PIEUVRE AU SOMMET DE L’ETAT QUI HAPPE TOUT AU PASSAGE

La force informelle qui fait annuler des décisions prévues par le conseil des ministres

Il faut être vraiment puissant pour empêcher le Conseil des ministres de finaliser des décisions prises par le président de la République et le Premier ministre. C’est ce qui s’est pourtant passé le mercredi 16 mai dernier, avec deux mesures individuelles inscrites au programme du Conseil des ministres et dont on a finalement fait l’impasse. Il s’agit des nominations à la tête de deux sociétés d’Etat : l’Office du Niger et la Cmdt. Que s’est-il donc passé ?

Le conseil des ministres du mercredi 16 mai 2018 avait inscrit à son programme 21 mesures individuelles ainsi réparties : Ministère de la Défense et des anciens combattants : 12 ; Ministère Affaires étrangères et Coopération internationale :  1 ;  Ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation :  1 ; Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique : 1 ; Ministère de l’Agriculture : 2 ; Ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle : 1 ; Ministère de la Promotion de la Femme de l’enfant et e la famille : 1 ; Ministère des Sports : 1 et enfin Ministère de l’Elevage et de la pêche : 1.

Il s’agit de nominations de cadres à des fonctions administratives déjà prises par le Premier ministre et le président de la République, raison pour laquelle elles sont inscrites au programme du Conseil des ministres du 16 mai pour y être validées. Selon l’usage, aucune décision du genre n’est programmée pour le Conseil des ministres, s’il n’y a pas au préalable l’accord du président de la République à l’occasion d’une séance de travail avec le Premier ministre. 

Mais à la dernière minute, il y a eu une rétractation pour les deux mesures individuelles concernant le Ministère de l’Agriculture. Il s’agissait, d’une part, de nommer l’ex-ministre de l’Urbanisme et de l’habitat, Ousmane Koné, au poste de Président-directeur général de l’Office du Niger à Ségou et d’autre part, d’enlever Baba Berthé de son poste de Président-directeur général de la Cmdt, pour le faire remplacer par Ishaga Thiam, qui est actuellement Administrateur de la filiale Sud (Sikasso) de la Cmdt. Ishaga Thiam, rappelons-le, est le fils de Maman Adéma et demi-frère d’Amadou Sy, actuel ambassadeur du Mali au Maroc.
Toutes les autres mesures programmées sont donc passées au Conseil des ministres de ce mercredi 16 mai, sauf ces deux-là. Il y a eu un black-out total en ce qui concerne les deux nominations au compte du ministère de l’Agriculture.

Ne cherchez pas loin, Karim Keïta est passé par-là car au moment où se déroulait le conseil des ministres, nos radars ont aperçu le fiston national dans le bureau du Pdg de la Cmdt, Baba Berthé, certainement pour le rassurer qu’il ne quitte pas son poste. En d’autres termes, la mesure qui devait être prise au Conseil des ministres a été purement et simplement annulée.

Mercredi dernier (avant-hier), Karim Keïta était encore dans le bureau de Baba Berthé, certainement pour le rassurer qu’en ce mercredi (jour traditionnel de la séance du conseil des ministres) il n’y aura aucune mesure le concernant. Mais discutaient-ils tout simplement de cela pour un si long moment ? En effet, le fiston national est arrivé au bureau du Pdg de la Cmdt vers 16H 30mn et n’a quitté que tard, peu avant la rupture du jeun. Qu’est-ce qui peut donc bien lier les deux hommes au point que le Pdg de la Cmdt puisse bénéficier de tant d’attention de la part du fiston national ? Ce qui est sûr Baba Berthé est désormais membre de « Ma Famille d’Abord », il s’est marié en secondes noces avec la cousine de Katio. Ceci explique cela !

N.S.