​​Et si nous marchions sans attendre Macron

La révolution Macron, le terme n'est pas trop fort, suivant celle non moins symbolique de l'ère Obama, ne cesse de marquer les esprits et de susciter un regain d'espoir chez bon nombre de jeunes, et même de moins jeunes. Le rêve pointe de nouveau, dans le cas malien après le fiasco de la démocratie consécutive à la sanglante révolution de mars 1991, de voir la pratique politicienne prendre un nouvel élan et se débarrasser de toutes ces pesanteurs qui ont fini par désenchanter les populations, notamment la jeunesse avide de changement et de nouveauté, et leur faire perdre toute confiance vis à vis de la classe politique. Cette défiance se justifie par le comportement décevant et irresponsable des nouveaux saigneurs de la vie publique qui ont dépouille la politique de ses habits de noblesse pour en faire un instrument destiné à faire prospérer les plus viles dérives qui ont pour noms corruption, gabegie, concussion, népotisme, et bien d'autres. Comme le vent d'est qui, suite à la chute du mur de Berlin, avait vu la disparition des dictatures communistes et eu des répercussions fatales sur les autocraties africaines, l'ère Obama et celle de Macron risquent aujourd'hui d'avoir des conséquences fatales sur les pseudos démocraties africaines, en réalité de véritables régimes dictatoriaux et corrompus qui ne laissent aucune chance au changement par la voie des urnes.
Aujourd'hui, galvanisés surtout par le phénomène Macron qui a une évidente emprise sur les esprits en raison des liens séculaires avec la France, les jeunes se disent que l'ère du changement attendu est peut-être en train de sonner et que le moment est venu de rompre avec les pratiques anciennes et de reprendre un pouvoir qui leur revient de droit en raison de la loi du nombre.
Si certains acteurs jeunes se rêvent déjà en Macron, d'autres jeunes eux pensent à la meilleure manière de réveiller et de fédérer les jeunes ardeurs de façon à pouvoir peser sur les évènements et imposer leur Macron pour ainsi mettre sur la touche la vieille garde qu'ils estiment dépassée, irresponsable et sourde à l'intérêt national. Ce calcul me semble porteur et dans la réalité on voit germer dans bien des esprits des velléités de créer des mouvements genre en marche appelés à se fédérer auprès d'un leader porteur d'espoir, de préférence jeune.
Dans notre cas, je parle de nous tous nombreux sur ce réseau à clamer notre désamour pour le système actuel, l'heure me semble propice de sortir des simples intentions et de lancer notre macronisme sans Macron, dans l'espoir de nous fédérer avec d'autres forces, et le moment venu de trouver et de soutenir notre Macron.
Pour soutenir cette démarche, rappelons que Macron ne s'est pas fait tout seul, et que beaucoup de gens qui ont cru en lui l'ont presque pousse à se jeter dans la mêlée, avec le résultat que l'on sait. Nous aussi nous avons nos Macron en puissance, le moment est venu d'apporter notre modeste pierre à l'édification d'un véritable macronisme à la malienne, du macronisme sans Macron mais avec une réelle volonté de constituer une force électorale qui pourra peser sur les évènements. L'heure est donc venue de passer à une nouvelle phase, et je veux compter parmi les premiers membres de notre mouvement. Trouvons vite un nom et plongeons. Je peux déjà assurer que nous ne serons pas seuls tant l'aspiration est grande de finir avec ces pratiques si néfastes à notre pays.

Me Abdoulaye Garba Tapo

Ancien ministre