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LES RAISONS DU GRAVE RETARD DE SALAIRES DANS LA FONCTION PUBLIQUE MALIENNE (Suite)


Pas un chèque en bois, mais quatre faux chèques acceptés par le Ministère de l'Economie et des Finances


​​L’escroc et non moins protégé du fiston national n’a nullement produit un chèque sans provision aux plus hautes autorités maliennes et à l’origine profonde du gros retard des salaires du mois de Mars. Il a plutôt produit de simples photocopies de 04 chèques d’un montant de 5 milliards F CFA. Et il se la coule désormais douce en France où il est parti il y a trois jours. Il prolongera sans doute ses pérégrinations  au pays de l’Oncle SAM dont il a obtenu le visa le 28 mars dernier. 
«LES RAISONS DU GRAVE RETARD DE SALAIRES DANS LA FONCTION PUBLIQUE MALIENNE : La naïveté d’un Ministre des Finances ; l’ingérence et l’intransigeance d’un fiston national dans les affaires de l’Etat et les tripatouillages d’un opérateur économique véreux». C’est le titre de notre précédente livraison sur le énième gros scandale que connait aujourd’hui le Mali.

Rappel des faits

Le Ministre de L’économie et des finances est, à ne pas en douter, celui en premier lieu, par lequel le scandale arriva. Il a été tout simplement victime de sa naïveté pour avoir misé sur les déclarations d’intention d’un opérateur économique aux relents pour le moins sulfureux.

Il s’agit d’un illustre individu répondant au nom de Seydou Bathily alias Lopez.  Lo pour les intimes.

Le 02 février dernier, «Lo» procéda donc au dédouanement de ses marchandises (du produit pétrolier) pour un montant de 05 milliards F CFA à travers un chèque BSIC. C’est bien sur ce chèque qu’a misé le ministre des Finances, Boubou Cissé. Avec ces 05 milliards F CFA, il a estimé ne pas avoir du souci à se faire par rapport aux salaires du mois de Mars…

Le 02 mars dernier, les limiers parvinrent à mettre la main sur le délinquant financier en question (Lo). Mais, seulement après 30 minutes d’interrogatoire, il fut relâché. Selon nos sources généralement bien informées, c’est bien sur instruction du fiston national Karim Keïta qu’il fut relaxé.

Toute chose qui ne fut du goût de la douane laquelle procéda à la saisie de 21 de ses camions-citernes.  Là encore, une main invisible semblable à la première exigea la libération de 9 des véhicules saisis. Ce qui fut fait ! Sacré Karim ! ». Il nous revient que «Lo» a quitté précipitamment Bamako en début de semaine après la sortie de l’article du « Sphinx » pour se rendre à Paris où il prendra l’avion –si ce n’est fait- pour aller se cacher aux Etats-Unis. Selon nos investigations, Seydou Bathily dont la famille a une société de vente de carburant dénommée Bathily Produits Service (BPS) est l’un des principaux fournisseurs d’Oryx dont, c’est un secret de polichinelle, Karim Kéita est l’un des actionnaires. C’est la raison pour laquelle ce dernier s’est battu pour le faire sortir des griffes de la justice. 

Non un chèque en bois, mais 04 chèques grossièrement imités et imprimés


Contrairement à ce que nous annoncions, le chèque remis par «Lo» aux autorités maliennes (la Douane à travers la Direction des recettes et par extension au Ministère des Finances) n’était en bois (sans provision). Il s’agit non seulement de 04 documents mais aussi, n’émanant pas de la BSIC.  04 vulgaires grossiers imprimés  d’un montant total de 5,1 milliards!

Et en vue de brouiller les pistes et de gagner du temps, l’escroc a porté plainte au niveau du Camp I de la Gendarmerie contre un de ses neveux, Ousmane Bathily au motif que c’est ce dernier qui lui aurait remis les chèques en question. Et pendant que l’enquête piétinait, il préparait son voyage sur les Etats-Unis via la France.
Et puisque les vrais chèques en question n’émanaient pas de la BSIC mais portant les signes distinctifs de la banque, cette dernière a décidé de porter plainte auprès du procureur de la Commune III en charge du Pôle Economique et Financier pour faux, usage de faux, escroquerie et abus de confiance contre «Lo».

La responsabilité de Karim Keïta et de Boubou Cissé est patente dans cette affaire. Ils doivent être poursuivis pour complicité d’escroquerie ; tout au moins pour entrave à la justice. Et les bailleurs de fonds, ont-ils encore le droit de faire confiance à un ministre de l’Economie et des Finances pareil ? Doivent-ils continuer à donner l’argent de leurs contribuables au Mali ?

Il nous revient d’ailleurs que Karim et Boubou  se sont entretenus,  durant deux (02) heures d’horloge,  le mardi dernier,  dans le bureau du second à l’Hôtel des Finances. Ce, pendant que leur présumé complice avait déjà filé à l’anglaise. Tant pis pour la République !

Et à propos de République, Montesquieu disait : « Lorsque cesse, l’ambition entre dans les cœurs qui peuvent la recevoir, et l’avarice entre dans tous. Les désirs changent d’objets : ce qu’on aimait, on ne l’aime plus ; on était libre avec les lois, on veut être libre contre elles ; chaque citoyen est comme un esclave échappé de la maison de son maître ; ce qui était maxime, on l’appelle rigueur ; ce qui était règle, on l’appelle gêne ; ce qui était attention, on l’appelle crainte. C’est la frugalité qui y est l’avarice, et non pas le désir d’avoir. Autrefois, le bien des particuliers faisait le trésor public ; mais pour lors, le trésor public devient le patrimoine des particuliers. La république est une dépouille ; et sa force n’est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous ».

Hélas ! La République du Mali est devenue une dépouille. Un festin pour les charognards.

 
Batomah Sissoko et A. Dramé