en date du 27 février 2016 écrit : «Je voudrais porter à votre aimable attention que les recettes des droits TV générées par la participation de notre Equipe Nationale A sont entièrement utilisées par notre association dans le cadre de son fonctionnement ; l’exécution de son programme de développement du football local dans tous ses aspects (compétitions, infrastructures, programmes de formation, etc.) ; la prise en charge partielle de la préparation et de la participation aux joutes internationales de nos équipes de jeunes et féminines ». Conclusion: Poulo a menti sur la Fédération sénégalaise de football.

La Fédération mauritanienne de football, non seulement abonde dans le même que la fédération sœur du Sénégal dans sa correspondance n°0045/SG du 23 février 2016, mais elle ajoute même que «leurs équipes nationales sont entièrement prises en charge par l’Etat». Cette précision plante des banderilles sur le dos de Poulo qui vient de prendre une leçon: une prise en charge entière des équipes nationales par le département des Sports chez le voisin mauritanien. Qu’en pense notre ministre des Sports !

Le directeur exécutif adjoint de la Fédération ivoirienne de football, de son côté, précise dans une correspondance n°0694/FIF/DEXA-ZBC/NC-16 du 08 mars 2016 que «les subventions reçues de la CAF et de la FIFA sont versées directement dans le compte de la Fédération ivoirienne de football (FIF). Il en est de même des droits télévisuels générés par la participation de nos sélections nationales ». Voilà qui est très clair !

Le secrétaire général de la Fédération burkinabé de football de confirmer, dans une correspondance n°2016-0152/FBF/SG du 23 février 2016, que « les fonds en question (ndlr : fonds versés par la Fifa) sont destinés aux associations nationales. Pour ce qui nous concerne, cet argent est resté à la Fédération pour le développement du football national».

Poulo doit avoir vraiment honte car même la Fédération de football de la Gambie, pays sur lequel régnait le dictateur Yahya Jammeh d’une main de fer, n’a pas subi cette pression à cause de son argent. En effet, dans une correspondance n° GFF/CIF/29/PI/ (GS-33) en date du 07 mars 2016, le secrétaire général de la Fédération gambienne de football, Abass Bah, précise que «les fonds Fifa sont directement payés à la Fédération gambienne de football dans un compte spécial ouvert à cet effet en conformité des directives de la Fifa. Aussi, nous vous informons qu’aucun fonds n’est payé au gouvernement gambien. Tous les fonds sont payés à la Fédération qui les gère et fournit les rapports à la Fifa».

Toutes ces informations, selon nos investigations, se trouvent au niveau du gouvernement. En plus, suite à la dénonciation calomnieuse des frondeurs devant le Pôle économique, Boubacar Baba Diarra s’est plié au jeu pour faciliter les investigations de ce service, alors qu’il pouvait opposer au Pôle économique les arguments de la Fifa qui rejettent cette démarche. Cette dénonciation relayée en son temps par la presse  n’a été qu’un coup d’épée dans l’eau.

Au vu de tout cela, qu’est-ce qui s’est alors passé pour que Poulo parvienne à entrainer les autorités du pays dans la prise de décisions qui projettent le football national dans l’abîme ?

En réalité, le ministre des Sports est descendu de son piédestal de membre du gouvernement pour se transformer en thuriféraire des frondeurs de la Fédération malienne de football qui, dès l’élection de Boubacar Baba Diarra, ne cherchaient qu’une seule chose : écourter son mandat pour prendre sa place.

La preuve, deux membres de cette équipe frondeuse se retrouvent dans le comité provisoire et leur porte-parole, Yéli Sissoko, est dans la délégation officielle envoyée par Poulo en Lausanne (Suisse) pour déposer un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) contre la suspension de la fédération malienne de football par la Fifa. Là aussi, on se demande comment un comité provisoire non reconnu par la Fifa peut-il faire un recours contre la suspension d’un membre reconnu de la Fifa qu’est la Fédération malienne de football.

Pour des motifs plus évidents ayant causé la suspension de fédérations nationales de football dans des pays plus puissants et plus influents que le Mali, la Fifa n’est jamais revenue sur sa décision,  par respect à ses textes. En effet, la Fifa sait qu’il suffit d’ouvrir la boîte de Pandore, en faisant preuve de complaisance dans l’application des statuts, pour se retrouver submergée par énormément de cas à gérer car dans presque tous les pays africains, les gouvernements lorgnent la caisse de la fédération nationale de football.

Doit-on mettre en péril les intérêts de toute une nation pour satisfaire le désidérata d’un groupuscule car c’est aussi de cela qu’il est question. En effet, avec toutes les informations détenues par le gouvernement, non seulement Poulo devait être défenestré depuis longtemps du département des Sports, mais on ne devait toucher à une seule chaise de la Fédération malienne de football, surtout que la Fifa avait déjà lancé un avertissement.

Mais on choisit de provoquer la Fifa, de la narguer, la vilipender car après la dissolution illégale du Comité exécutif de la Fémafoot, on a fait main-basse sur les comptes de la Fémafoot où doit se trouver l’argent de la Fifa destiné à la Fémafoot, après avoir récupéré le siège construit par la Fifa. Et tout cela en toute illégalité !

Mais puisque Poulo se sent fort du soutien de la Première Dame du Mali, on verra bien jusqu’où cette affaire va nous mener. En effet, le bruit courait depuis longtemps que la Première dame soutenait les frondeurs dont Poulo ne fait que répéter les arguments et accusations contre le président de la Fémafoot sans même les vérifier. En son temps, l’entourage de la Première s’époumonait à démentir son éventuelle implication. D’accord ! Mais c’est son chef de Cabinet, Sidy Diallo, qui devient président du comité provisoire mis en place par Poulo pour remplacer l’équipe de Boubacar Baba Diarra. Et des frondeurs se retrouvent dans le groupe de Sidy Diallo. Que faut-il croire alors !

 

KD et AD

 .