Marché d’équipements militaires

 

La Bceao coince la Banque Atlantique

 

L’odeur pestilentielle des affaires relatives au brigandage financier monté pour l’achat de l’avion présidentiel et au scandaleux marché d’équipements militaires recommencent à flotter sur les relations entre la Bceao et la Banque Atlantique. Et pour cause.

La Bceao s’oppose carrément au fait que la partie marocaine de la Banque Atlantique remette à niveau la liquidité du montant de 9 milliards de FCFA, qui a fait l’objet de détournement suite au marché d’équipements militaires. Elle suggère au contraire que le manque à gagner fasse l’objet d’une recapitalisation ; puisqu’on peut imaginer que  le capital de la Banque Atlantique-Mali est parti en fumée. Dans la mesure où le capital des banques primaires est actuellement fixé par les Autorités bancaires à 10 milliards de FCFA.

Mais par ce procédé, le compteur serait mis à zéro, ce qui empêcherait la Banque Atlantique-Mali de rentrer dans ses fonds qui basculeront dans les créances douteuses donc non récupérables. La Banque Atlantique,  depuis ce temps,  est en train de courir derrière l’Etat malien dans la mesure où, au lieu d’une garantie solide qui peut être réalisée, la direction de la banque s’est contentée d’une simple lettre  de garantie de l’Etat qui, en fait ne reposait sur rien.

 

Depuis elle a non seulement d’énormes tensions financières, mais c’est son existence même qui est en jeu. Elle a décaissé 100 milliards suite à une lettre de garantie d’un signée par Mme Bouaré Fily Sissoko, ministre de l’Economie et des Finances au moment des faits pour permettre à Sidy Mohamed Kagnassy, à l’époque Conseiller spécial du président de la République d’exécuter le marché.

Ce scandaleux marché révélé par votre journal préféré a été confirmé par les audits de BVG et de la section des Comptes de la Cour suprême. Ces 9 milliards ont été intégralement payés en guise de pots-de-vin à plusieurs acteurs et intermédiaires dudit marché comme Kagnassy.

Pour le FMI, l’Etat malien doit purement et simplement rembourser la Banque Atlantique. C’était une des conditionnalités de la reprise de son assistance à notre pays. La deuxième était la suspension et la poursuite devant les tribunaux de tous ceux qui ont trempé dans ces deux marchés malodorants

Le Fmi (Fonds monétaire international) avait décidé de geler en juin 2014 jusqu’en décembre de la même année, le décaissement de 4 millions d’euros de crédits qu’il devait donnés au Mali. Il avait dans la même veine demandé des explications sur les contrats d’équipements militaires et d’acquisition de l’avion présidentiel  signés par le Ministre de la Défense et des Anciens Combattants d’alors Soumeylou Boubèye Maiga. Tous ces deux marchés avaient été exécutés hors budget donc à porte-à-faux avec la loi des finances. 
Comme nous l’avions écrit à l’époque ce qui loufoque dans  cette histoire, c’est la lettre de garantie autonome de 100 milliards délivrée à la Banque Atlantique par Mme Bouaré Fily Sissoko alors que le protocole d’accord qu’il était censé couvrir était de 69, 184 milliards au départ. En d’autres termes qu’est-ce qui a pu motiver cette subite majoration ? Pire cette lettre de garantie est contraire aux dispositions des articles 19 et 23 du Code des marchés publics aux termes desquels seuls les fournisseurs disposant de capacités financières adéquates sont autorisés à participer à un appel d’offres ou une consultation restreinte. Dans les faits Sidy Mohamed Kagnassy n’a servi que d’intermédiaire dans cette affaire dans laquelle, lui et ses complices  ont raflé une trentaine de milliards. Et comme le précise le rapport de la Cour Suprême : « L’Etat ne peut en aucun garantir une banque à l’effet de financer un marché conclu de gré à gré avec un fournisseur. » Pourtant Fily l’a fait.
Le Bureau du Vérificateur Général qui a relevé des cas de surfacturations et de détournements d’un montant de plus de 29 milliards dans l’achat de l’avion présidentiel et la Section des Comptes de la Cour suprême plus de 30 millions avaient tous les deux demandé des poursuites judiciaires contre les protagonistes de ces deux marchés. Les deux rapports sont encore pendants auprès du  Pole économiques et financiers. Même le FMI qui avait aussi demandé les mêmes sanctions semble faire amnésique.

En attendant, Soumeylou Boubèye Maiga qui a «  irrégulièrement passé, exécuté et réglé les deux contrats » selon le BVG, a perdu le portefeuille de ministre de la Défense et des Anciens combattants, pas à cause de cette affaire, mais de la déculottée de Kidal, est redevenu Secrétaire général de la Présidence avec rang de ministre. Mme Bouaré Fily Sissoko est devenue Commissaire du Mali à l’Uemoa. Moustapha Ben Barka est devenu adjoint de Boubèye avec rang de ministre. Sidy Mohamed Kagnassy est retourné à ses anciennes amours: le business. Seul Mahamadou Camara n’a pas été encore recasé. Pour encore combien de temps ?

A suivre
A.D