DECRET DE NOMINATION AU MINISTERE DE LA SANTE

Du faux et usage de faux !

 
N.S. et A.D 27/04/2018

Honte à l’Administration malienne ! En effet, pour rectifier une erreur sur un décret de nomination au ministère de la Santé, on a tout simplement recours à du copier-coller, produisant ainsi des copies différentes du même décret parce que portant le même numéro et la même date. Une faute administrative grave car il fallait recourir à la prise d’un nouveau décret. Mais les coupables ne seront nullement sanctionnés comme d’habitude.

« Fautes graves du ministre de la Santé : L’incurie généralisée des services de l’Etat » avions-nous titré dans notre édition de la semaine dernière (n° 687 du 20 avril 2018) pour relever les erreurs très graves commises par le ministre de la Santé, Pr Samba Sow dans les actes administratifs, entrainant dans cette carence les secrétariats généraux du gouvernement et de la Présidence de la République. Dès la parution de cet article, il s’est empressé de rectifier l’erreur concernant les nominations au Secrétariat général et on se retrouve dans un cas de deux décrets différents portant le même numéro et la même date. A première vue, il y a du faux et usage de faux.
En effet, nous écrivions la semaine dernière que dans son Décret n°0222 /P-RM du 26 février 2018 portant nomination au Secrétariat général du ministre de la Santé et de l’hygiène publique, le Pr Samba Sow a procédé à la nomination de trois personnes, mais pour seulement deux postes en réalité. Jugez-en.

A l’article 2 dudit Décret, il a été abrogé la nomination de Bakary Diarra en qualité de secrétaire général. En réalité, Bakary Diarra n’était pas le secrétaire général en ce temps-là, mais le précédent. Juridiquement, le secrétaire général, Salif Samaké, qui n’est pas visé par le Décret, reste en poste parce que son décret de nomination n’a pas été abrogé. Il y a donc deux personnes nommées au même poste de secrétaire général du ministère de la Santé. En effet, au lieu de dire que le Décret de Samba Sow abroge toute disposition antérieure, l’abrogation a été personnalisée pour viser finalement un ancien secrétaire général. En voulant trop régler des comptes avec des collaborateurs, voilà l’écueil sur lequel on risque de trébucher.

Dès la parution de cet article, ce fut le branle-bas pour corriger rapidement cette erreur. Sauf qu’en lieu et place d’un décret rectificatif, on a tout simplement procédé à du copier-coller. En d’autres termes, le nom de Bakary Diarra a été tout simplement effacé pour inscrire à la place celui de Salif Samaké. Il s’agit donc du même acte administratif incriminé, le Décret n° n°0222 /P-RM du 26 février 2018, portant des indications différentes selon la copie que l’on détient.
Connaissant le circuit administratif, notamment pour recueillir sur le document quatre signatures, respectivement celles du président de la République, du Premier ministre, du ministre de l’Economie et des finances et celle du Pr Samba Sow en tant que ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, cela ne peut se faire en trois jours ouvrables car la décision rectifiée est disponible depuis mercredi dernier.
Autrement dit : du vendredi dernier jour de parution du « Sphinx », le ministre Samba Sow qui serait en voyage fin-début de semaine, le président de la République et le Premier ministre qui étaient hors site, le ministre de l’Economie et des Finances, bref, tout ce beau monde a signé jusqu’à ce que le courrier parvienne dans les structures centralisées le mercredi 24 avril, donc avant-hier, alors que le premier décret -dont nous détenons copie-, n’a semble-t-il pas été distribué. Décidément, nos magiciens sont très forts !

Pareilles pratiques font honte à l’Administration malienne de plus en plus déstructurée à cause de l’incurie de gens que l’on nomme à des postes par népotisme alors que cela nécessite une véritable expertise. On a connu Samba Sow Professeur en Médecine, faudrait-il maintenant considérer Samba Sow Professeur en copier-coller ?