MILICES ARMÉES, ESCADRONS DE LA MORT, MENACES, INTIMIDATIONS, AGRESSIONS PHYSIQUES, ARRESTATIONS, MONOPOLISATION DE FAIT DES MEDIAS D’ETAT…

Le régime IBK verse dans la dérive autoritaire

Ce que l’on craignait est peut-être en train d’arriver. Ce, au regard des derniers événements survenus dans la capitale et à l’intérieur du pays. Tous les signaux sont désormais au rouge. La dictature s’installe lentement mais progressivement.

Ce qui se passe aujourd’hui au Mali n’est jamais arrivé même au temps du Général Moussa Traoré dont le régime a été assimilé à la dictature. Et il y a effectivement lieu de s’inquiéter au regard de ce sombre tableau dressé par le Mouvement «Touche pas à ma Constitution». 

⁃ Une délégation de la Plateforme conduite par le chroniqueur Ras bath a été empêchée manu militari, le 2 juillet, d'entrer dans la ville de Bougouni ;

⁃ La vandalisation, le 19 juillet, du véhicule de l'épouse de l'honorable Soumaïla Cissé à Baco-Djikoroni; 

⁃ l'attaque de miliciens-loubards contre le sit-in pacifique organisé, le 19 juillet, devant l'ORTM par les associations «Trop, c'est Trop» et «Ça suffit», toutes deux membres de la Plateforme AN TÈ A BANA; 

⁃ L’agression armée, le 20 juillet contre le domicile d'un membre de la Plateforme au quartier l'Hippodrome, blessant grièvement par balles un résidant encore hospitalisé ;

 ⁃ L’attaque, dans la nuit du 21 au 22 juillet, contre la voiture de militants de la Plateforme à Sirakoro-Méguétan.

A cette liste funeste, il faudra ajouter la tentative d’assassinat du chroniqueur Mamadou Kanté dit Maréchal Madou plus connu sur Youtube sous le nom de «Madou-ka-Journal» dans la nuit du lundi au mardi dernier. Un homme armé a tiré à bout portant sur lui à Boulkassoumbougou le blessant grièvement. La victime est un militant activiste de «Touche pas à ma constitution» et proche de cet autre célèbre chroniqueur «Ras-Bath» désormais condamné par la justice. Il était poursuivi pour «incitation à la désobéissance des troupes» et a écopé la peine de 12 mois d’emprisonnement ferme en milieu de semaine dernière. Le chef d’accusation est tout simplement discutable. On connait la chanson.

Dans la même veine, le Directeur de publication de votre Journal (Le Sphinx) subit des pressions judiciaires presque similaires. Celui de «La Sentinelle» a, pour sa part, porté plainte contre X pour harcèlement.

Bien entendu, tout cela ne saurait être le fait du hasard. Il y a bien la main du régime en place dans la mesure où des cas d’agression ont été commis soit par les éléments des forces de l’ordre eux-mêmes et souvent sous leur nez et barbe sans qu’ils lèvent le petit doigt. Aussi, nonobstant les dénonciations, rien n’est fait pour arrêter ou empêcher la pratique de la part des pouvoirs publics. Et pourtant, pour un fait divers impliquant deux braqueurs brûlés vifs par une foule en colère, le Ministre de la justice s’est précipité pour faire des déclarations et invité la population à la retenue.

Quant à l’ORTM, il ne fait même pas semblant de couvrir les activités de l’opposition à fortiori les diffuser. Il est pourtant censé être la «passion du service public».

L’on constate que tout cela survient à mesure que l’on s’approche de 2018, fin de mandat du président en exercice et année du scrutin présidentiel auquel il est candidat. Tout est donc clair. Le régime en place semble se préparer au pire tout simplement en vue de conserver le pouvoir.  Son pouvoir à l’image de celui de Zeus, maître incontesté et incontestable de l’Olympe, le dieu de la foudre et de l’éclair, le dieu des dieux !

Bien évidemment, tout cela n’augure rien de bon car le peuple malien n’est pas disposé à subir une autre dictature. C’est dire que le régime expose le pays à de gros risques.

Batomah Sissoko