RÉVISION CONSTITUTIONNELLE

IBK perd le sens de la mesure 


 

Bien sûr qu’il était temps que le Président IBK intervienne. Mais ses déclarations, au lieu d’apaiser et de rassurer, ont plutôt exaspéré et irrité une grande partie de ses concitoyens. Lui qui aime tant la formule «savoir raison garder».

C’est sur les différents canaux de la presse d’Etat que le président s’est exprimé. Voici un large extrait de ses déclarations. 

(…) «J’ai eu comme mandat du peuple d’exploiter tout chemin qui peut conduire à la paix. Notre démarche n’est pas de quelque malice que ce soit, simplement dans le cours de l’action gouvernementale. Chacun sait que la question de la révision constitutionnelle est récurrente. C’est la 3ème tentative, les 2 autres fois, il y avait le souci essentiel de conformation avec la convergence institutionnelle souhaité par l’UEMOA par la création d’une cour des comptes. La quelle création ne saura se faire que par voie référendaire. Nous avons fait le constat qu’au sortir de l’accord pour la paix, il y a des entendus au plan institutionnel».

«Malgré les décisions de la Cour constitutionnelle (avis et arrêt) certains de nos concitoyens veulent remettre en cause cette décision ou en tout cas la refusent et estiment que le débat doit être clos. Qu’il s’agit d’abandonner ici et maintenant ce projet de révision constitutionnelle pour différentes raisons. Il reste simplement que dans un Etat de droit, le droit doit être l’unique référence comme on le dit : «la loi est dure, mais c’est la loi». Cela s’applique à tout le monde quelle que soit la qualité de celui dont il s’agit. Mais nul ne peut aujourd’hui dire qu’il s’oppose à ce que le peuple malien exerce son droit à dire son opinion, son avis dans son droit de vote. Or, dire aujourd’hui qu’il n’aura pas de révision constitutionnelle, que cela ne pourrait se faire que sur des violences que l’on appelle séditieuses quelque part, n’est pas Républicain et est anti national, il faut le dire, en tout cas contraire au droit. Et je dis aussi que le devoir de l’Etat est de faire en sorte de garantir tous les droits des citoyens de la République y compris, celui de vote. Nul ne peut s’opposer à l’exercice de ce droit sans violer la loi. J’en appelle chacun à la raison, à savoir raison garder, faire en sorte que notre vivre ensemble, notre devoir aujourd’hui d’être ensemble au chevet du Mali qui en a tant besoin, se confirme dans le seul but de faire en sorte que le pays gagne la paix.  Ce qui est fait dans le cadre de cette révision constitutionnelle participe de cette recherche de paix. Si nous n’y allions pas, nous pouvons donner argument à beaucoup d’autres, pas seulement certainement à nos frères, de penser que nous sommes en train de revoir notre engagement pour la paix. Et cela n’est pas très heureux» (…).

Et la paix sociale alors ?

On le sait, c’est une grande majorité de la classe politique et de la société civile maliennes qui s’oppose aujourd’hui à la tenue de la révision référendaire pour des motifs très pertinents portant aussi bien sur la forme que le fond. En somme, il s’agit du contenu dudit projet et du moment choisi.

Des projets d’article renforcent en effet considérablement le pouvoir du président de la République au point d’en faire un monarque. Aussi, les principes sacro-saints de la démocratie dont la séparation des pouvoirs y sont menacés sans oublier le risque de partition du pays. 

Les détracteurs dudit projet évoquent en outre le moment choisi et surtout les contraintes auxquelles le pays est aujourd’hui confronté, en l’occurrence, l’occupation d’une partie importante du territoire et l’insécurité presque généralisée abusivement appelée «résiduelle» par le même Président. Bref, les arguments des anti-réformistes sont assez pertinents et devraient plutôt le faire réfléchir, voire, reculer.

Aujourd’hui encore, la situation ne semble s’être améliorée. Et au regard de l’obstination du Président de la République, les frondeurs entendent poursuivre les manifestations. Toute chose, à la longue, qui risque d’être à l’origine de malheureux incidents susceptibles d’envenimer une situation déjà très délicate. Pour tout dire, le fragile équilibre risque bien de rompre et par conséquent, d’entrainer le pays dans le gouffre. Et l’on constate malheureusement que le Président de la République ne fait absolument rien pour empêcher ce scénario dantesque.

Batomah Sissoko

 

IBK : «La France est un pays ami qui doit être traité comme tel… Nous y veillerons »


Selon le président IBK, «dans la chaleur des passions, j’entends également des bruits qui sont assez inquiétants qui tendent à mettre en cause des pays amis, alliés notamment cela qui fut à nos côtés quand le pays était en danger, quand sa survie était en cause. Qu’aujourd’hui, qu’on en vienne à manifester bruyamment contre ce pays ami dans des termes inamicaux, n’est pas conforme à la tradition malienne d’accueil, d’hospitalité et surtout de gratitude. Ce n’est pas conforme à nos valeurs de civilisation. Je voudrais mettre en garde contre cela : nous ne tolérons pas ce genre de comportements».

Aussi, poursuit-il, «il faut savoir quels sont les intérêts stratégique du Mali ici, aujourd’hui et demain dans un temps où se pays ami est fortement engagé à nos côtés dans la mise en place des forces du G5 Sahel dans les conditions non partagées par tout le monde. Qu’on ne vienne pas récompenser ce pays par de tels comportements inamicaux. La France est un pays ami qui doit être traité comme tel. Et nous y veillerons !». ¨

Pourtant ce sont des sympathisants du RPM de Quinzambougou qui ont participé au sit-in.

C’est l’hôpital qui se moque de la charité.

Batomah Sissoko