Rencontre IBK-HAAC : des sourires malgré la galère

La semaine dernière, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, a rencontré les membres du bureau de la Haute autorité et l’Audiovisuel et de la Communication (Haac). Officiellement, il a été question d’échanger autour du travail jusque-là effectué par les nouveaux « Censeurs » du monde des médiats. Fodié Touré, président de la Haac et ses collègues eurent, en tout, une bonne dizaine de minutes d’entrevue avec le maître des céans. A leur sortie du palais de Koulouba, les uns et les autres avaient le sourire.

Cependant, l’arbre ne saurait cacher la forêt, dit-on. Nos sources révèlent en effet que les échanges auraient plutôt porté sur les difficiles conditions de travail du bureau de la Haac. En sus du local qui sert de siège, la Haac ne disposerait pas de moyens de locomotion ; entendez par là de véhicules de fonction. L’évocation de cette doléance aurait fait sortir le chef de l’Etat de ses gonds. Car, selon une indiscrétion, il avait promis de mettre le bureau de la Haac dans toutes les commodités de travail. Cela depuis plus d’un an. Il se serait donc étonné du fait que ses instructions ne soient pas suivies d’effet.

Il parait qu’au sortir du récent sommet Afrique-France tenu à Bamako, certains véhicules offerts à l’Etat malien par ses partenaires étrangers devraient revenir à des structures comme la Haac. Mais contrairement aux directives présidentielles, ces véhicules ont pris d’autres chemins. Les regards sont dirigés vers le Secrétariat général de la Présidence et le Ministère des Domaines de l’Etat. Le chef de l’Etat qui tapait sur la table à chaque fois, aurait, en tout cas, promis de suivre la question de très près.

Décidemment, comme nous l’avons dit, Ladji Bourama ne contrôle plus rien dans ce pays.

 

Les Passeports diplomatiques pour se balader

La révélation a été faite par le chef d’Etat lui-même récemment. En recevant des responsables d’une haute structure, sinon d’une institution-bis, Ladji Bourama s’est étonné de l’utilisation abusive des passeports diplomatiques. « C’est moi qui les donne. Je sais que certains gens viennent les réclamer mais c’est pour aller se faire voir à l’étranger  aurait-il avoué en substance à divers interlocuteurs. C’est dire combien nos passeports diplomatiques ne sont pas utilisés à bon escient. Dans de nombreuses structures d’Etat ou des institutions de la République, c’est la croix et la bannière pour en disposer. Au Sénégal ou en Côte d’Ivoire, par exemple, les membres des bureaux des Conseils économiques, des Autorités de la Communication et  bien d’autres n’ont pas besoin de trainer pour obtenir leurs documents de voyages, genre passeport diplomatique