VISITE DES KOUTIALAIS A IBK

 Une rencontre qui divise les habitants de la capitale du coton.

 Depuis le méga meeting organisé à Sikasso pour demander la candidature de l’ex Pdg de la Cmdt, avec ou sans l’Adema, Kalifa Sanogo, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est devenu une cible à abattre non seulement par des caciques du parti de l’Abeille, mais par le pouvoir qui n’entend pas laisser un seul candidat s’approprier de tout ce vivier électoral qu’est Sikasso. Depuis lors, voguent les manœuvres de toutes sortes et la dernière et plus flagrante c’est la mise en scène sur le podium théâtral de Koulouba avec de prétendues notabilités de Koutiala pour conter Kalifa, notamment en faisant croire que tout Koutiala est rangé derrière IBK.
Ce fut en tout cas un cérémonial bien agencé avec la bénédiction de cadres ressortissants de Koutiala dont un membre d’une famille fondatrice de Koutiala qui se trouve justement niché dans un des services présidentiels à Koulouba, appuyé en cela par le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (Apcam) Bakary Togola et le directeur d’un important service de sécurité du pays.

Mais depuis que cette rencontre a été diffusée sur les ondes de la télévision nationale, c’est l’effet inverse qui s’est produit à Koutiala où la cote de popularité du président de la République est des plus basses à l’heure actuelle consécutivement à la frustration des populations qui se sentent instrumentalisées par des gens présentés comme représentatifs, alors qu’ils ne le sont guère à Koutiala.

C’est le cas de celui qui a parlé au nom des chefs de village qui ne représente pas grand-chose à Koutiala et n’a pas eu non plus l’aval du vrai chef coutumier, Tiangué Coulibaly qui a dit ne pas participer à des choses comme cela.

Quant à celui qui a parlé au nom des griots, un certain Kouyaté du parti UDD de Tiéman Hubert Coulibaly, il habite dans la même rue que le secrétaire politique de l’Urd, Moumine Koné. Kouyaté était candidat aux communales passées au nom de l‘UDD dans la commune de Togosso où il n’a pas eu plus de 50 voix.

Celle qui a pris la parole au nom des femmes de Koutiala est membre de la section Rpm de Koutiala, elle aussi candidate aux dernières communales, plus précisément celles de novembre 2016. Elle a été battue à plate couture.

L’imam qui a pris au nom des chefs religieux est de la mosquée à laquelle IBK a donné 50 millions de francs CFA. Ce qui a même frustré les autres imams et on ose venir parler en leur nom sans leur aval. Evidemment, 50 millions, ce n’est pas mal pour motiver et comme le dit un adage : « Lorsque quelqu’un te prête des yeux, tu regardes où il veut ». 

Le jeune qui a parlé au nom de Koutiala, non plus, ne représente rien au sein de la jeunesse locale. Il travaille d’ailleurs à l’Assemblée nationale. On l’a tout juste choisi pour lui confier une mission qu’il est venu accomplir à Koulouba, notamment en racontant des sornettes du genre : si la jeunesse savait ce qu’il y avait réellement dans le projet de référendum, elle n’allait jamais s’opposer à sa tenue. Un travailleur de l’Assemblée nationale peut-il dire publiquement le contraire !

Quant au porte-parole des paysans, Bakary Togola, si le président IBK se rappelait de l’histoire récente du pays, il se méfierait de ses déclarations car tout le monde se rappelle qu’il disait en 2013 que « si ATT n’était pas né au Mali, comment on allait faire ? ». Le même Bakary Togola, avec Jeamille Bittar, n’ont-ils pas décoré publiquement le président ATT à travers une cérémonie grandiose en lui remettant une médaille d’une valeur de 50 millions de nos francs tout en sollicitant sa candidature à sa propre succession ? Dans tout cela, on sait ce qu’il est advenu de l’avenir politique du président ATT. Mais attention, nous ne voulons pas dire que lorsque Bakary parle ainsi seulement l’histoire se répète…

Mais le clou de cette rencontre, c’est lorsque le président IBK, requinqué à bloc par cette mise en scène certainement réalisée sur son dos, n’est pas parvenu à contenir son émotion et a fait une sortie malencontreuse en racontant que son grand-père a giflé le commandant de Koutiala et il n’y a rien eu.

En plus, depuis lors un débat est en train d’enfler : après son grand-père de Verdun au sujet duquel tout le monde attend le nom et prénoms pour l’enseigner aux générations futures, voilà qu’IBK évoque un autre grand-père,  Thiémoko Kéita qui aurait giflé le commandant toubab sans être inquiété le moins du monde.

 N.S