LE MALI SOUS IBK
Une République bananière doublée d’un Etat voyou et défaillant


Des décisions de justice bloquées par des particuliers, des décrets foulés au pied par les mêmes individus parce que s’estimant proches du pouvoir central ; toute une gendarmerie interdite de réaction… C’est la triste réalité dans le Mali d’IBK, un pays qui regroupe désormais toutes les caractéristiques d’une République bananière doublée d’un Etat voyou et défaillant. Jugez-en vous-même !
Au-delà de l’entité qui ne respecte pas ses propres textes encore moins ceux internationaux, l’Etat voyou, c’est aussi et surtout un Etat injuste qui sévit contre un peuple sans défense et s'enorgueillit. 
L’État défaillant est un État qui ne remplit pas les fonctions régaliennes essentielles en matière d’ordre public, de police, de justice et qui ne parvient pas à s’opposer aux troubles internes, aux crises politiques ou ethniques, provoquant l’exode de certaines populations, voire le déclenchement de guerres civiles… Un État est donc qualifié de défaillant lorsqu’il n’y a aucune autorité centrale en mesure d’assurer à titre exclusif l’exercice de la violence légitime au sein des frontières dudit pays et lorsqu’il n’assure pas le respect des droits de la personne et la satisfaction des besoins fondamentaux des populations (cairn.info).
Et une République bananière dénonce le gouvernement d'un état corrompu. Son origine vient d'une corruption à grande échelle qui vient des pays producteurs de bananes. Une compagnie se nommant la «United Fruit Compagny » devenue depuis la Chiquita Brands International a financé pendant une cinquantaine d'années la plus grande partie des dictatures d'Amérique du sud. Ces pays sont pour la plus part de grands producteurs de bananes.
La compagnie en question a manipulé ces pays pour le compte des Etats-Unis en appliquant des réformes pour redistribuer des terres aux pauvres pour continuer à exploiter les plantations et à sous-payer les ouvriers (Wikipédia).

D’abord ce gros mensonge d’Etat

Au Mali d’IBK, une dizaine de personnes ont été abusivement expropriées à N’Tabacoro suite, tenez-vous bien, à un mensonge d’Etat. En vue de les déposséder, l’Office Malien de l’Habitat (OHM) a en effet avancé la raison d’utilité publique dans le cadre de la construction des logements sociaux. C’était tout simplement faux ! Le site a été affecté aux députés par deux entreprises appartenant à des proches du Président de la République en personne, à savoir les sociétés KOME immobilière et Banga immobilière. C’est au profit de ces deux entités que des citoyens ont été abusivement dépossédés de leurs biens.
Mais les victimes dont des anciens fonctionnaires internationaux ont décidé de réagir. Vit alors jour « l’Association des Victimes de Spoliation Foncière de N’Tabacoro (AVSFN-2016) créée selon récépissé N°0123/MATDRE-DGAT du 31 octobre 2016 ayant pour conseil Me Magatte Assane SEYE, avocat à la cour en l’étude duquel domicile est élu en tant que besoin.
Et une précision de taille : toutes les victimes sont propriétaires de titres fonciers régulièrement crées par l’Etat du Mali et non contestables à ce jour.
Et courant l’année 2016, ils furent surpris  de voir débarquer sur leurs terres de nombreuses entreprises de travaux publics et construction qui se sont immédiatement mises à couper les arbres puis casser et raser tous les murs de clôture de leurs parcelles, avant de les occuper de force pour, dirent-elles, y édifier des logements sociaux. Mais il n’en était rien.
Les victimes, interloquées, se sont donc adressé à la gendarmerie du lieu-dit N’Tabacoro pour les aider à faire respecter leurs droits en toute légalité.

Malheureusement, la gendarmerie qui par définition est chargée du maintien de l’ordre se déroba, affirmant que «l’affaire était trop lourde pour elle», puisque les ordres venaient de très haut». Comme pour dire que les violations en question avaient été décidées plus haut ! Vous avez dit Etat voyou et défaillant ?

Une décision de justice foulée au pied

L’association des victimes sous la houlette de Nazirou SACKO, ancien fonctionnaire international également victime, décida alors de porter plainte contre le Directeur de l’OHM.
Après plusieurs péripéties, le tribunal de grande instance de Kati par une ordonnance des référés N°82 du 1er Mars 2016 rendit la décision dont la teneur suit :
« Statuant publiquement en matière de référé et en premier ressort ;
Ordonne la cessation des troubles et l’arrêt des travaux entrepris par l’OMH sous astreinte de 2.000.000 FCFA par jour de retard à compter de la signification de la présente décision ;
Ordonne l’exécution provisoire sur minute et avant enregistrement».
Toujours légalistes, les plaignants signifièrent cette ordonnance le 28 avril 2016 au Directeur Général de l’Office Malien de l’Habitat, au Chef de Poste de la gendarmerie de N’Tabacoro, au Chef d’Etat- Major de la Gendarmerie Nationale et enfin au Directeur du Contentieux de l’Etat.

Malgré toutes ces précautions, aucune réaction ne fut enregistrée ! Au contraire, les travaux redoublèrent d’intensité, les sociétés sur le terrain, estimant être sur place sur instructions de l’Office Malien de l’Habitat et «n’avoir rien à faire de simples papiers venant de la justice». Vous avez bien lu : ils n’ont que faire des décisions de justice ! Aujourd’hui encore, les travaux se poursuivent.
Mais puisqu’ils ont estimé n’avoir besoin que de la seule parole de l’OMH, le ministère des Domaines de l’Etat et des Affaires Foncières auquel relève l’OMH a décidé l’annulation des titres crées par cet office (OMH) et leur radiation du livre foncier et du registre des dépôts des titres. Il s’agit des titres suivants :

Pour la société Banga Immobilière et Commerce SARL :

Titre Foncier N°68971 d’une superficie de 09ha 91a 15ca en date du 25/02/2013 ; T.F N°68972 d’une superficie de 10ha 00a 00ca (25/02/2013) ; T.F N°68973 de 10ha 00a 00ca (25/02/2013) ; T.FN°68977 de 01ha 30a 18ca (25/02/2013) ; T.F N°69185 de 09ha 59a 38ca en date du 28/02/2013 ; T.F N° 69191 d’une superficie de 10ha 00a 00ca en date du 28/02/2013 ; T.F N° 69192 d’une superficie de 10ha 00a 00ca en date du 28/02/2013. Total : 60 ha

Pour la société KOME immobilière :

T.F N°44332 d’une superficie de 09ha 99a 68ca (25/04/2012);  T.F N° 68969 de 06ha 31a 85ca du 25/02/2013 ; T.F N°68970 de 10ha 00a 03ca (25/02/2013) ; T.F N°68975 de 09ha 98a 47ca en date du 25/02/2013 ; T.F N° 69186 d’une superficie de 05ha 80a 25ca (28/02/2013) ; T.F N°69189 d’une superficie de 08ha 54a 47ca en date du 28/02/2013 ; T.F N°69190 d’une superficie de 09ha 80a 79ca en date du 28/02/2013. Soit un total : 60 ha.

Suite à ce décret ministériel et Théoriquement, la question était définitivement réglée, oui, mais seulement théoriquement ! Et pour cause : les entreprises de travaux refusent de céder et poursuivent à présent les travaux sur les sites sous bonne escorte.  

Alors, Le Mali d’IBK ne ressemble-t-il pas à cette République bananière doublée d’un Etat voyou et défaillant ?

A Suivre

Batomah Sissoko