​​Révision constitutionnelle

Le double langage de Me Kassoum Tapo


 Interpellé par la horde du capitaine putschiste catapulté Général, Amadou Haya Sanogo, à son retour de la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou, où le Médiateur de la Cédéao, Blaise Compaoré, les avait appelés en négociation avec les putschistes,   Me Khassoum Tapo, très remonté, expliquait lors d’un meeting du Front du Refus (Fdr) que c’est pour avoir défendu la Constitution lors de ces négociations de Ouagadougou qu’il a été alpagué par Sanogo à son retour à Bamako. Aujourd’hui, cette constitution qu’il demandait au peuple de protéger, lui Me Tapo, cherche à l’enterrer.

Ce jour-là, c’est un Me Tapo grand défenseur de la Constitution de 1992 qui était-là en train de haranguer les foules, demandant au peuple de défendre sa constitution «écrite par le sang des martyrs »  selon lui.

C’est comme si, tout d’un coup, Me Tapo avait oublié ces propos et renié ses positions de principe en refusant que sa constitution soit violée. En effet, à Ouagadougou lors de ces négociations, refusant des propositions faites par les putschistes, il leur avait fait carrément comprendre qu’il n’appartenait pas à la Constitution de s’adapter à ce qui serait retenu à Ouagadougou, mais au contraire, tout ce qui devait être retenu devait se faire sur la base de la Constitution. Pourtant, aujourd’hui, il est de ceux qui défendent que la révision constitutionnelle est nécessaire pour l’adapter à l’Accord d’Alger.

Nous vous livrons quelques extraits du discours de Me Tapo grand défenseur de la Constitution de 1992, devant des milliers de Maliens qui se rappellent encore ce jour-là.

Me Khassoum Tapo s’exprimait ainsi lors d’un meeting du Front du Refus (Fdr) : « Jusqu’à présent, on ne nous a pas notifié les motifs de notre interprétation. Mais je devine la raison. C’est parce qu’on a dit tolérance zéro par rapport à l’Accord-cadre (ndlr : Accord-cadre de Ouagadougou) donc on ne tolère pas une interpellation de l’Accord-cadre. C’est parce qu’à Ouaga, avec  Tiéman Coulibaly, avec Hamidou Diabaté et avec d’autres, nous avons dit que l’Accord-cadre doit respecter d’abord notre constitution. Nous devinons que c’est le seul motif de notre interpellation. Eh bien, nous continuerons à dire notre constitution, rien que la constitution ! Parce que cette constitution de 1992, les hommes qui l’ont fait, certains sont encore là. Hamidou Diabaté est là, Tiébilé Dramé est là… »

Et Me Tapo continue : « Eh bien, nous vous demandons, c’est pour le peuple, c’est par le sang du peuple malien que cette constitution de 1992 a été rédigée. Elle a été rédigée par le sang des martyrs. Aucun groupe ne peut le remettre en cause. On peut nous torturer mais vous vous lèverez peuple du Mali pour dire Oui à la Constitution. A partir d’aujourd’hui, nous disons tolérance zéro par rapport à a violation de la Constitution ! Nous disons tolérance zéro par rapport à la violation des libertés publiques et individuelles. Nous disons tolérance zéro par rapport  à l’atteinte des biens des individus. Nous disons tolérance zéro par rapport à la violation de l’ordre légal, de l’ordre constitutionnel…»

Comme l’histoire est cruelle car Me Tapo était avec Tiéman Hubert Coulibaly à Ouagadougou où ils défendu ensemble la Constitution au prix de leur vie. Mais sous IBK, ces deux se trouvent être les parangons de la révision constitutionnelle pour enterrer la Constitution de 1992 « écrite par le sang des martyrs » comme le rappelait si bien Me KassoumTapo.