EDITO
Le vol n’est pas créateur de droit
Réédité le 01-10-2018 par A.D


Au chapitre 3 de « De l’esprit des lois », Montesquieu écrivait ceci :

« Il ne faut pas beaucoup de probité pour qu'un gouvernement monarchique ou un gouvernement despotique se maintiennent ou se soutiennent. La force des lois dans l'un, le bras du prince toujours levé dans l'autre, règlent ou contiennent tout. Mais dans un état populaire, il faut un ressort de plus, qui est la VERTU. »

VERTU : le mot est lancé. Tout le monde le sait, ce qui s’est passé lors de ce scrutin présidentiel n’a rien à voir avec la vertu car le bourrage des urnes est IRREFRAGABLE. La Vertu ne pourrait s’accommoder au  bourrage des urnes, à la falsification de procès-verbaux de vote. Qui dit falsification de PV, dit vol du suffrage des Maliens.

La Vertu n’est pas un artefact de la démocratie, elle en est le socle sans lequel il est impossible de bâtir une société juste et équitable pour tous. Le vol est l’antithèse de la vertu.

Quand la Cour constitutionnelle refuse d’appliquer ce que la loi électorale elle-même stipule, cela ne peut venir que de la corruption de la République, de la corruption d’un Etat  perdu. Quand la Cour constitutionnelle valide les votes de 820 électeurs dans un bureau de vote, alors que la loi électorale elle-même dit qu’un bureau de vote ne peut excéder 500 électeurs, elle entérine le bourrage des urnes et admet qu’au Mali, les citoyens votent en moins de 45 secondes. Ceci est extrêmement grave car elle entérine le tréfonds nauséabond du vol des fraudeurs et remet aux yeux du monde sa propre crédibilité, le respect qu’on doit lui porter. Elle se ridiculise, elle fait des Maliens la risée des autres Africains.

Voilà la Cour qui a déclaré, que dis-je,  nommé IBK,  président de la République. Certes, sa décision s’impose à tous quand elle est prise dans le respect scrupuleux de la loi. Mais quand elle entérine l’inimaginable, le vol, celle-ci ne mérite aucun respect du citoyen dont le vote est détourné, truqué.

Le vol ne saurait s’imposer à qui que ce soit. Le président sortant a perdu la légalité comme il a perdu la légitimité de diriger ce pays. Il a perdu la bataille de la rue, malgré les milliards déversés à tire larigot lors de cette joute présidentielle.

L’Etat a de facto perdu sa forme républicaine. Il est devenu une DICTATURE où un citoyen a droit de vie et de mort sur un autre !
L’aliéna 2, tiret 2 de l’article 121 de notre Constitution arrachée au prix du sang un certain 22 mars 1991 stipule : « Le peuple a le droit à la désobéissance civile pour la préservation de la forme républicaine de l’Etat. » 

Le vol n’est pas,  ne saurait être créateur de droit. Le peuple dont le vote a été volé ne saurait respecter un tel régime, une telle engeance. Le citoyen dont le vote a été volé ne saurait respecter un régime né au terme d’une corruption d’Etat sans précédent. Une corruption d’Etat dans toute sa hideu
r.

Adama Dramé