EDITORIAL

 Dites la vérité au peuple !


 

En laissant libre cours aux spéculations de toutes sortes, le Gouvernement en rajoute à l’indignation du peuple qui se voit ainsi privé du droit fondamental de savoir la vérité sur la maladie du président de la République, chef de l’Etat. Pour une affaire aussi importante que la maladie du premier des Maliens, il n’y a de place ni à la cachoterie ni au mensonge car il s’agit du président de la République du Mali, le chef de notre Etat. 

En effet, si IBK souffre, couché dans un hôtel à Paris, c’est parce que cela doit être vraiment sérieux et chaque Malien, de son côté, use des moyens en sa possession pour lui souhaiter un prompt rétablissement. En d’autres termes, l’état de santé du président de la République fait partie de ces dossiers qui catalysent l’unité et la cohésion de tout le peuple qui souffre avec lui, que l’on soit ou non du même bord politique que lui.

C’est pourquoi, on ne doit pas cacher la vérité aux Maliens en racontant des balivernes du genre : «C’est simplement pour répondre à un rendez-vous médical dans la suite de l’opération qu’il avait subie l’année dernière ». Un argument bas de gamme qui ne contribue qu’à provoquer la risée du Mali aux yeux du monde car tous les chefs d’Etat de la planète sont en mesure de savoir ce qu’il en est réellement s’agissant de la santé du Président IBK.

C’est d’autant plus important qu’en affirmant qu’il s’agit d’une simple visite de routine chez son médecin dans le cadre d’un rendez-vous médical, on se méprend gravement. Car, quel est ce rendez-vous médical si urgent et si important pour causer l’absence du président de la République à un rendez-vous aussi important que le sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine ?  Surtout après le Sommet qu’il vient d’organiser à Bamako où les chefs d’Etat ont répondu et y ont soulevé des questions qui devaient être discutées à cette rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine à Addis-Abeba ?   

Le peuple malien incrédule, connaissant le goût prononcé de notre chef de l’Etat pour les honneurs, ne peut croire que pour un simple rendez-vous médical, sans rien qui urge, IBK puisse renoncer à sa présence au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine où il était question du retour du Maroc au sein de l’organisation continentale, la question sécurité avec notamment le renforcement de la lutte contre le terrorisme et le choix du président de la Commission de l’Union africaine, entre autres sujets d’une brûlante acuité pour notre pays.

Non, le président est souffrant et alité. Il ne faut pas se gêner de le dire aux Maliens car IBK est un mortel parmi les motels, donc susceptible de tomber malade.

C’est tellement vrai que la famille est sur le qui-vive. C’est ainsi que dans la nuit de vendredi à samedi dernier, la Première dame, Mme Keïta Aminata Maïga, est partie au chevet de son époux. Elle y a été rejointe par ses sœurs, toutes montées sur Paris pour la circonstance. L’ancien président de la Transition, Pr  Dioncounda Traoré, s’est rendu lui aussi au chevet de son grand ami, IBK. Des ministres de la République ont aussi effectué le déplacement et des marabouts et charlatans sont sollicités pour des prières.

D’autres proches de la famille s’inquiètent et se lancent dans des sacrifices et séries de prières pour la circonstance. Seul le fiston national reste encore à Bamako pour s’agiter. Il gère son propre agenda.

Dans la nuit du 31 janvier au 1er février, l’avion présidentiel a été vu sur le tarmac de l’Aéroport Modibo Keïta dans un coin isolé. On croyait au retour surprise d’IBK. Mais rien !

Dans tout ça, on fait semblant de banaliser l’état de santé du président de la République. Non, le peuple a le droit de savoir, pour prier et implorer Dieu afin que notre président de la République nous revienne vraiment requinqué. 

D’ores et déjà, « Le Sphinx » souhaite au Président IBK un prompt rétablissement afin qu’il  revienne vite au pays, même accompagné de médecins spécialistes pour veiller sur sa santé, afin qu’il puisse faire face aux nombreux défis qui l’attendent.

 

Adama DRAME