1. Grève du Syntade
  2. Les services d’Assiettes de l’Etat font bloc


 

Trésor  public, Impôts, Affaires Economiques, Douanes ; entre autres, tous ont entamé mercredi dernier en grève d’avertissement de 72 heures. En cause, l’adoption par le Gouvernement de la Loi  sur l’enrichissement illicite ayany abouti  à la création de l’ « Office de lutte. Do côté des syndicalistes, les responsables du Syndicat national des Travailleurs de l’Administration d’Etat (Syntade), ce n’est pas ni l’adoption, encore moins la création d’un Office de lutte qui indisposeraient, mais c’est avant tout leur caractère   discriminatoire. Aussi, fustigent-ils toute la procédure cavalière (sic) ayant conduit à la situation actuelle. En aucun moment, attestent les syndicalistes, ils n’ont été associés par le gouvernement. Même pas une séance d’écoute au niveau de l’Assemblée nationale. Malgré donc les réserves formulées sur les bienfondés de la loi querellée et de son Office, les agents des services d’assiette (Impôts, Trésor, Douanes etc.) ont commencé à être emmerdés dans l’exercice de leur fonctions/

Le dépôt d’un préavis de grève ne semblait, outre mesure, déranger les autorités dans leur lancée. Car, entretemps, le patron de l’Office continuait à stigmatiser les travailleurs. C’est  à 48 heures  du début de la grève, exactement le mardi 23 octobre, dans la nuit, que le chef de l’Etat en personne prit la mesure de la gravité  de la situation. Il fit tout pour recevoir, échanger, avec les responsables du Syntade. A leur sortie, les syndicalistes ne dirent mot de leur entrevue mais ils espéraient, disent-ils que le chef de l’Etat allait s’investir personnellement  afin de trouver une solution au problème. Tâche a été confiée à une commission ministérielle de rencontrer à nouveau le syndicat. Sans succès,  car pour  le Syntade, c’est l’abrogation de la loi ou rien ? Durant toute journée du mardi 24 octobre, les deux parties ne parvinrent pas à accorder leur violon. Naturellement, la grève  de 72 h débuta hier 27 octobre et s’achèvera le 27.

Une grève largement suivie comme l’ont constaté nos radars. A Kayes, Ségou, Sikasso, Bamako, toutes les opérations sont restées en blocage. Idem à Gao, la cité des Askia, Mopti, Koulikoro, tant la détermination des militants du Syntade s’avère  farouche. Fidèle à ses habitudes d’une autre époque, le pouvoir a fait circuler l’idée selon laquelle ce sont les partenaires extérieurs du pays (FMI, Banque mondiale..) qui exigent l’adoption d’une loi contre l’enrichissement illicite, suivie de la création d’une structure dans ce sens. Mais vérification faite, il s’avère que des réserves avaient été formulées par ces derniers. Par exemple, la Banque mondiale a estimé que les mesures adoptées (par le gouvernement) n’étaient pas « conformes » aux bonnes pratiques internationales ». Mieux, l’institution mondiale fait savoir ceci : Cette loi contient de nombreuses lacunes qui limitent son champ d’application et sont susceptibles d’amoindrir considérablement l’efficacité de sa mise en œuvre » ? Dans la foulée, la Banque mondiale précise : «  ces carences concernent, rn particulier, la définition de l’infraction d’enrichissement illicite qui n’est pas conforme à celle de la ONUCD et l’exclusion des parlementaires et enfants majeurs de l’obligation de déclaration de patrimoine et de la possibilité d’être condamnés pour enrichissement illicite ».

L’article N° 2 de la loi querellée se  réfère au « train de vie » mené par la personne sans rapport avec ses moyens légitimes, note la Banque. Pour elle, le «  train de vie » se rapporte moins à l’enrichissement illicite que le blanchissement de son produit. L’Office des Nations-Unies contre la Drogue et le Crime (ONUCD) ajoute-t-elle, ne mentionne pas le train de vie.


A.D