FEMAFOOT


Le retour du général Boubacar Baba Diarra aux affaires consacre l’échec du coup d’état orchestré par le ministre des Sports

Le coup d’état perpétré contre la Fédération malienne de football en dissolvant son Comité exécutif, remplacé par un Comité provisoire pour gérer le football au Mali sur décisions ministérielles N° 2017-0011, et 2017-0012 a échoué. Le ministre des Sports est revenu sur ses décisions, le Général Boubacar Baba Diarra et son équipe sont aussi revenus aux affaires et la Fifa a levé la suspension qui frappait notre sport-roi.

Du 8 mars au 28 avril 2017, le football malien a connu la page la plus sombre de son histoire. En effet, c’est pendant cette période que le ministre des Sports du Mali, Housseini Amion Guindo, a pris la décision de retirer la délégation de pouvoir à la Fédération malienne de football et dissoudre son Comité exécutif. Par la même décision, il a mis en place un Comité provisoire chargé d’organiser, de gérer, notre sport roi jusqu’à l’élection d’un nouveau bureau fédéral.

Au lendemain de cette prise de décision de dissolution du Comité exécutif de la Fédération malienne de football, le ministre Guindo a déclaré dans les colonnes d’un journal: «Boubacar Baba Diarra et son équipe ne reviendront plus jamais aux affaires. Nous allons attaquer une éventuelle suspension du Mali par la Fifa devant le Tribunal arbitral de sport (TAS)».  Mais, c’était sans compter avec l’intransigeance de l’instance suprême du football mondial, la Fifa.

En effet, le bureau du conseil de la Fifa, mis au courant des décisions du ministre des Sports, décidait dans ces circonstances de suspendre la Fémafoot avec effet immédiat, à compter du vendredi 17 mars 2017. Par conséquent, la Fémafoot perdait tous les droits de membre conformément à l’article 13 des statuts de la Fifa et avait tenu à préciser que la levée de la suspension était conditionnée à l’annulation des décisions controversées du ministre Poulo et la réinstallation du Comité  exécutif de la Fémafoot présidé par Boubacar Baba Diarra.

Des conséquences incalculables sur le football malien

Aucune des équipes représentatives et aucun des clubs maliens affiliés à la Fémafoot n’étaient plus en droit de prendre part aux compétitions internationales et aucun joueur malien aussi ne pouvait signer un contrat professionnel car tous les contrats professionnels doivent être munis d’un Certificat international de transfert (CIT) que seule la Fédération est habilitée à  délivrer.

Le Bureau fédéral avait sollicité et obtenu auprès de la Fifa l’électrification et le gazonnage des stades de Tombouctou, Gao et Kidal, à hauteur de 1,2 millions de dollars. Si le stade de Tombouctou a été électrifié et gazonné, celui de Gao a connu un coup dur car avec la décision de la Fifa de suspendre le Mali, les travaux de réfection du stade de Gao qui avaient atteint de taux de réalisation de 95% (c’est-à-dire à moins de deux semaines de la fin des travaux) venaient d’être interrompus. Et l’entreprise hollandaise chargée de la main d’œuvre s’était désengagée et avait plié bagages. Et le stade de Kidal n’allait plus se réaliser.

Rappelons que deux de nos clubs, à savoir le Djoliba et les Onze créateurs, ont aussi payé cash par leur éviction à la compétition de la coupe CAF alors qu’ils avaient tous les deux remporté leur match aller à domicile. Tous nos arbitres internationaux avaient été renvoyés à la maison.

Notre équipe nationale de catégorie des cadets était en passe d’être disqualifiée de sa participation à la phase finale de la CAN Gabon 2017 alors que nos cadets sont champions d’Afrique en titre.  

 On n’en pouvait plus ! Cette situation était très gênante pour le peuple du football malien. Le premier Ministre Abdoulaye Idrissa Maïga a pris les choses en mains et a retiré le dossier au ministre des Sports  pour le remettre à deux autres  plus compétents, à savoir Abdoul Karim Konaté du Commerce, porte-parole du gouvernement et Amadou Koïta de la Jeunesse et de la Construction citoyenne. Avec trois jours de médiation, les deux ministres ont réussi à décrocher la paix des braves et permettre au football de reprendre ses droits. La crise ou tentative de coup d’état était dès lors terminée.

 Les décisions du ministre Poulo ont été annulées par lui-même, contraint de se dédire et le Comité exécutif de la Fémafoot, avec à sa tête l’Inspecteur Général de police Boubacar Baba Diarra, a été réinstallé. La suite, logique : la Fifa lève la mesure de suspension du football malien pour ingérence politique. 

Alors, la question que l’on se pose est de savoir si le 8 mars 2017, le jour où le ministre Poulo prenait la décision de dissoudre le Comité exécutif de la Fédération malienne de football, y avait-il réellement crise dans le football malien ? Aucune car en ce moment, le championnat national de football se disputait normalement et sa 7e journée était même programmée. En réalité, c’était tout simplement une tentative de dégager le bureau de la Fémafoot par un coup d’état.

Dans tous les cas, il faut tout simplement respecter les textes de la Fifa quand on veut jouer au ballon rond. Cette leçon, les autorités publiques du Mali l’ont bien apprise.

A.M.NIANG