Festival international Soninké 


Le Tounka Samba Aly Bathily aux commandes

Sous une température de 8°C, la communauté soninké de France a remis ça le samedi 18 novembre 2017, dans la salle des fêtes de la mairie de Montreuil, pleine à craquer, en procédant à la désignation du chef traditionnel soninké de France en la personne de Samba Aly Bathily qui devient de ce fait  le «Tounka» pour une durée de deux ans

 Initiée et organisée par l’Association pour la promotion de la culture soninké (APS) et le Festival International Soninké (FISO), la 5ème édition a sacré et désigné Samba Aly Bathily du  Gadiaga dans le cercle de Kayes, après le Kaniaga (2014) et le Diafounou (2016) . Le nouvel élu aura les pleins pouvoirs lors d’une cérémonie d’intronisation qui aura lieu à Dakar en février 2018.

 Celle qui a lieu à Montreuil était placée  sous la présidence du ministre des Affaires foncières et de l’urbanisme, Mohamed Aly Bathily, et d’une forte délégation de l’Assemblée nationale du Mali conduite par les députés Mahamadou Cissé dit Bagagnoa, Modibo Sogoré et Yaya Sangaré. Cette journée est très importante pour les soninkés de France, leurs parents et leurs amis. Diadié Soumaré, président APS/FISO a dit que : «Ce regroupement de Paris reflète ce que nous voulons être : rassembler dans la communion depuis notre origine. Nous soninkés – peuple originel de l’Afrique de l’ouest – c’est en se regroupant et en dépassant leurs différences que nos ancêtres se sont organisés pour bâtir la première organisation noire connue de l’histoire écrite et orale en Afrique : l’empire de Wagadou».

Sékou Bathily, le président du comité d’organisation de Gadiaga en France a,  de son côté, rappelé  que «La rencontre de ce jour a un double objectif. D’une part, l’intronisation du sage Samba Backel Bathily du Gadiaga comme chef traditionnel des soninkés de France pour deux ans. Le Gadiaga est une des provinces soninké traditionnellement dirigée par la famille Bathily, bien avant la pénétration coloniale française en Afrique de l’ouest. D’autre part, organiser le soutien au Festival international Soninké du 21 au 25 février 2018, à Dakar». Il faut savoir qu’il y a vingtaine de pays soninké - qu’il faut distinguer des Etats – répartis entre le Mali, le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée Conakry, la Guinée-Bissau et la Gambie ont entériné ce choix.

Samba Backel Bathily, âgé de 93 ans, est un intellectuel très posé, un vieux sage et très cultivé. Il a été un élève du grand enseignant célèbre,  Dougoukolo Konaré lors de la période coloniale à Kayes. Il a ensuite intégré l’armée, participé à la guerre d’Indochine et d’Algérie avec le grade de sergent-chef. Enfin, il a terminé sa carrière dans la ville d’Anthony dans le département du 92, dans la banlieue parisienne  où il prit sa retraite en 1991. Il est père de 7 garçons - dont 3 sont décédés - et une fille, il a plusieurs petits-fils et arrières petits-fils.

Dans son discours de bienvenue, Mme Kéita Djéneba Kéita dira : «Après Kayes en 2010 et 2011, après la Mauritanie en 2013, c’est un grand honneur pour Montreuil, d’accueillir pour la seconde édition consécutive, cette cérémonie. C’est bien le signe que notre ville demeure, à travers les décennies, une terre d’accueil et de partage pour toutes les cultures». Mariam Wagui Soumaré, originaire de Tafasirga, chargée de communication de comité d’organisation de Gadiaga nous confiera ses sentiments : «Moi, je suis née et j’ai grandi en France. C’est un honneur pour moi que le Fiso choisisse le Gadiaga comme parrain qui va représenter tous les Soninkés de France, à travers le monde. Faire découvrir notre culture, nos traditions aux enfants de Gadiaga, qui ne sont jamais partis au village est essentiel. Le nouveau Tounka sera l’un des gardiens de nos traditions et nos valeurs multiséculaires».

Pour Mohamed Aly Bathily, ministre des Affaires foncières et de l’urbanisme : «cette initiative nous permet de revisiter notre espace culturel, de nous interroger sur ce que nous sommes par rapport à ce que nous fûmes. De définir une trajectoire pour l’avenir. Cette trajectoire pour l’avenir est de prendre la responsabilité qui doit être la nôtre dans notre pays en vue de la construction de la citoyenneté pleine et entière. Il faut que le Malien cesse d’être un sujet».

 

Ely Dicko,  notre Correspondant à Paris