MARCHE DE GRE A GRE DE PRES DE 2 MILLIARDS FCFA DONNE A SAMBA BATHILY

La confection des cartes Nina est entre les mains de « Ma Famille d’abord »


Suite à notre édition de la semaine dernière dans laquelle nous avons sonné l’alerte à propos d’un scandaleux marché de gré à gré pour la confection de cartes Nina donné à l’entreprise Afritek-sa représenté par Samba Bathily, nous avons reçu beaucoup de réactions et aussi des contributions qui nous rassurent que, dans ce pays, il y a une conscience citoyenne en éveil et que rien ne sera plus comme avant. Mais c’est aussi l’occasion d’apprendre que ce marché de cartes Nina n’est rien d’autre qu’une affaire de « Ma Famille d’Abord ». Est-ce un moyen de faire main-basse sur le processus électoral ?

« Pris la main dans le sac ! On ne peut en dire autrement avec cette tentative de commander 1,5 millions de cartes Nina pré-personnalisées à stocker chez le fournisseur, Afritek-sarl de Samba Bathily, dont tout le monde connaît ses accointances avec les tenants du pouvoir », écrivions-nous a semaine dernière.
De quoi s’agit-il en fait ? Premier problème, c’est que ce marché de confection de cartes Nina a été donné par entente directe à l’entreprise Afritek-sarl pour le montant de près de 2 milliards FCFA, exactement 1 991 250 000 FCFA.
Deuxième problème, le directeur des finances et du matériel du ministère de l’Administration territoriale a osé demander à la Direction générale des marchés publics de faire un avenant pour que ces 1,5 millions de cartes Nina pré personnalisées soient directement gardées dans les entrepôts du fournisseur Afritek-sarl en France en guise de livraison.
Cela revient à dire que l’entreprise Afritek va être payée, alors qu’elle va détenir ces cartes Nina. En fait ce n’est donc que du bluff car il n’allait jamais y avoir de livraison des 1,5 millions de cartes Nina. Pourtant, toutes les dispositions étaient prises pour que des fonctionnaires de l’Etat partent en villégiature en France sous le prétexte d’une réception des cartes Nina qui seront encore avec le fournisseur. Selon nos informations, des fonctionnaires sans scrupules se battaient pour effectuer cette mission, sans se soucier des conséquences, alors que leur signature pourrait bien les rattraper un jour. Mais ils ne regardent que les sous qu’ils gagnent lors de ce déplacement et certainement avec des extras.
Troisième problème, c’est que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et d’autres structures chargées de veiller à la régularité du scrutin électoral n’auraient aucun pouvoir de contrôle sur des cartes Nina sensées être confectionnées, mais restées encore entre les mains du fournisseur, en France, donc hors des circuits réguliers de confection et de distribution des cartes Nina.
Quatrième problème, c’est le nombre de cartes Nina déclarées et celles effectivement confectionnées car avec cette décision de demander que le fournisseur se les livre  alors que ce document est l’élément le plus précieux en matière électorale dont notamment la Présidentielle de 2018, objet de tous les calculs à l’heure actuelle.
Cinquième problème, qui vient compléter les deux précédents, c’est que le fournisseur en question, Samba Bathily, est le fils de Fanta Konaté, la sœur du ministre Hamadoun Konaté, actuel ministre de la Solidarité et de l’Action humanitaire, lequel est le mari de Suzanne Maïga, petite sœur d’Aminata Maïga,  l’épouse du président IBK.
C’est donc bien « Ma Famille d’abord » qui gère le marché des cartes Nina et tous ces micmacs notés autour de ce marché n’augurent rien de bon. Heureusement que rien n’échappe aux Maliens qui ont été nombreux à nous faire remarquer cette parenté proche entre Samba Bathily et le ministre Hamadoun Konaté.
En plus, d’un autre côté, on nous rappelle que Samba Bathily ’est le fils de feu Cheick Hamala Bathily, dont tout le monde se souvient qu’il était député élu du parti UDD dont Tiéman Hubert Coulibaly, l’actuel ministre de l’Administration territoriale est devenu le tout puissant patron grâce à son père, Balla Moussa Coulibaly.
Des coïncidences, certes, mais avec un marché de gré à gré et une tentative de faire un avenant de plus d’un milliard pour laisser les cartes Nina à la disposition de Samba Bathily, il y a de quoi se racler la gorge car cela sent le soufre. En somme, « Ma Famille d’Abord » qui avait déjà le beurre, l’argent du beurre, voulait en sus le sourire de la crémière !
Heureusement, comme nous l’écrivions la semaine dernière, que le directeur général des marchés publics a refusé l’avenant  demandé par le ministère de l’Administration territoriale, pour exiger que les cartes soient livrées sur place à Bamako et entre les mains des représentants de l’Etat malien.
Avec tout cela, nous répétons que ceux qui disaient que le refus d’organiser les élections à partir d’un fichier biométrique est à la base de l’extorsion à Cissé Technologies du marché de confection des cartes d’identité biométriques Cédéao n’ont donc pas tort car avec cette demande d’avenant de cartes à nicher hors de l’administration, on ne peut dire le contraire.

Affaire à suivre !
A.D