REUSSITE TOTALE DE LA GREVE DES COMMERCANTS DETAILLANTS

Trois autres organisations rejoignent les détaillants pour remettre ça les 08, 09 et 10 mai prochains !


 

Malgré les moyens colossaux déployés pour briser l’allure des commerçants détaillants, la grève a totalement réussi. En effet, c’est un véritable pied de nez aux deux syndicats défaillants qui viennent de prouver ainsi à leur mentor, IBK, qu’ils le leurrent en lui faisant croire à leur capacité de mobilisation des commerçants détaillants, lesquels savent désormais à qui se fier et comment défendre leurs intérêts.  Qu’en sera-t-il maintenant pour les 08, 09 et 10 mai lors de la grève commune appelée par quatre organisations dont le Collectif des acteurs des marchés de Bamako qui vient de prouver de quoi il est capable ?

 

Un calme inhabituel s’est emparé des rues du centre-ville de Bamako hier durant toute la journée. Pas une seule boutique de commerce de détail n’a ouvert ses portes. Même les bijouteries et les magasins utilisés pour des activités artisanales ont préféré baisser leurs rideaux, en solidarité aux commerçants détaillants. Aux alentours du Grand-marché, à Dabanani et vers le Dibidani, les rues étaient désertes.

Les quelques commerçants présents sur les lieux sont venus sécuriser leurs boutiques d’une éventuelle attaque de vandales. Ils formaient de petits groupes devant des portes hermétiquement bouclées, pour discuter tranquillement, savourant ainsi ce jour de repos exceptionnel qui leur permet de s’éloigner du stress du marchandage et des comptes journaliers.   

Les éléments des forces de sécurité qui croyaient qu’ils n’avaient pas ouvert leurs échoppes de peur d’être agressés, les ont approchés pour leur demander de travailler, les rassurant de leur présence pour les sécuriser. Mais quel fut leur étonnement de s’entendre dire : « Nous sommes-là certes, mais nous n’ouvrons pas. Nous sommes en grève ».

Même les tenanciers de petits restaurants sont restés à la maison. Ils n’ont pas le choix car leur business dépend pour une large part de ce monde grouillant qui s’active entre les étals et boutiques dans les rues commerçantes de Bamako. Ce sont les dégâts collatéraux de cette grève dont les conséquences sont multiples car même les mosquées des environs des marchés se voyaient aussi vider de leurs fidèles restés à la maison.

 

Passer la pommade au gouvernement


 

Pourtant deux jours auparavant, les responsables des syndicats défaillants,  avec leurs airs de grands seigneurs, s’égosillaient devant la presse appelée à l’occasion d’une conférence de presse tenue à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, pour affirmer que leurs militants ne suivront pas le mot d’ordre de grève qui ne les engageaient pas, en profitant de l’occasion pour passer la pommade au gouvernement et en se mettant à la place des autorités pour proclamer que le contexte national ne justifiait pas une grève.

La veille de la première journée de grève, à savoir le mercredi dans la nuit, les deux briseurs de grève les plus célèbres du Mali, désormais, étaient en train de se faire les gorges chaudes sur un réseau d’une dizaine de radios synchronisées, pour tenter d’endiguer la vague de protestations, sous le feu roulant des questions taillées sur mesure de l’animateur du jour qui était visiblement bien dans son rôle. 

Ils ont intérêt à s’éclipser, tellement les commerçants détaillants sont remontés contre eux

Mais ces différents appels au boycott de la grève, non seulement n’ont pas été entendus, mais ont exacerbé la colère des commerçants détaillants qui jurent de ne plus laisser ces gens parler en leur nom, alors que leur représentativité dans les milieux du commerce ne saurait leur permettre de remplir un kiosque de fidèles. D’ailleurs, pendant toute la journée d’hier, aucun d’eux n’a osé pointer le bout du nez aux alentours du Grand marché, à Dabanani ou au Dibidani, alors que c’est leur fief. Ils ont intérêt à s’éclipser, tellement les commerçants détaillants sont remontés contre eux.

Derrière ces soi-disant responsables d’organisations de commerçants se cachaient des autorités et le président e la Chambre de commerce qui ne lésinaient sur les appuis nécessaires, même financiers, pour faire échouer la grève. Mais finalement, la réalité prouvera qu’eux-mêmes auront fait échec et mat !

Pourtant, cette grève de jeudi et vendredi semble être un avant-goût de ce qui se prépare pour les 08, 09 et 10 mai 2018, avec l’appel à la grève de quatre grandes organisations et pas des moindres : le Collectif des acteurs des marchés du district de Bamako ; le Collectif des leaders syndicaux des transports routiers du Mali ; le Programme africain des femmes entrepreneuses du Mali (Awep selon l’abréviation en anglais) et le Syndicat national des artisans du Mali.

Dans le préavis de grève signé par ces quatre organisations en date du 23 avril 2018, on peut lire : « Après avoir épuisé toutes les voies de recours administratives pour être entendu par les autorités compétentes sur les doléances mais en vain, le Collectif des acteurs des marchés du district de Bamako a été contraint de faire une déclaration le 13 mars 2018 à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali qui refusa du monde ce jour-là. Aussitôt cette action rencontra un écho favorable auprès de certains de ses partenaires comme le Collectif des leaders syndicaux des transports routiers du Mali, le Programme africain des femmes entrepreneures du Mali (Awep) et le Syndicat national des artisans du Mali (Synam). Cette forte approbation et adhésion ont donné lieu à plusieurs rencontres et discussions…pour sélectionner les doléances des différentes corporations qui composent désormais le mouvement. Ainsi, il faut convenu un préavis de grève… »

Une liste de 30 doléances rappelées dans le préavis de grève

C’est ainsi qu’ensemble ils ont établi une liste de 30 doléances rappelées dans le préavis de grève et demandent « l’application et la satisfaction de ces doléances avant le 07 mai 2018 ». Sans quoi, ce regroupement de quatre organisations en appelle à une grève de 72 heures caractérisée par la fermeture des 73 marchés du district de Bamako, les marchés des 37 communes de Kati et l’arrêt de tous les véhicules des transports dans le district de Bamako et environs.

Si une semaine après ces 72 heures de grève les revendications ne sont pas satisfaites, les quatre organisations envisagent « toute cessation de paiement des taxes et patentes ».

Si le mot d’ordre de grève du seul Collectif des acteurs des marchés du district de Bamako a pu paralyser les activités commerciales de la capitale durant hier jeudi, qu’en sera-t-il alors lorsque les transporteurs et les artisans s’en mêlent, promettant de geler les transports et d’étendre la fermeture des marchés à ceux de Kati ?

N.S.