Présidentielle 2018 : IBK élu à 51% dès le 1er tour

Non, ce n’est pas les résultats d’un sondage mais la stratégie élaborée par un élément incontournable du processus électoral. Lequel a promis de le faire élire IBK dès le 1er tour avec 55% des suffrages exprimés à condition qu’on y mette le prix. Les sages de la Cour constitutionnelle,  qu’il a promis de convaincre à entrer dans son jeu,  feront semblant d’être d’accord avec les différents recours que les adversaires d’IBK vont introduire en réduisant de 4 points le score du Président sortant pour le ramener à 51% et hop,  le tour est joué ! Voilà le scénario machiavélique de cette grosse légume du régime qui, décidemment, ne manque pas d’étoffe.

Et quid des troubles post-électoraux ? Là encore, tout doit être en place. Gaz lacrymogène, canons à eau (chaude), PA tchèques, chars,  sont prévus. Comme d’ailleurs, la construction de prisons à larges cellules dans  les enceintes des structures sécuritaires de l’Etat où seront enfermés certains opposants politiques « protégés » par l’extérieur. Un peu le remake de 1997 quand tous les candidats à l’élection présidentielle ont été embastillés par le gouvernement dirigé à l’époque par un certain Ibrahim Boubacar Kéita.

Heureusement, pour le moment, en tout cas, on est à l’étape des élucubrations éthérées d’un cacique du régime ! Mais si jamais, il parvenait à mettre son plan machiavélique en marche, l’on s’acheminerait vers un bain de sang au Mali, car les gens ne se laisseront pas faire.

 
L’Assemblée nationale en deuil

Labass Kané, le député RPM de Koulikoro est décédé hier dans un accident de la circulation sur la route de Koulikoro non loin de Tienfala. Trois autres honorables, tous députés de Doila, sont sérieusement blessés et aux urgences. Ce sont Mamadou Diarrassouba, 1er questeur de l’Assemblée nationale, Daouda Coulibaly et Yéri Kéita dont le cas serait préoccupant.

Hier, tôt le matin, ils sont venus, tous les quatre,  garer leurs véhicules au parking de l’Assemblée nationale à Bagadadji pour emprunter une 4x4 double cabine afin de se rendre à Koulikoro.

Aux parents et amis de Labass Kané, « Le Sphinx » présente ses condoléances les plus attristées, et souhaite prompt rétablissement autres trois autres députés.

 

 De fortes pressions familiales

Face aux délégués de son parti, venus s’assurer de la conduite à suivre, le Pr Dioncounda Traoré avait évoqué de bonnes raisons pour décliner l’offre –sur mesure- de se porter candidat à la présidentielle du 29 juillet prochain. Entre autres, son âge actuel (76 ans), son état de santé fragile du reste, son statut.
Il avait aussi évoqué des pressions émanant de sa famille.

Aujourd’hui, les langues commencent à se délier sur cet aspect de son refus. Le pouvoir, selon nos sources, aurait réussi à « avoir » au moins deux des enfants de l’ancien chef de l’Etat mais sur leur propre sollicitation. Ces deux enfants, de sexe féminin, auraient obtenu d’un membre du cercle familial présidentiel d’importantes sommes d’argent. Histoire de faire fléchir leur papa au cas où…. Dans ce jeu qui dépasse l’entendement, une autre femme de la famille du Professeur se serait singularisée en approchant même des opérateurs économiques de la place. Ayant connaissance de tous ces agissements de ses proches et n’ignorant point qu’ils pourraient être utilisés pour nuire à sa réputation, le Pr Dioncounda Traoré a donc fini par jeter l’éponge.

Et pourtant tout portait à le voir dans la course !  


Le feuilleton avait commencé par une pétition en faveur d’une telle éventualité. A Bamako, sur initiative de jeunes Abeilles, un appel est lancé aux militants mais aussi au Pr Dioncounda Traoré. Nombreux étaient ses  proches ou se réclamaient de lui. Puis, dans le cercle de Nara, son fief, la fièvre monta. En conférence de section du parti, le choix unanime se porta sur lui. Ensuite des délégués,  financés par on ne sait ; sillonnèrent le pays. Le Pr lui-même ne se reposait guère. Tantôt à Koulikoro, tantôt à Ségou, il parrainait des activités et y apportait ses contributions. A la veille du passage du chef de l’Etat à Ségou récemment, Dioncounda se trouvait sur place.

Aux responsables et militants  Adéma de la ville, il aurait déclaré ceci : « Aw yé to min bila nyé, mba doun »A peu près : «  Je mangerai le plat que vous m’avez réservé ». Pour d’aucuns, cela était clair. Lesdits propos avaient fini par convaincre la majorité des sections à opter davantage en sa faveur. La suite, on la connait désormais.

 

Pavillon des Sports Modibo Kéita ; Conclave de tous les dangers des Abeilles

Sauf cataclysme, la conférence nationale de l’Adéma-Pasj devrait se tenir le 19 mai prochain, samedi donc. Extraordinairement, elle devra déterminer la conduite à tenir en vue de la future présidentielle. Membres du CE, ministres, élus et délégués des différentes sections auront alors la destinée du parti dans leurs mains. En l’absence du Pr Dioncounda Traoré qui s’est récemment rétracté, les débats risqueraient de chauffer entre d’autres prétendants.  Entre autres, Dramane Dembélé, candidat malheureux en 2013, avec à la clé, un score plus qu’honorable, Abdoulaye Pona, un revenant, Kalifa Sanogo, choisi par la section de Sikasso, ou Moustapha Dicko….

Une fois encore, le parti au pouvoir de 1992 à 2002 pourrait subir les aléas de la division. L’actuel chef de l’Etat, Ladji Bourama, a reçu récemment des émissaires du parti dont des ministres. A ces interlocuteurs, il a réitéré son désir  de les voir l’accompagner, sinon de le soutenir dès à présent. Toute chose qui ne serait pas du goût de certains prétendants et de  nombreux jeunes de l’Adéma-Pasj qui ont envahi le siège du parti la semaine dernière et proférant des slogans hostiles à l’actuel locataire du palais présidentiel.

Dans les coulisses, l’on murmure que quelle que soit l’issue de la conférence, des candidatures émergeront car aucune astuce ne pourra donner le parti,  bras et pieds liés,  à IBK.