Certains des acteurs se sont engagés à expliquer et défendre mordicus le projet de révision constitutionnelle, moyennant, on s’en doute, des dividendes sonnants et trébuchants. Et ils risquent fort d’être rattrapés par l’histoire.
Au lendemain de la grande marche contre la révision constitutionnelle qui a mobilisé des centaines de milliers de manifestants, l’on a espéré des défenseurs et partisans du «Oui» au moins un aveu d’échec et par conséquent une amende honorable
.

Mais en lieu et place de cette pénitence, nombreux ont été les compatriotes surpris d’entendre Moussa Timbiné (jeunesse RPM – Parti de la majorité) parler de l’organisation très prochaine d’une contremarche en vue de soutenir ledit projet et faire ombrage aux partisans du «Non». Seigneur, pardonne-le, il ne sait pas ce qu’il fait !

Faut-il le rappeler ? La chute de Moussa Traoré a quelque peu été précipitée par l’organisation d’une contremarche de cette nature et qui a exacerbé le mouvement démocratique. L’erreur aura, en effet, été au moment des faits, d’avoir cautionné l’escalade et de n’avoir pas privilégié l’apaisement. C’est la même option que préconise aujourd’hui la jeunesse RPM ou du moins, Moussa Timbiné. Le détail vaut son pesant d’or quand on sait que de nombreux militants du parti au pouvoir ont pris par l’événement du 17 juin dernier. Comme pour dire qu’ils se désolidarisent de la vision de leur parti. Un indice à prendre très au sérieux.

Pour sa part, Oumou Sall Seck (maire de Goundam) présidente du mouvement «Trait d’Union» a organisé une conférence de presse dont le principal animateur était le ministre Kassoum Tapo. Conférence destinée à soutenir le «Oui» et au cours de laquelle, Oumou Sall Seck a déploré l’attitude des marcheurs : «S’ils avaient débattu, ils n’auraient pas marché».

Mais les organisateurs du scrutin référendaire en question ont-ils véritablement ouvert le débat et invité qui de droit ? Il faut dire que la société civile ainsi que les partis politiques de l’opposition (parlementaire et extra-parlementaire) ont été mis devant le fait accompli. Il ne s’agissait ni plus ni moins que d’un forcing, une tentative de coup d’Etat constitutionnelle !

Rappelons par ailleurs, que la présidente du Mouvement Trait d’Union, Oumou Sall Seck est mal placée pour évoquer un tel sujet. Et pour cause. Elle est la sœur de Nina Walet Intallou l’actuel ministre du Tourisme. Et il s’agit de celle-là même qui a marché sur le drapeau Malien à Kidal pour montrer sa haine pour le Mali.

Ce même personnage se réclame aujourd’hui d’IBK. Et pourtant, il fut avec Alpha Oumar Konaré, puis ATT, Soumaïla Cissé (URD) avant de rejoindre le camp de la majorité.

Elle ne saurait avoir autant de mérite que le député de Bourem (Châto) ou Asaride Imbarcaouane, feue Fatoumata Siré ou l’artiste Oumou Sangaré, lesquels ont partout et tout le temps défendu les valeurs du Mali pendant qu’elle piétinait son drapeau national et s’obstine aujourd’hui à vouloir donner aux marcheurs une leçon de patriotisme.  C’est le comble !

Batomah Sissoko

PROCESSUS DE REVISION CONSTITUTIONNELLE

De qui se moquent-ils ?