BATAILLE AU SOMMET DE L’ETAT

Soumeylou Boubèye Maïga Premier ministre pour 3 mois


IBK voulait se débarrasser de Soumeylou Boubèye Maïga. Mais mal lui en a pris car les dirigeants de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) ont exigé –au risque de reprendre les armes- qu’il reste afin d’exécuter toutes les promesses qu’il a faites- avec Ag Erlaf, avant la campagne présidentielle.
Le deal consistait à ce que CMA laisse se dérouler un semblant d’élection présidentielle, mais surtout de faire gagner massivement IBK dans leur fief – ce qui  explique le bourrage d’urnes et le nombre de votants dépassant largement le nombre d’inscrits, avec à la clé 100% du scrutin au profit de ce dernier.
Pour cela, des moyens financiers colossaux ont été mis à leur disposition. Des dirigeants de la CMA auraient perçu chacun 45 millions Fcfa. D’autres qui n’ont pas eu la même somme sont en train d’ailleurs de réclamer le paiement du reliquat
Le deuxième point du deal est  l’entrée d’un nombre déterminé d’ex- rebelles ( ?)  dans le futur gouvernement Souymeylou B. Maïga 2 :
Le troisième point : la rentrée d’un nombre conséquent de membres ou sympathisants de la CMA dans la future Assemblée nationale afin de permettre à IBK d’organiser un référendum et d’imposer sa fameuse Constitution présidentialiste qui avait été massivement rejetée par plusieurs millions de Maliens en juin 2017.  Tout cela avec comme conséquence : l’autonomie réelle - qu’il a déjà dans les faits - puis l’indépendance de l’Azawad, comme l’exige la CMA.
C’est donc coincé qu’IBK a été obligé de reconduire Soumeylou Boubèye Maiga  qui a aussi le soutien de la France. Mais pour trois mois seulement,  comme il l’a confié,  mezzo voce,  à certains de ses proches. Car il soupçonne son actuel Premier ministre de lorgner vers le fauteuil présidentiel qu’il rêve de céder à son fils Karim. Lequel a, depuis cinq ans, dans les faits, les rênes du pouvoir avec tout ce que cela peut comporter comme prises de décisions capitales dans la gestion de la République.
Pour IBK, il n’est pas question que Boubèye, qui a dit lui devoir une éternelle reconnaissance, entrave les ambitions qu’il a pour son fils adoré. Et comme il connaît les capacités de nuisance de l’homme, moins il durera à la Primature, mieux cela vaudra. Il va falloir étouffer ses trop ambitieux desseins.

Les dissensions au sein du RPM ne vont pas tarder avec cette âpre lutte pour la présidence de la future Assemblée nationale. Selon certaines indiscrétions, Moussa Timbiné ne viserait lui aussi que le Perchoir. Mais avec les ambitions supposées ou réelles de Boubèye, les cartes sont rebattues. Mais avec la manière dont IBK a été réélu, dont il tient son électorat à coup de millions, il est quasiment impossible d’empêcher Karim Kéita de succéder à son beau-père qui, sachant la bataille perdue d’avance, ne serait pas candidat à sa propre succession. Seule une révolte du peuple malien peut freiner tout ce beau monde.    
Déjà, un véritable jeu d’échecs est en train de se jouer au sommet de l’Etat avec ses coups fourrés et ses chausse-trapes. Qui aura le dernier mot ? L’avenir nous le dira.

A.D