INSTITUTION

IBK-Boubéye : Déjà le clash !


Si les Américains commencent à s’interroger sur l’état mental de leur président, Donald Trump, plusieurs citoyens maliens, du moins, ceux-là d’un certain milieu, doutent de celui de leur président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta. Plusieurs anecdotes colportées enseignent qu’il arrive à ce dernier de ne plus se rappeler un évènement survenu la veille, où à rentrer dans une colère noire pour des broutilles.

Votre journal préféré a d’ailleurs écrit, il y a plus de deux ans, qu’IBK, avec sa santé fragile,  avait complétement abdiqué au profit de sa femme, Mme Kéïta Aminata Maïga, de ses enfants Bouba et  son  grand-frère, l’inénarrable Karim Kéïta.  Et par ricochet à sa belle-famille. C’est ce beau monde qui nomme et dégomme les ministres, les hauts cadres de l’Administration et les officiers supérieurs de l’Armée à tous les postes de commandements,   bien qu’il ne connaisse rien de la chose militaire.

Il nous revient de bonne source qu’IBK, qui est devenu complètement irascible, s’est déjà fâché avec le tout nouveau Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga. Il trouve celui-ci, depuis sa nomination, distant et irrévérencieux à bien des égards. D’ailleurs il commence à marmonner qu’il n’hésiterait à se débarrasser de lui comme il l’a fait avec son prédécesseur, Abdoulaye Idrissa Maîga. Lequel, comme l’avait souligné «Le Sphinx» a été remercié suite à une observation qu’il a faite à IBK.

Ce dernier l’avait réveillé en pleine nuit pour lui dire que les malheurs ne font que se succéder avec le nouvel incendie du Marché Rose. Ce que le PM de l’époque avait balayé d’un revers de main en soutenant au président de la République qu’il n’était pas du même avis. Pour lui, les différents incendies du Marché Rose sont dus aux installations électriques anarchiques faites par les commerçants eux-mêmes. Cette remarque sortit IBK de ses gonds comme l’atteste ce passage de leurs entretiens téléphoniques.

IBK : Je te parle, au lieu de m’écouter, tu me coupes la parole. Tu veux mon fauteuil maintenant ? 
Le PM : Non, Monsieur le président de la République ! Si c’était le cas, je n’allais pas battre campagne pour vous, mais j’allais créer mon propre parti.
Ah bon ! J’ai d’ailleurs entendu que tu es avec Moussa Sinko Coulibaly.

Sur ce, IBK coupa la communication. Le lendemain, à l’Aéroport Modibo Kéïta, il rappela au PM qu’à son retour d’Abidjan, il allait lui faire voir de quel bois il se chauffe.

Ce malheureux incident avait été raconté par votre journal préféré dans ses «brèves et confidences». On connaît la suite.

Il faut reconnaitre que l’actuel Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga n’est pas du tout content de la manière dont le gouvernement qu’il dirige a été composé. IBK a tout simplement relevé les ministres dont il voulait se débarrasser et les a remplacés par d’autres qu’il souhaitait, sans consulter ou même demander l’avis de Boubèye. Lequel se considère comme un faire-valoir, inutile et n’ayant aucune considération des autres membres du Gouvernement qu’il n’a d’ailleurs pas choisis. En clair, il n’a nommé personne.

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si les deux hommes qui se connaissent très bien vont se séparer dès à présent.

IBK et Boubéye, c’est une longue histoire. C’est l’actuel président de la République alors Premier ministre,   qui avait fait pression sur le Président Konaré afin qu’il nomme Soumeylou Boubèye Maïga Directeur général de la Sécurité d’Etat. Les deux hommes s’entendaient très bien au sein de l’Adéma-Pasj, leur parti commun d’alors avant le malheureux épisode K.M à partir duquel ils se sont détestés intimement.

S’ensuivit le départ d’IBK de la tête du Parti de l’Abeille solitaire. Un départ auquel le DG de la SE d’alors a joué un grand rôle. Ce n’est que plus tard qu’ils se retrouveront pour faire chemin ensemble. Un chemin qui s’arrêtera encore, une fois, après la déculottée de l’Armée malienne à Kidal.

Les éventuelles poursuites brandies contre celui qui était le ministre de la Défense et des Anciens combattants feront dire à celui-ci : «Le chien se contente d’aboyer à la vue du chien. Il ne saurait l’attraper».

Après une petite traversée du désert imposée par le Fonds monétaire international (FMI) suite aux scandaleux marchés de l’avion présidentiel et des équipements militaires, Boubèye sera ensuite bombardé Secrétaire général de la Présidence de la République avant de devenir Premier ministre, un poste auquel il a tant rêvé. Mais acceptera-t-il d’avaler des couleuvres ? Rien n’est moins sûr car, il faut le reconnaître, l’homme est une forte personnalité, avec beaucoup d’entregents. Il est surtout un spécialiste des chausse-trapes.

Aussi, quand bien même il ait récemment montré qu’il a une réputation surfaite, il n’a nommé aucun ministre du gouvernement qu’il dirige aujourd’hui. Un gouvernement pléthorique, à la imite, un véritable panier à crabes.

Et puisqu’on y est, quelle est donc la différence entre les ministères de «l’Administration territoriale et de la décentralisation» du «Développement local», des «Collectivités territoriales» et enfin, avec celui de «l’Aménagement du territoire et de la population» ?

En attendant votre réponse chers lecteurs, au « Sphinx » nous restons convaincus que ceux qui dirigent ces différents ministères vont se courir la bourre…

Que Dieu sauve le Mali !

Adama Dramé