SOCIÉTÉ : IL ÉPOUSE UNE «DJINNEH MUSSO» POUR DEVENIR RICHE ET PERD CASH 45 MILLIONS FCFA (SUITE)
Le contentieux devant le Tribunal de la Commune V














Vous souvenez-vous de l’affaire de ce ressortissant Guinéen qui attendit longtemps, trop longtemps sa femme djinn qui ne se présenta jamais à lui et qui décida finalement de porter plainte contre le parrain de sa chère épouse, un escroc réputé à qui il avait remis une dot de plus de 45 millions F CFA ? Eh bien l’homme a été arrêté et a, seulement en partie reconnu les faits malgré toutes les preuves contre lui.  

 Rappel : Mohamed Sanoh est un jeune commerçant Guinéen résidant en Thaïlande avec femme et enfant. Et il a une ambition : devenir riche, très riche !
Il rencontra ainsi un « Grand Marabout» Malien répondant au nom de Lassina Traoré domicilié à Baco-Djicoroni. Mais ne vous y trompez pas. Ce n’est ni en Thaïlande encore moins au Mali qu’ils ont noué contact. Mais, tenez-vous, sur le réseau FACEBOOK !  Et commença alors une longue histoire.

Il demanda à son marabout de « travailler » en vue de multiplier ses chances de réussite. Le détenteur des sciencesoccultes exigea, en guise de salaire, la somme de UN million F CFA que le requérant paya immédiatement à travers «le western des Sarakolé» (un système informel de transfert d’argent).
Les choses auraient pu s’arrêter là si l’ami guinéen s’était abstenu de parler à son marabout d’un rêve qu’il aurait fait. Dans son songe, une femme sublime l’invitait à lui payer une pommade très chère. Il en parla donc au « Grand Marabout et ce dernier saisit l’occasion.
En réaction, il lui dit que la femme de ses rêves était justement une Diablesse très fortunée qui souhaiterait par lui, se faire épouser. Mais qu’il fallait des préalables, car, dit-il, les Djinns ne sont pas gens faciles. Il fallait donc des préalables, à savoir des sacrifices pour obtenir la main de la dulcinée.
Il fallait, dans un premier temps, sacrifier un cheval blanc et remettre 35 grammes d’or à la belle-famille djinn. Il fut question, quelques jours plus tard, de trois chevaux (blanc, noir et rouge) en plus de 36 grammes d’or…
Mais la «djinnêh Musso» se faisait toujours désirer car ses parents se montraient encore quelque peu réticents et exigeaient d’autres sacrifices, à savoir, Trois taureaux (blanc, noir et rouge) et encore quelques grammes d’or. Et l’époux payait toujours à travers le «western des Sarakolés».
Enfin arriva le jour, ou du moins la nuit des noces. La djinnêh-Musso devrait, cette nuit, se présenter à son époux. Mais il fallait un dernier réglage : un parfum spécial pour l’attirer et un talc que le mari doit se mettre sur les yeux afin de la voir. Prix des accessoires : 6000 dollars ! Le montant tomba quelques heures plus tard.

Mais patatras ! Les objets magiques en question ne sont plus disponibles à Bamako. Mais au Maroc ! Une contrainte mineure vite évacuée par un autre transfert d’argent. Mais encore manque de chance : il y a pénurie au Maroc. C’est finalement à la Mecque en Arabie Saoudite que le talc magique était disponible. Encore un autre transfert ! Mais la « Djinnêh Musso ne présentait toujours pas.
C’est en ce moment que le mari commença à douter de l’efficacité de son parrain. Mais trop tard ! Ce dernier était désormais injoignable au téléphone.
Signalons que dans le souci d’obtenir la main de sa djinnêh Musso, le mari a déboursé au total plus de 45 millions F CFA (74.900 dollars). Et il dut même s’endetter auprès de ses amis thaïlandais. Après tout, espérait-il, son épouse de Djinn allait tout rembourser et avec bonus, s’il vous plait !
Menacé et même agressé par ses créanciers, Mohamed SANOH passa de durs moments en Thaïlande. Sa femme (humaine) et son enfant sont d’ailleurs à l’heure actuelle en détention sur place. Il fut donc contraint de se rendre à Bamako à la recherche du parrain de sa Djinnêh Musso, à savoir, Lassina Traoré.
74.900 dollars (45 millions F CFA) détournés
Suite aux recherches, l’escroc fut arrêté et présenté au juge d’instruction de la Commune V. Bien entendu, il nia les faits. Mais les traces matérielles des opérations et communications plaident encore contre lui.  Il fut, très logiquement placé sous mandat dépôt.
Il a été entendu par le juge mais prétend n’avoir perçu que 10 mille au lieu des 74.900 dollars. Les traces matérielles des envois et enregistrements vocaux font foi.
L’on attend la fin de la grève des magistrats pour être situés. 
En attendant, l’épouse humaine et l’enfant de Mohamed Sanoh sont toujours pris en otages en Thaïlande.

A suivre 

Batomah Sissoko