CARTES BIOMTRIQUES CEDEAO

Les manœuvres dilatoires pour bloquer le marché

 
Comme nous l'écrivions dans notre édition passée, "Depuis onze mois qu'on leur a notifié être les adjudicataires du marché de confection de cartes d'identité biométrique Cédéao couplées à la carte d'identification pour l'Assurance maladie obligatoire (Amo), la société Cissé Technologie et son partenaire, l'Imprimerie de France, attendent en vain de pouvoir exécuter ce marché sciemment bloqué dans les rouages de l'Administration, plus précisément au niveau du ministère de l'Economie et des Finances, malgré les injonctions écrites du Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maïga ". Décidément, le ridicule ne tue point dans ce pays car en dépit de cela la Canam lance un marché parallèle de cartes de ses adhérents, malgré un stock de 700 000 cartes livrées en 2015.

 Ce blocage du marché n'était en fait que la première étape pour le rendre sans objet finalement, pour laisser en rade les attributaires car la Canam, après avoir lancé un marché parallèle, a commencé à confectionner les cartes biométriques d'identification de ses adhérents, tandis que du côté du ministère de la Sécurité et de la protection civile, on a renoncé pour l'instant à la confection des cartes d'identité biométriques Cédéao en optant pour des cartes d'identité nationale après avoir donné le marché à une entreprise autre que les adjudicataires du marché bloqué.
Cette affaire qui dépasse le cadre du Mali est en train de faire jaser jusque dans les milieux internationaux où se trouvent des partenaires financiers du Mali étonnés de cette façon de gérer les ressources du pays.

En effet, l'appel d'offre N° 004/MSAH/CANAM-2017 lancé par la Caisse nationale d'assurance maladie (Canam) et portant commande de 350 000 à 700 000 cartes biométriques et autres équipements dont 2 000 lecteurs de vérification biométrique est considéré par les observateurs, à l'intérieur comme à l'extérieur du Mali, comme la preuve parfaite du manque de sérieux dans la gestion des marchés publics et partant en matière de gestion des finances publiques.

En effet, personne ne peut comprendre, voire admettre que la Canam lance une nouvelle commande, alors que le stock des 700 000 cartes biométriques livrées en 2015 par une société de la place n'est retiré qu'à un taux qui ne dépasse guère 20% ? Surtout que les nouvelles spécificités introduites dans le nouvel appel d'offres réduisent le taux de sécurisation des cartes, comparativement à celles commandées en 2015.

Pour des spécialistes de passation des marchés publics outrés par ce qui se passe, ces nouvelles spécificités ne servaient qu'à maquiller la manœuvre en tentant ainsi de faire croire à une évolution des besoins. Seulement au vu de la lutte contre la fraude tant décriée et qui avait motivé la Canam à recourir à des cartes biométriques sécurisées, il ne saurait donc être question d'évoluer à reculons en choisissant de se rabattre sur des cartes moins sécurisées parce qu'il faut servir les desiderata d'un lobby qui veut manipuler les marchés publics à sa guise, raison pour laquelle tout marché juteux qui lui échappe est bloqué. C'est-à-dire qu'il subit le même sort que celui des cartes biométriques d'identité Cédéao couplées aux cartes d'identification de la Canam.    

Pour rappel, en 2015, 700 000 cartes et au moins 100 lecteurs de vérifications biométriques mobiles et autres équipements ont été commandés et reçus par la Canam et un nouveau système de gestion adapté a été mis en place. Ce nouveau système est aujourd'hui opérationnel et a commencé à distribuer les premières cartes biométriques aux assurés. Sur un peu plus de 100 000 enrôlements, la Canam n'est pas parvenue, à ce jour, à distribuer 50 000 cartes à ces adhérents. A supposé même que le nombre d'enrôlés actuels puisse correspondre au nombre d'enlèvement des cartes confectionnées, même un élève de troisième année de 'école fondamentale sait qu'en enlevant 100 000 cartes du stock de 700 000, il doit en rester 600 000. Pourquoi alors se précipiter de lancer un nouveau marché d'acquisition de cartes pour sortir encore plusieurs milliards sur le dos du contribuable malien!

 De l'avis certaines personnes proches du dossier, en tenant compte de la durée de l'enrôlement des assurés qui est au moins 08 mois sans compter le délai de distribution des cartes actuelles, une nouvelle commande complémentaire serait un superflu.

C'est dommage qu'on oublie que la société partenaire de Cissé Technologies qui avait gagné le marché bloqué, c'est bien l'Imprimerie Nationale de France. Cette France qui nous aide tant et qui voit donc comment une de ses entreprises qui a régulièrement gagné un marché se voit traiter au Mali. Ce qui ne sera pas sans conséquence. A coup sûr !

K.D.