Déjà des ministres à la manœuvre dans la Ruche

Une rencontre aussi étonnante que surprenante s’est déroulée le mardi dernier, à l’espace culturel « Les Manèges » de Lafiabougou. Elle a regroupé des responsables de la jeunesse de l’Adéma Pasj de la commune IV, des femmes ainsi que des hauts cadres du parti, membres du Comité exécutif.

Bien sûr, certains d’entre-eux sont actuellement des ministres de la République. A l’ordre du jour : l’éventualité d’une candidature du parti à la présidentielle de 2018.

Etait-ce salutaire ? Ou bien, y aurait-il urgence ? Ce qui tiqua les observateurs, c’était la présence de cadres et d’élus venus d’autres communes de Bamako. Durant des heures, il y eut des palabres. Des jeunes ont fait savoir leur décision  d’en découdre avec leur allié « du jour » accusé de n’être pas loyal. A chaque fois, les ministres tentaient de tempérer leur ardeur, mais des élus prenaient à leur tour la parole pour dire qu’ils ne l’entendaient pas de cette oreille. Pour eux, il faut coûte que coûte que le parti présente son candidat en 2018.

Commentaires d’un des participants : «  nos chefs ne se préoccupent  plus du parti. Ils ont leurs parts et veulent les préserver. Nous comprenons toutes leurs manœuvres, mais nous ne les laisserons pas faire »

 

Séjour funèbre du contingent koutialais


Depuis des mois, ils dorment à la belle étoile dans la cour de la Bourse du Travail, siège de l’UNTM. Bientôt 30 ans, ils réclament leurs droits de travailleurs déflatés. Cette fois, ils étaient venus de Koulikoro, Kita, Koutiala, se joindre à leurs collègues de Bamako. Et ils n’entendent pas repartir des lieux les mains vides. Au fil des jours, les moustiques eurent raison de leur ténacité. Le palu frappa le groupe. Dans le contingent venu de Koutiala, il y avait le vieux Mamadou Nantoumé. Il est resté couché à terre pendant des jours. Aucune autorité n’a daigné faire le déplacement auprès de lui, a fortiori lui porter secours. Finalement, le pauvre rendit l’âme dans la matinée du mardi 6 juin.  Son corps fut rapatrié avec toutes les peines à Koutiala.

Sa disparition vient ainsi grossir les rangs de toutes les victimes de l’Ajustement structurel de notre pays. Chaque année, si ce n’est pas un compressé, c’est un partant volontaire à la retraite qui trépasse.

 

Révision de la Constitution 

Des Associations disent non, les autorités sévissent


Empêcher toute forme de protestation même pacifique, réprimer si possible toute contestation, tel semble être désormais le leitmotiv des autorités actuelles. Pour ne l’avoir pas compris, des militants de plusieurs associations subirent les foudres de forces de police, massivement déployées aux alentours de la Bourse du Travail.

C’était hier, jeudi 08 juin, dans la matinée. Des associations comme « trop c’est trop » entendaient protester contre le projet de révision de la constitution de 1992. A leur appel, des militants commençaient à affluer vers le  lieu de rassemblement. Que ne fut leur surprise d’apprendre de la bouche des policiers que leur marche était interdite. Durant des minutes, les organisateurs discutèrent avec la police. Histoire de laisser passer au moins les marcheurs. Notons au passage que les policiers avaient bouclé tout accès à la Bourse de Travail. Mêmes de simples passants, agents de santé ou malades, ne pouvaient accéder au Centre de référence, Pmi centrale contiguë à la Bourse du Travail.

Finalement, la police usa de la force pour disperser les manifestants à l’aide de jets de gaz lacrymogène, coups de matraque jusqu’à l’intérieur de la bourse du Travail.

Très déterminés, certains manifestants restèrent sr place tout en fustigeant l’attitude des autorités. Des slogans, ‘Non au tripatouillage constitutionnel » et d’autres,  ont été lancés. Il parait que c’est le Gouvernorat du District de Bamako qui avait pris sur lui la lourde responsabilité d’interdire la marche du jour. Le prétexte trouvé, c’est que la correspondance des organisateurs n’était signée que par une seule personne. Prétexte rejeté par les manifestants qui      promettent de poursuivre leur combat.

 

Projet de révision constitutionnelle adopté par l’Assemblée Nationale : L’opposition conteste et va déposer un recours devant la Cour Constitutionnelle

Adopté par l’Assemblée Nationale le 3 juin dernier, le projet de loi portant révision de la constitution du 25 février 1992 fait l’objet de beaucoup de contestations. En effet, après la conférence de presse du « Mouvement trop c’est trop » le lundi 5 juin dernier à la Maison des jeunes de Bamako, appelant au boycott du referendum, prévu pour le 9 juillet prochain, suivie d’une marche de protestation le jeudi 8 juin, l’opposition malienne aussi s’est manifestée  ce même jeudi lors d’un point presse qu’elle a animé à la Maison de la presse.

 

Après le « Mouvement trop c’est trop », qui a fait savoir lors de sa rencontre avec les hommes des médias que compte tenue de l’insécurité qui règne partout au Mali, qu’il est n’est pas opportun d’organiser un referendum. Pour cela, le Mouvement a organisé une marche de protestation contre ce projet de révision de la constitution. Il entend aussi, organiser d’autres manifestations (sit-in…)  contre cette réforme constitutionnelle.

Hier, ce sont les partis politiques de l’opposition  malienne qui sont montés au créneau lors d’une conférence de presse pour protester et dénoncer le projet de loi de la révision constitutionnelle que l’Assemblée Nationale a adopté le 3 juin dernier.

Représentés par quatre députés : Bakary Diarra, Adama Doumbia, Adama Kané, et Mody N’Diaye d’ADP-Maliba, VRD, SADI et l’URD, les élus de l’opposition sont déterminés à aller jusqu’au bout.

« Nous avons voté contre le projet de la révision constitutionnelle qui a été adopté par l’Assemblée nationale, parce que, nous pensons que cette révision constitutionnelle est une violation de la loi 118 de notre constitution. Nous allons déposer un recours devant la Cour Constitutionnelle a  indiqué Mody N’Diaye.  

L’opposition malienne, dénonce cette révision constitutionnelle, qui selon elle, permettra d’accroître les pouvoirs du président Ibrahim Boubacar Keita, qui pourra nommer un tiers des sénateurs qui composeront le futur Sénat dans cette version révisée de la constitution. Le texte voté ce week-end dotera le président  «d’un pouvoir d’arracher au gouvernement la mission de la détermination de la politique de la Nation», en nommant «ses sénateurs», regrette Mody Ndiaye, président du groupe parlementaire d’opposition Vigilance républicaine et démocratique (VRD). D’autres députés de l’opposition ont dénoncé un texte « élaboré pour servir purement et simplement les intérêts politiques d’IBK ».

Le parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi), a dénoncé pour sa part, une nouvelle constitution qui ne reflète pas les aspirations du peuple malien.