ÉNIÈME ET FLAGRANT CAS D’INJUSTICE ET D’ABUS SOUS LE MALI D’IBK

Encore une goutte de trop !

Si les victimes du régime IBK ne se comptent plus du bout des dix doigts des deux mains, certains cas suscitent autant la révolte, le désespoir et invitent même à se demander si la malédiction n’y est pas pour quelque chose. Le cas de cette pauvre dame et de sa progéniture a, en tout cas, de quoi faire méditer et interpelle IBK au plus haut point.

L’affaire est relative aux logements administratifs ayant récemment fait objet de vente aux proches du même régime et au détriment des nécessiteux et légitimes prétendants.

Monsieur Seriba Bagayoko, époux de Madame Binta Siby y ont été brutalement expulsés en violation de la procédure et dans des conditions frisant la révolte. En désespoir de cause, le mari a été frappé par un accident vasco-cérébral (AVC) pendant que l’épouse et sa progéniture sont en ce moment contraintes de vivre à Samaya dans un lieu malsain et infesté de bestioles. 

La famille Seriba Bagayoko, a en effet été expulsée du logement N°256 sise au Quartier du Fleuve. Mais dans quelles conditions ? Elle occupait les lieux depuis maintenant plus de vingt (20 ans). Mais il a fallu quelques jours au régime IBK pour l’y déloger de la manière la plus inhumaine le 09 Novembre dernier.

Le logement N° 256 en question est situé Rue Poincaré (Quartier du Fleuve). Il a été attribué, disions-nous, depuis maintenant plus de 20 ans, à Sériba Bagayoko, Ingénieur Informaticien à l’ORTM. Il n’était pas seul dans le cas. D’autres fonctionnaires bénéficiaient du même type de logement au même endroit. C’est ici que la plupart des enfants de Sériba Bagayoko sont nés et y ont grandi. Ici, c’est leur vie !  Et puis après tout, ils n’ont nulle part où aller.

Et Dieu faisant bien les choses, l’Etat décida de vendre ses biens immobiliers en cet endroit suite à l’appel d’offre N° 002 MDEAFH-SG du 23 Janvier 2004.  Une aubaine pour la famille Bagayoko qui rassembla ses dernières ressources en vue de postuler à l’appel d’offre.

Aussi, Sériba Bagayoko adressa plusieurs lettres aux autorités administratives (le PM en 1997, le Ministre de l’Habitat en 1996, le secrétaire Général de l’UNTM, etc.) pour «appui soutien par rapport requête de cession adressée aux autorités compétentes concernant logement administratif N° 256».

Mais après avoir accompli les formalités de soumission, un communiqué du ministre en charge des domaines de l’Etat et des affaires foncières en date du 24 Mars 2004 annule la procédure de vente.

Certes, en 2004 IBK n’était pas encore président de la République mais celui de l’Assemblée nationale, mais la procédure de vente ne connut pas d’avancée à cette époque. C’est seulement en 2015 que l’affaire fut relancée suite à un communiqué du ministre relatif à la vente directe desdits logements à des commerçants lesquels n’ont même pas soumissionné à l’appel d’offre du 23 Janvier 2004.

Et fut adoptée à la date du 30 Novembre 2015, la décision N° 201-0129/MDEAF-SG portant abrogation des décisions d’affectation des bâtiments administratifs, notamment la décision N°230/MDEAFH-SG du 07 Août concernant l’affectation du bâtiment administratif N°256 sis au quartier du fleuve occupé par monsieur Sériba BAGAYOKO.

Et avant même qu’ait lieu la procédure de vente en question, un individu répondant au nom de Modibo Yara pointa son nez chez les occupants et les informa de son intention de payer la maison. Stupéfaction de la famille ! Et il y parvint malgré les mille et une démarches des occupants.

Sidéré, choqué, dégoutté et déçu, Sériba Bagayoko piqua une crise AVC. Il perdit une partie de l’usage de son corps et se trouve encore dans cet état maladif. C’est son épouse Binta Siby et se enfants qui se battent en ce moment en vue, non seulement de le soutenir, mais aussi, de trouver pour eux-mêmes un endroit plus accueillant.

Une procédure truffée de vices

 C’est l’opérateur Economique Modibo Yara qui s’est en personne présenté sur place pour annoncer son intention d’acheter la maison, bien avant la mise en vente. Et lorsque la famille reçut la notification de vente et l’ordre d’évacuation, Sériba Bagayoko piqua une crise qui faillit lui être fatale. La famille a été évacuée par force le 09 Novembre 2017, sous l’œil menaçant des dizaines d’éléments des forces de l’ordre. De l’ordre ? Hum ! 

Il s’avère que dans la procédure, toutes les assignations aux fins d’expulsions sont adressées à «Madame Binta Siby» et non à «Sériba Bagayoko» occupant officiel des lieux. En clair, le logement a été affecté à «Sériba Bagayoko» et non à son épouse Binta Siby. Mais sur tous les actes d’expulsions et autres documents introduits par le sieur Modibo Yara auprès des juridictions compétentes et des services administratifs, c’est le nom de Binta Siby qui est fait mention.

C’est encore Sériba Bagayoko et très fort logiquement, qui a introduit une requête auprès de la section administrative de la Cour suprême. Normal : c’est lui l’occupant officiel. Mais qu’y vient donc faire le nom de son épouse Binta Siby ? C’est le subterfuge ayant permis l’expulsion suivie de la démolition partielle des lieux. Et ce, nonobstant, les demandes de prorogations de la dame Binta Siby pourtant retenues comme arguments valables par le tribunal et au mépris de de la requête de Sériba Bagayoko au niveau de la Cour suprême.

La dame Binta Siby et ses enfants ne savent plus à quel Saint se vouer. Tous les cadres politiques et administratifs dont des défunts ont été saisis. En vain ! Elle chercha même à rencontrer le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta. Mais là, les portes lui firent fermées.

La dame Binta Siby et son foyer ont trouvé refuge dans une zone non lotie et en location à Samaya, parmi les bestioles et n’ont souvent même pas de quoi se rendre en ville en vue de poursuivre leurs démarches. De quoi désespérer du régime IBK. L’homme lui-même a-t-il conscience des réalités qui l’entourent ? Nous y reviendrons !   

Batomah Sissoko