GREVE DES COMMERÇANTS  
 
Un débrayage largement suivi

Par Batomah Sissoko le 04/05/2018


Les commerçants maliens observent deux jours de grève sur l’ensemble du territoire national,  hier et aujourd’hui. Leurs revendications sont autant justes mais impropres aux départements cités qu’elles suscitent un véritable débat de fond sur la nomenclature de l’attelage gouvernemental.
La correspondance est adressée au Ministre de tutelle, celui en charge du commerce. Il est ainsi libellé :
«Nous, membres des différents regroupements et associations, avons l’honneur de vous informer que nous déposons par la présente un préavis de grève concernant tous les secteurs du commerce sur le territoire national pour une période allant du 03 Mai 2018 au 04 Mai 2018 inclus.
En effet, nous exigeons :
1.     La baisse des frais de dédouanement de nos marchandises
2.     La libéralisation et la facilitation de l’octroi de visas longs séjours chinois aux commerçants maliens et de la diaspora malienne ;
3.     La baisse du taux d’impôt de 3% imposable à nos chiffres d’affaires ;
4.     L’affectation des bâtiments administratifs sis au marché aux déguerpis et autres commerçants du marché-Rose ;
5.     L’élaboration d’un cahier de charges avant la construction du marché-Rose
6.     L’arrêt de la concurrence déloyale des commerçants indiens chinois ;
7.     La révision des textes sur l’élection du Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM) pour prendre en compte nos aspirations.
Ce préavis pourra être levé dès lors que nous obtiendrons l’assurance que nos doléances intégralement satisfaites...».
De légitimes revendications mais…
Signalons que le 1er point des revendications (baisse des frais de dédouanement) fait référence à une récente décision du Ministère des Finances d’augmenter les tarifs en question. Ce qui, visiblement, a trait au point 3 relatif à la baisse du d’impôt et à la concurrence déloyale évoquée (point 6 – l’arrêt de la concurrence déloyale).
Autant dire que ces points relèvent de la compétence du Ministre de l’Economie et des Finances.
La deuxième doléance relative à l’octroi des visas elle, relève surtout de la souveraineté des pays concernés et dans une certaine mesure, du Ministère des Affaires étrangères et celui en charge des Maliens de l’extérieur.
Les 4ème et 5ème points («affectation des bâtiments administratifs» et «élaboration d’un cahier de charges avant la construction du marché-Rose» sont de la compétence des ministères de l’équipement et surtout, de l’administration territoriale auquel relèvent directement les marchés.
C’est finalement la «révision des textes sur l’élection du Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM)» qui relève de la compétence du Ministère du Commerce. Et il revient, en l’occurrence aux associations faîtières membres de ladite Chambre, de demander, d’organiser et de mettre en œuvre cette opération. Le département ayant pour seule mission de veiller au respect des règles et à la conformité des décisions avec la législation du pays.
L’on constate donc que les revendications sont autant justes que leurs destinataires ne sont pas appropriés. La faute n’est cependant imputables aux acteurs, mais plutôt à l’organisation de l’attelage gouvernemental qui scindent les départements complémentaires et en créent d’autres asymétriques avec des missions pourtant similaires.
Hier, Bamako ressemblait à une ville morte. La quasi-totalité des commerçants ont baissé leurs rideaux. Montrant du coup leur capacité de mobilisation.