FAUTES GRAVES DU MINISTRE DE LA SANTE

L’incurie généralisée des services de l’Etat

 S’il y a un ministre qui fait trop parler de lui, c’est bien le Pr Samba Sow, ministre de la Santé et de l’Hygiène publique. Mais pas en bien, puisque de sa nomination à nos jours, il collectionne les bourdes, surtout en matière de gestion des ressources humaines, avec ses nominations entachées de fautes administratives ou de violation de la loi. Les recours se succèdent contre ses décisions administratives et se ressemblent tous. Parce qu’il mord toujours la poussière devant les requérants. Sous d’autres cieux ont l’aurait défenestré depuis longtemps. Mais puisque ce qu’il fait s’adapte bien à l’administration d’IBK…

 Ceux qui ont l’habitude dire que les médecins réussissent rarement leur mission de ministre de la Santé publique ont le cas du Professeur Samba Sow comme exemple. Dès son installation à son fauteuil ministériel, il a commencé à snober de façon maladroite ses anciens collègues médecins placés sous ses ordres et bonjour les dégâts.
C’est donc dans un climat tendu entre lui et ses collaborateurs directeurs de services centraux et de structures rattachées que le ministre de la Santé entend exercer son autorité. Ce qui n’est pas souhaitable dans un domaine comme la santé publique où la collaboration franche et sincère demeure le maître-mot.
En plus, après sa nomination, le Pr Samba Sow n’a daigné faire une visite dans les services et centres placés sous son contrôle, ne serait-ce que par courtoisie, à défaut de ne vouloir d’une prise de contact. Mais il est resté de marbre, continuant d’ailleurs à squatter son bureau d’ex-directeur du Centre national d’appui à la maladie (Cnam) à Djicoroni-para en cumulant illégalement les deux fonctions pendant un long moment

Pendant ce temps, le chef du gouvernement d’alors, Abdoulaye Idrissa Maïga, a rendu visite à tous ceux qui en avaient droit pour faciliter sa collaboration avec eux dans le cadre de la résolution des problèmes du pays. Ce qui ne gênait aucunement le Pr Samba Sow assis très haut sur son nuage de ministre. Mais la chute risque d’être brutale car la plus mauvaise chute est celle que l’on fait après avoir pris trop de hauteur.

Mais ce qui est plus grave, c’est lorsqu’il commet des erreurs administratives très graves et entraine dans cette carence les secrétariats généraux et du gouvernement et de la Présidence de la République.

En effet, dans son Décret n°0222 /P-RM du 26 février 2018 portant nomination au Secrétariat général du ministre de la Santé et de l’hygiène publique, le Pr Samba Sow a procédé à la nomination de trois personnes pour seulement deux postes différends. Jugez-en.

A l’article 2 dudit Décret, il a été abrogé la nomination de Bakary Diarra en qualité de secrétaire général. Mais en réalité, Bakary Diarra n’était pas le secrétaire général en ce temps-là, mais le précédent. Juridiquement, le secrétaire général, Salif Samaké, qui n’est pas visé par le Décret, reste en poste parce que son décret de nomination n’a pas été abrogé. Il y a donc deux personnes nommées au même poste de secrétaire général du ministère de la Santé. En effet, au lieu de dire que le Décret de Samba Sow abroge toute disposition antérieure, l’abrogation a été personnalisée pour viser finalement un ancien secrétaire général. En voulant trop régler des comptes avec des collaborateurs, voilà l’écueil sur lequel on risque de trébucher.

Mais le plus vaudevillesque dans ce décret est que ce n’est pas le ministre qui décrète mais le secrétaire général du Ministère.

 Le cas du Point G

Par ailleurs, le Pr Samba Sow a osé passer par-dessus la tête du directeur général pour relever de ses fonctions le directeur adjoint, notamment Amadou Doumbia, pour y nommer Illo Bella Diall. Le directeur général, Pr Ibrahima Ah. Cissé réagira par lettre confidentielle du 21 décembre 2017 dont nous détenons copie, pour signifier au Ministre qu’il réitère sa confiance au directeur général adjoint, « à qui je ne reproche rien » a-t-il précisé. Auparavant, il avait attiré l’attention du Ministre ceci : « Je fais observer que jusque-là je ne me suis jamais plaint du directeur général adjoint auprès d’une quelconque autorité. Aucune hiérarchie à aucun moment non plus ne m’a notifié une plainte le concernant dans l’exercice de ses fonctions ».

Puis le directeur général envoie le Professeur Samba Sow aux dispositions de la Loi n°02-050 du 22 juillet 2002 portant loi hospitalière, en son article 70 qui précise : « Le directeur général est assisté d'un adjoint qui le remplace en cas de vacance, d'absence ou d'empêchement. Le directeur adjoint est nommé par arrêté du Ministre chargé de la santé, sur proposition du directeur général. L'arrêté de nomination fixe ses attributions spécifiques ». Notez donc bien : « Sur proposition du directeur général ».

Le ministre Samba Sow n’a pas voulu tenir compte de cette remarque et a fait donc du forcing. Mais suite au recours pour excès de pouvoir introduit par le directeur adjoint devant la section administrative de la Cour suprême, l’Arrêté pris par le Pr Samba Sow pour nommer Illo Bella Diall est annulé. Un camouflet pour le Ministre !

Mais pour se venger du directeur général de l’hôpital du Point G il le relève de ses fonctions pour y nommer le directeur général adjoint qu’il avait proposé et qui était recalé par la Cour suprême, notamment le même Illo Bella Diall. C’est aussi pour faire un pied de nez à la section administrative de la Cour suprême, en agissant ainsi. Naturellement, le directeur général visé par la mesure a saisi la justice.

On ne savait pas, jusque-là, qu’au sommet de l’administration, on prend des décisions pour mener des querelles de bas étage ou tout simplement pour jouer sur l’humeur des gens.  L’histoire du Mali le retiendra.

 

Violation des dispositions d’appel à la concurrenc
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 Surtout que les directeurs généraux sur lesquels il s’acharne ces derniers temps pour les relever de leurs fonctions ont été choisis après un appel à candidature mené selon une procédure transparente, conformément à la lettre circulaire n° 001/P-RM-CAB du 27 mars 2014 signée du Premier ministre Oumar Tatam Ly.
Lorsqu’il a succédé à Oumar Tatam Ly au poste de Premier ministre, Moussa Mara a fait intégrer le principe de recrutement des directeurs des organismes spécialisés par appel à la concurrence dans les dispositions du décret d »application de la loi n° 049/ du 19 septembre 2014 portant principes fondamentaux de la création de l’organisation et du contrôle des services publics.
Mais avec l’arrivée de Soumeylou Boubèye Maïga au poste de Premier ministre, on a fait table rase de ces dispositions et des gens comme Samba Sow en profitent bien pour procéder aux manipulations qu’ils veulent.
Mais le plus étonnant, c’est aussi l’attitude des secrétariats généraux du gouvernement et de la Présidence de la République, mais pourvus en personnel mais pour ne rien voir sur les erreurs qui causent trop de procès perdus par le gouvernement devant le tribunal administratif pour des dossiers qu’ils sont censés étudier avant leur validation.

A.D et N.S.